mardi, 04 décembre 2007

La loi de Murphy, appliquée à la communication

"En 1949, un capitaine de l'US Air Force, Murphy Edward A. Jr, fit une découverte capitale, bientôt appelée « loi de Murphy ». Il supervisait une expérience pour évaluer les effets de l'accélération sur les pilotes. Ces derniers devaient s'ajuster seize appareils de mesure sur le corps ; or, ces instruments, simples à utiliser, ne pouvaient s'accrocher sur la combinaison que de deux façons possibles : à l'endroit ou à l'envers... En constatant que l'un des pilotes s'était systématiquement trompé en les adaptant, notre capitaine conclut : « S'il y a plusieurs façons de faire quelque chose, et que l'une d'elles peut aboutir à une catastrophe, alors quelqu'un la choisira... »

Cette « loi de l'enchaînement maximal des impondérables et problèmes de toutes sortes » (1), lourde de pessimisme, s'exprime par la formule mathématique, connue dans un tout autre domaine, e = m.c2, dans laquelle l'embrouille (e) est précisément proportionnelle au carré (f) de l'accumulation, ou masse (m), des problèmes de communication posés par une personne à une autre, amplifiés en cascade (c). Cette formule simplifiée permet d'expliquer les déformations considérables qu'une journée ordinaire d'un individu normal peut avoir dans l'espace et dans le temps.

Pour comprendre les conséquences pratiques de cette formule sur l'enchaînement des problèmes de communication, il faut savoir que c est toujours au moins égal ou supérieur à 2 : ce sont deux personnes qui créent le problème. Supposons que ces deux personnes aient en commun un seul problème m : dans ce cas, e = 1 x 22 = 4. Si elles ont deux problèmes à régler — généralement le second suit de près le premier si un des protagonistes ne maîtrise pas ou mal son affectivité —, e atteint la valeur 8.

Le lecteur peut vérifier, calculette en mains, ce qui se passe quand trois personnes sont concernées par deux ou trois problèmes et se retrouvent ensemble pour les régler. La formule donne ainsi les valeurs suivantes :
- pour 3 personnes et 3 problèmes, 27 ;
- si les mêmes ont 4 différends, 36 ;
- pour 4 personnes partageant 4 problèmes, 72.

Chaque unité supplémentaire, de m ou de c, multipplie l'embrouille par 2. Très vite, la loi de Murphy atteint des valeurs astronomiques, la déperdition d'énergie eds protagonistes devient colossale et l'entropie progresse vers les abysses, dégradant ainsi au passage les relations dans une mesure équivalente.

Cette loi explique ainsi la difficulté de résoudre les problèmes de communication par un coup de baguette magique, tellement les embrouilles se déchaînent dans une accélération continue inextinguible. La formule explique ainsi pourquoi il est strictement impossible de résoudre des conflits, des dissentions, des oppositions ou des différends lorsd'une réunion d'une dizaine de personnes. Le lecteur comprendra donc la nécessité d'aborder les personnes une par une et de traiter un seul problème à la fois, en ayant pris soin de débrancher son affectivité.
Celleci correspond à un coefficient (k), qui complique encore la formule e=k(m.c²) et complexifie bougrement des problèmes de communication proprement kafkaïens."

(1) Et non, comme je le pensais stupidement, pour "LEM",  "Loi de l'Emmerdement Maximal".

Voici un diaporama de présentation des Lois essentielles dérivées de la LEM (le Principe de Ruby, la Loi de Gumperson, et autres principes méconnus en tant que tels mais néanmoins certifiés au quotidien. Ma préférence va à la Loi de Young) : LEM_Principes.pps

[Source : Alain Labruffe, Pour en finir avec les problèmes de communication]