samedi, 05 janvier 2008
Voeux par Internet ?
[source : Famille Chrétienne, 05/01/08]
Cette année encore, j'appréhende la période des voeux. J'ai peur de m'énerver.
Je vais encore recevoir des voeux dans ma boîte aux lettres électronique. Le mail de celui qui, le premier lundi de janvier, envoie un message à tout son carnet d'adresse. Et qui se dit qu'un un clic, il est tranquille pour l'année.
Le mail de celui qui répond à tous les destinataires du précédent mail pour souhaiter, lui aussi, une bonne année à tous.
Le mail de celui qui profitera d'un voeu électronique pour faire de la réclame de ses produits que je connais par coeur.
Le mail de celui qui m'enverra un "lien" poue me conduire vers un site spécialisé dans les cartes de voeux électroniques animées. J'en serai quitte pour admirer un bonhomme de neige bouffi qui se trémousse à la manière rock'n'roll. Un spectacle pitoyable accompagné de la mention "Joyeuse année Bertrand !"
Je suis de la vieille école sans doute. J'aime bien les voeux qui coûtent du temps et de l'énergie. Des voeux postaux que l'on rédige avec son stylo en pensant vraiment à la personne qui les recevra. Des voeux personnalisés qui traduireont de profonds et sincères voeux de bonheur.
Cette année encore, j'essaierai de ne pas m'énerver.
Un voeu quand même pour 2008 : que ma boîte e-mail ne soit plus saturés de voeux à deux clics.
Bertrand Lethu
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lundi, 05 novembre 2007
Ateliers d'écriture et blogs pour écrivains
Il répond en effet à une envie de plus en plus grande : les écoles d'écriture et leurs recettes, les ateliers qui accompagnent la création, les blogs et forums en ligne foisonnent aujourd'hui. Tout le monde pourrait-il devenir écrivain ? "L'important, dit François Farrugia, n'est pas de devenir écrivain au sens professionnel du terme, mais tout simplement d'écrire si on en ressent un besoin vital."
Le même esprit anime depuis 1985 les membres d'Aleph-écriture, principal organisme d'ateliers d'écriture en France (une cinquantaine d'ateliers réguliers chaque année). "Nous ne sommes pas une fabrique d'auteurs", explique Joana de Fréville, qui coordonne les activités d'Aleph en Ile-de-France ; "nous accompagnons l'émergence de l'écriture, d'une voix singulière que chacun porte en soi avant de venir. Il n'existe pas de recette pour cela."
L'accompagnement technique repose sur la pratique de l'écriture autour de thèmes ou de genres, et sur la lecture de textes qui permettent d'affirmer ses propres choix, de lecteur et d'auteur. Avec pour objectif l'élaboration d'un objet littéraire, qui sera parfois publié ; mais là n'est pas la motivation de tous les participants.
Une centaine d'ateliers d'écriture en France
Pour Joana de Fréville, le succès des ateliers d'écriture naît de la volonté de se réapproprier une activité qui avait été confisquée par d'autres usages de l'écrit : "par l'écriture créative, on se libère des modèles de type scolaire, et apparaît alors une nouvelle culture de l'écrit." Ce phénomène, l'écrivain Alain Bellet le constate aussi dans le cadre de son action, qu'il veut à la fois culturelle et sociale : il anime des ateliers d'écriture aussi bien dans des structures scolaires qu'en maison d'arrêt, auprès de SDF, Rmistes, ou d'alcooliques.
Pour ces publics, aussi divers soient-ils, l'atelier d'écriture est l'occasion d'une réconciliation avec la langue sous le signe de la liberté. Une activité totalement différente de ce qu'apporte l'école : il s'agit d'apprendre la langue en pratique, de se l'approprier, et ainsi de retrouver une confiance en soi parfois perdue, tout en s'ouvrant au monde et aux autres. Aujourd'hui, il existe plus d'une centaine d'ateliers d'écriture en France ; plusieurs centaines d'écrivains en animent, souvent soutenus par les pouvoirs publics. Pour Alain Bellet, on assiste à une véritable "démocratisation de l'écriture". Avec Internet, celle-ci prend de plus en plus d'ampleur. Lorenzo Soccavo, qui a répertorié les ateliers d'écriture dans un ouvrage paru en 2004*, constate la forte augmentation des ateliers, forums ou communautés d'auteurs en ligne : "le Web offre de plus en plus d'alternatives aux jeunes auteurs. Les musiciens, plasticiens ou cinéastes l'utilisent. Pourquoi pas les écrivains ?"
Transmettre son histoire
Internet est aussi le lieu de l'auto-édition, appelée à s'accroître, dit Lorenzo Soccavo, grâce aux services d'impression numérique à la demande et aux prestataires de services de publication, de plus en plus nombreux sur le Web (Lulu.com, jepublie.com, manuscrit.com par exemple). Chacun peut, évitant ainsi les contraintes et les déceptions de l'édition, créer un vrai livre, et même le commercialiser : jepublie.com propose en particulier la mise en vente sous forme d'e-book, sur son site numilog.fr (un tiers des deux cents titres publiés chaque année par jepublie.com sont concernés).
Un vrai livre, c'est aussi ce que désirent les clients des biographes familiaux, métier en pleine expansion depuis quelques années, comme le constate Guillaume Moingeon, qui créa la profession. Ses clients, souvent âgés, souhaitent avant tout transmettre leur mémoire à leurs enfants et petits-enfants : ils racontent leur histoire, pour un public restreint et intime, et ne cherchent pas à la publier, même si cette expérience mène parfois certains d'entre eux à poursuivre seuls l'aventure. Pourtant, "sans avoir été écrivant, ils deviennent écrivains", dit Guillaume Moingeon : leur nom se trouve sur la couverture d'un "vrai livre". Ce qui confirme la profonde évolution qu'a connue la notion même d'auteur, pour prendre aujourd'hui des visages inédits.
* "Les ateliers d'écriture. Guide annuaire", 2004, éditions Dixit.
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lundi, 01 octobre 2007
Geekitude
[source : www.20Minutes.fr]
Plus d’un an après la publication sur le Net d’une bande-annonce sur la culture des geeks, ces passionnés d’informatique et de mondes virtuels, le documentaire «Suck my geek» (jeu de mots sur «Suck my dick», les anglophones traduiront) sera diffusé le 30 novembre sur Canal +. Ce film de 52 minutes est l’œuvre de Tristan Schulmann et Xavier Sayanoff, deux «semi-geeks» comme ils le disent eux-mêmes.
A quoi reconnaît-on un geek? «Difficile, répond l’un des auteurs du documentaire. Car il y a autant de définitions de la geekitude que de geeks». Parmi ceux-ci, certains sont fanatiques de programmation informatique, d’autres de jeux vidéos, de science-fiction ou de mangas, d’autres encore de références mythologiques. Mais une chose est sûre : «si vous posez la question «qui est le plus fort entre Hulk et Superman?» et que le type en face de vous s’énerve pour y répondre, alors c’est un geek», sourit Tristan Schulmann.
Mais le geek a d’autres caractéristiques. Portrait en six points.
1. Le geek évolue dans une autre réalité
«Il a le syndrome de Peter Pan, explique Tristan Schulmann. Ado, il jouait aux cartes Magic et se passionnait pour les sciences. Adulte, il fait pareil». Autrement dit, il vit le plus souvent dans un monde imaginaire rempli d’elfes, d’avatars et de code informatique. «Se faire mordre par une araignée mutante, ça peut arriver à tout le monde», lance ce geek habillé d’une armure dans la bande-annonce. Si loin de la société et de ses contraintes, que certains revendiquent leur statut de «no life» (sans vie normale).
2. Le geek s'est construit une autre hiérarchie des valeurs
«Se nourrir, dormir ou faire l’amour sont des activités secondaires pour le geek», dit Tristan Schulmann. En effet, dans le documentaire, l’un des témoins passe six mois non stop sans sortir de chez lui, sans relation sentimentale, bloqué sur un programme de son ordinateur, en mangeant ce qui «lui tombait sous la main ou, au mieux, du riz réchauffé dans son rice-cooker».
3. Le langage des geeks
«Je peux parfaitement être féminine et poutrer du zombie dans God of War», s’exclame Isabelle, une geekette qui s’est tatouée «R2D2» sur la cheville, le nom d’un robot de la saga «Star Wars». Le vocabulaire des geeks? Une somme de sigles (IRC signifie «chats entre internautes») et de néologismes. Les jusqu’aux-boutistes peuvent même maîtriser l’Elfique ou le Klingon, la langue des méchants de la série télévisée «Star Trek».
4. Le geek ne décroche jamais
Les auteurs du documentaire ont suivi un de leurs geeks dans un jeu de rôle grandeur nature organisé dans le Larzac pendant une semaine. Derrière leurs caméras, ils filment les scènes, habillés en moines pour se fondre dans le paysage. Or une nuit, à trois heures du matin, Tristan Schulmann passe dans un camp adverse, fatigué par sa journée. Soudain, un ennemi lui tombe dessus, le tue (pour de faux) en le touchant avec son sabre (pour de faux aussi). «Selon leurs conventions, j’aurais dû faire le mort et tomber par terre avant qu’on emporte mon cadavre, se souvient le documentariste. Mais moi, j’avais juste envie de me coucher». Résultat: une embrouille naît entre lui et son assassin, furieux qu’il n’y ait pas tout le cérémonial habituel autour de la mort d’une proie.
5. Le geek a de l’influence
La preuve: les geeks les plus puissants s’appellent Bill Gates, patron de Microsoft, et Steve Jobs, le boss d’Apple. Quentin Tarantino et Peter Jackson en sont aussi. Plus près de nous, Bernard Werber, auteur des «Fourmis» et Alexandre Astier, auteur de la série «Kamelot». Celui-ci a réussi à imposer un «pur produit geek aux téléspectateurs de M6», s’enthousiasme Tristan Schulmann: un «univers à part émaillé de références aux légendes de la Table Ronde et aux mythologies grecque et celte».
Mais surtout, les geeks, férus de nouvelles technologies et d’ordinateurs, maîtrisent l’art du buzz sur le Net. Aux Etats-Unis, les geeks se mobilisent parfois pour faire changer le titre d’un film (comme «Des Serpents dans l’avion» de David R. Ellis, en 2006), pour décider de l’affiche, pour demander que l’acteur dise telle ou telle réplique. Et les studios américains suivent.
6. Le geek vit avec trente ans d’avance
«Ce sont les geeks qui ont inventé, à la fin des années 70, l’outil de messagerie instantané pour communiquer via ordinateur interposé», rappelle Tristan Schulmann. A l’époque, personne n’aurait pensé que les outils MSN, Yahoo ou Google Talk deviendraient omniprésents dans la vie des internautes d’aujourd’hui. Mais selon les auteurs de «Suck my geek», le geek est l’inventeur de la sociabilité du troisième type. «Ils ont été les premiers à sortir de leurs corps pour se représenter virtuellement sous la forme d’avatars. Aujourd’hui, l’avatar se fait de plus en plus courant», des chats jusqu’au monde «Second Life», où chacun est représenté par une figure en 3D.
Alice Antheaume
20Minutes.fr, éditions du 01/10/2007 - 18h13
18:26 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : geek
mardi, 31 juillet 2007
Une manière de devenir associal
Comment bien préparer votre lecture du tome 7 de Harry Potter ?
Mesures à prendre pour profiter à fond de votre lecture :
- Informez votre entourage que vous lisez Harry Potter parce que vous serez asocial pendant quelques jours.
- Durant votre lecture, évitez à tout prix d’allumer la télévision (boîte à images moldues), la radio ou de lire les journaux. En effet des informations capitales avaient été révélées à la télévision belge en 2005 à peine quelques jours après la publication du tome 6 en VO ; cette fois-ci, certains médias peu scrupuleux n’ont même pas attendu la sortie.
- Coupez le "félétone" ou au moins filtrez les appels. Vous pouvez éventuellement répondre aux forumeurs en détresse si vous avez les capacités pour les aider à comprendre un passage.
- De même, privilégiez le forum "Aide à la lecture en anglais du tome 7" aux autres forums de la Gazette. Même si l’équipe sera très présente, le risque zéro des spoilers n’existe pas.
- Si vous avez des plantes, c’est le moment de leur dire au revoir parce que vous ne prendrez pas le temps de les arroser.
- Idem pour votre chat. Dites lui au revoir et confiez-le à votre mère. À moins qu’elle ne lise Harry Potter elle aussi.
- Prévoyez de l’eau ou du jus de citrouille à proximité. Mais attention ! Le jus de citrouille tâche et vous ne voudriez pas salir votre beau tome 7 tout neuf. La Bièraubeurre quant à elle est à proscrire car elle pourrait entraîner une déconcentration.
- Réservez-vous tout de même une petite demi-heure avant de commencer (ou demandez à votre elfe de maison) pour préparer de délicieux moelleux au chocolat. Ils vous permettront de prendre des forces et grâce à leur recette exclusive au chocolat anti-détraqueur, ils vous protégeront contre les mauvaises ondes que pourraient provoquer les forces du mal pendant votre lecture.
Pour ce faire, suivez la recette suivante : 2 œufs - 50 g de sucre en poudre - 30 g de farine - 100g de beurre - 100 g de chocolat noir anti-détraqueur.
Préchauffez le four à 200°C (thermostat 7). Mélangez les œufs en entier avec le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse. Ajoutez la farine et re-mélangez. Faites fondre le beurre avec le chocolat (que vous aurez cassé en morceaux) à feu doux et en mélangeant bien avec une spatule en bois. Hors du feu, versez le mélange du saladier dans la casserole. Répartissez dans quatre petits ramequins beurrés ou bien dans des moules en caoutchouc qui n’auront pas besoin d’être beurrés. Le petit plus du chef : rajouter à mi hauteur du ramequin un carré de chocolat qui fondra à la cuisson. Faites cuire 10 minutes, pas plus.
Après avoir pris ces quelques précautions, vous serez fin prêts pour lire le tome 7 tant attendu. [ NDDM : trouvez-vous dans une contrée dans laquelle les libraires vendent le livre. Pas en Corse ]
source : la Gazette du Sorcier
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Harry Potter à Sciences-Po
Il est courant de nos jours de voir des professeurs de français utiliser des extraits d’Harry Potter en français en primaire ou au collège ; en anglais au lycée. Mais c’est un peu plus insolite de l’utiliser dans un examen de Sciences-Po (épreuve de "Concepts fondamentaux de l’analyse économique").
Le professeur est-il un doux dingue farfelu ? pas vraiment, ce n’est personne d’autre que Dominique Strauss-Kahn, ancien Ministre français des finances et candidat de l’Europe au Fonds monétaire international. Après tout, pourquoi pas ?
Epreuve du 16 février 2006
Les questions 38 et 39 portent sur le texte suivant : « La boutique n’était pas très grande et les murs étaient entièrement recouverts de cages. Il y régnait un vacarme permanent, accompagné d’une forte odeur. Les créatures qui occupaient les cages passaient leur temps à piailler, couiner, caqueter, siffler. Derrière le comptoir, une sorcière donnait des conseils à un client sur les soins à prodiguer aux tritons à double queue. Pendant ce temps, Harry, Ron et Hermione examinèrent les créatures enfermées dans les cages. Deux énormes crapauds violets gobaient des cadavres de mouches à viande en émettant des bruits de succion. Une tortue géante à la carapace incrustée de pierres précieuses étincelait près de la vitrine. Des escargots venimeux de couleur orange rampaient lentement sur les parois de leur cage de verre et un gros lièvre blanc se métamorphosait sans cesse en chapeau haut de forme dans un bruit de pétard. Il y avait aussi des chats de toutes les couleurs, une cage pleine de corbeaux jacasseurs, un panier de petites créatures à fourrure qui chantonnaient bruyamment et, sur le comptoir, une grande cage remplie de rats noirs qui sautaient à la corde en se servant de leurs queues. Le client au triton sortit de la boutique et Ron s’approcha du comptoir.
- J’ai des ennuis avec mon rat, dit-il à la sorcière. Il est un peu patraque depuis qu’on est allés en Egypte.
- Mettez-le moi sur le comptoir, dit la sorcière en sortant une paire de grosses lunettes noires. Ron extirpa Croûtard de sa poche et le déposa à côté de la cage remplie de ses congénères qui cessèrent aussitôt leurs jeux et se précipitèrent sur les barreaux pour le regarder de plus près ». (Extrait de J. K. Rowling, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, 1999.)
38. (+1 ; -1) Le fait que la sorcière qui tient cette boutique utilise des cadavres de mouches à viande pour nourrir ses crapauds constitue une incitation économique à la multiplication des mouches à viande.
- Vrai
- Faux
39. (+1 ; -1) Le rat Croûtard est :
- une ressource naturelle
- un bien privé
2. (+1 ; -1) « Vers midi et demi, ils entendirent un chariot tintinnabuler dans le couloir du wagon et une jeune femme souriante fit glisser la porte du compartiment.
- Vous désirez quelque chose, les enfants ? demanda-t-elle en montrant les marchandises disposées sur le chariot. Harry, qui n’avait pas pris de petit-déjeuner, se leva d’un bond. Ron, les oreilles à nouveau écarlates, marmonna qu’il avait apporté des sandwiches. Pour la première fois de sa vie, Harry avait les poches pleines d’argent et il était décidé à s’en servir pour s’acheter autant de barres de chocolat qu’il lui plairait. Mais en examinant les friandises que vendait la jeune femme, il s’aperçut qu’elles lui étaient totalement inconnues. Jamais il n’avait entendu parler des Dragées surprises de Bertie Crochue, des Ballongommes du Bullard, des Chocogrenouilles, des Patacitrouilles, des Fondants du Chaudron ou des Baguettes magiques au réglisse. Comme il ne voulait rien manquer, il acheta un peu de tout et donna à la jeune femme les onze Mornilles et sept Noises qu’elle lui demanda. » (Extrait de : J. K. Rowling, Harry Potter à l’école des sorciers, 1997.)
La consommation de Harry est de onze Mornilles et sept Noises.
- Vrai
- Faux
[source : la Gazette du Sorcier]
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mardi, 17 juillet 2007
La "Pottermania" a envahi internet
17.07.07
par Mike Collett-White
Les aventures de Harry Potter ont donné naissance à un monde parallèle sur internet, où les sites consacrés à l'apprenti sorcier attirent chaque jour des millions de passionnés et jouent un rôle majeur dans le succès des livres et de leurs adaptations au cinéma.
Les romans de la Britannique J.K. Rowling, et les pages internet qui sont nées avec eux, sont tellement populaires qu'une poignée de fans internautes sont devenus à leur tour de véritables célébrités.
Le plus célèbre d'entre eux est sans conteste Emerson Spartz, qui n'avait que douze ans lorsqu'il créa le site www.mugglenet.com. Aujourd'hui, avec 40 millions de visites par mois, le site de ce jeune Américain est devenu l'un des plus importants parmi ceux consacrés à Harry Potter et une activité économique viable.
"J'ai passé l'été entier sur la route à signer des milliers d'autographes, ce qui est simplement inimaginable pour un gamin qui a créé un site web", a-t-il déclaré dans une interview accordée par téléphone à Reuters.
"Harry Potter est arrivé à un point où même ses fans ont des fans", a déclaré le jeune homme, aujourd'hui âgé de 20 ans et étudiant à l'université.
TRAFIC D'INFLUENCES
La "Pottermania" n'a jamais été aussi intense à mesure qu'on s'approche du 21 juillet, date de sortie en version originale de "Harry Potter and the Deathly Hallows", le septième et dernier tome de la saga. "Harry Potter et les reliques de la mort" sort le 26 octobre en français. Plus de 325 millions d'exemplaires du livre se sont déjà vendus à travers le monde.
Melissa Anelli est administratrice d'un autre site majeur consacré à l'apprenti sorcier, www.the-leaky-cauldron.org. Elle pense qu'internet a un rôle à jouer et particulièrement entre la sortie des tomes successifs.
"Il se passe parfois des années entre la sortie d'un livre et celle d'un film, et pendant cette interruption, l'intérêt ne faiblit pas. Nous maintenons l'enthousiasme", a-t-elle expliqué.
Les deux internautes déclarent que leur succès est aussi lié à leurs relations avec Warner Bros, le studio de cinéma américain qui possède les droits d'adaptation. Dans un premier temps "hostile", selon Spartz, aux sites de fans, Warner a finalement mesuré leur influence et leur portée.
Si l'avenir de ces sites après la sortie du tome 7 reste incertain, Spartz et Anelli s'attendent à ce que leurs sites survivent au moins jusqu'au dernier film, prévu sur les écrans en 2010. Ensuite, leur popularité est vouée à s'estomper, reconnaît Spartz.
POTTERFICTIONS
Rowling a depuis longtemps compris le pouvoir d'internet. Son propre site web, www.jkrowling.com, qui reçoit sept millions de visites par jour, avait accueilli Spartz et Anelli en 2005 pour réaliser une des rares interviews qu'accorde la romancière.
La romancière a également publiquement soutenu la campagne lancée par le site internet The Leaky Cauldron pour empêcher que des fuites ne précèdent la sortie de "Harry Potter et les reliques de la mort" et ne révèlent la fin de la saga. Car tous les fans du sorcier de Poudlard s'interrogent sur l'identité de l'un des principaux personnages dont l'auteur a annoncé la mort.
Un pirate informatique a revendiqué avoir pénétré dans un ordinateur de Bloomsbury, l'éditeur britannique de Rowlings, et découvert les principaux événements du dernier tome.
Reuters a également pu voir sur internet des photos présentées comme étant celles des dernières pages du tome 7, qui, si elles sont authentiques, donnent la réponse au secret le mieux gardé.
D'autres passionnés laissent aller leur imagination et écrivent la suite des aventures de Harry Potter. On compte ainsi des dizaines de milliers de romans alternatifs.
"Harry Potter and the Secret Horcrux", écrit par "Logical Raven" et publié sur le site www.harrypotterfanfiction.com, compte déjà 27 chapitres et le Sunday Telegraph estime qu'il est écrit dans un style plus incisif que celui de J.K Rowling.
"En fait cela est possible parce que son propre style est tellement insipide que ses lecteurs se sentent capables de faire vivre les personnages", explique la critique du Telegraph, Frances Wilson.
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dimanche, 15 juillet 2007
Harry Potter et l'Ordre du Phénix
[Une intéressante critique de film, publiée sur poudlard.org]
Comme d’habitude, qui dit nouveau réalisateur dit nouveau style. David Yates, lui, a compris que ce tome était plus psychologique que les autres et se basait sur les interrogations et la colère de Harry. On a donc droit à un film plus intimiste, qui s’attache aux personnages en eux-mêmes, ce qui est agréable puisque si on aime Harry Potter ce n’est pas seulement pour son histoire, mais aussi pour sa magnifique galerie de portraits. Pour cela, il filme les acteurs au plus près, introduisant même quelques passages caméra à l’épaule (quand Harry et Dudley sont poursuivis par les Détraqueurs, quand Harry poursuit Bellatrix…) qui donnent plus de vitalité et de réalisme à ces scènes, on se sent plus proches de nos héros. On a également le sentiment que les décors sont mieux mis en valeur : il ne s’agit plus de juste dire « Ouaaaaaah regardez comment c’est magique chez les sorciers ! » mais plutôt de les utiliser pour transmettre une impression, pour servir l’histoire (procédé qui avait déjà été enclenché par Cuaron et son Poudlard gothique). Ainsi le grand hall et les centaines de bureaux du Ministère illustrent le totalitarisme et la folie bureaucratique qui guettent le monde des sorciers, Square Grimmaurd fleure bon le vieux manoir de famille noble en déclin, et le bureau d’Ombrage donne un sentiment envahissant de faux confort, de malaise et d’oppression, comme si l’horrible rose qui remplit la pièce allait bientôt contaminer toute l’école ^^.
Yates s’appuie ensuite à merveille sur ses acteurs. Le trio s’est considérablement amélioré : Daniel Radcliffe a enfin appris à pleurer et à crier tout en restant crédible, et Rupert Grint et Emma Watson, mis un peu en retrait par les crises de « personne ne m’aime ni ne me comprend » de Harry, savent également se montrer plus nuancés et développent ainsi la complicité entre leurs deux personnages, même si, malheureusement, Hermione est moins nerd que jamais (de toute façon je n’ai jamais trouvé Emma très crédible en première de la classe hystérique et bibliophile…). Les autres anciens sont toujours aussi bons, et même pour une fois on a enfin l’impression que la fine fleur des acteurs anglais n’a pas été mobilisée juste pour faire bien, chaque acteur semblant moins déplacé et mal à l’aise dans son rôle de sorcier, de plus ils ont chacun droit à un petit moment de gloire. Maggie Smith (McGonagall) est à la fois très stricte et très classe, Alan Rickman (Rogue) est toujours aussi sombre et sadique, Emma Thompson (Trelawney) fait trop bien la folle, Gary Oldman est magnifique, entre le noble déchu et le parrain attentionné, son Sirius est certes plus âgé et donc plus mature que son double de papier qui est normalement légèrement barré depuis son séjour à Azkaban, mais il est attachant et a le mérite d’exister. Seul Dumbledore fait un peu pâle figure, mais comme Michael Gambon ne fait rien comme tout le monde (ce qui n’est pas plus mal ^^) on peut y voir un moyen de montrer son inquiétude grandissante.
Du coté des petits nouveaux c’est que du bon : Natalia Tena (Tonks) est parfaite en jeune sorcière maladroite et marrante, Luna est doucement givrée, et en tant que fan moi aussi (et oui la Rédaction de PI est un nid ^^) je dois dire que j’ai trouvé Helena Bonham Carter une fois de plus tout bonnement géniale avec une Bellatrix délicieusement sadique et complètement dingue qu’on aurait aimé voir plus. Mais la palme revient sans doute à Imelda Staunton. Certes son Ombrage n’est peut-être pas non plus complètement fidèle à celle du livre, mais avec sa petite mise en plis, ses horribles tailleurs roses, son bureau à vomir et ses faux airs de bisounours elle est carrément effrayante et interprète à merveille la fanatique de la discipline qui tente de se cacher derrière une image de gentille prof mielleuse.
Avec cette magnifique brochette on pouvait s’attendre au meilleur, le problème étant que le film reste trop simpliste pour être véritablement intimiste, et bien des coupures rendent l’ensemble un peu trop superficiel. La psychologie des personnages est beaucoup moins complexe que dans le livre : Harry est réduit à l’image du héros solitaire (ce qui est mis en avant dès la première scène) sans sembler souffrir plus que cela de ne pas être cru par son entourage, on a plus l’impression qu’il est déjà trop enfermé dans sa bulle pour que cela l’affecte (position que paradoxalement il prendra plutôt au cours du tome 6 une fois qu’il connaît la prophétie et sait qu’il devra tuer ou être tué). Sa crainte d’être possédé par Voldemort, sa frustration de ne rien savoir et de ne rien pouvoir faire qui sont pourtant des éléments centraux du livre sont traités un peu à l’arrache au cours d’un ou deux dialogues copiés/collés du livre. De la même manière, Sirius se contente du statut du parrain inquiet, et sa frustration de rester enfermé à ne rien faire ainsi que sa folie qui le pousse à considérer Harry comme son frère et à vivre à travers lui sont passés sous silence, Cho quant à elle se contente d’être « la fille qui embrasse Harry pour la première fois ».
Pour ce qui est de l’intrigue, on arrive évidemment à un stade où le livre est tellement énorme qu’on tolère plus facilement suppressions et déplacements. Pour une fois, dès qu’ils sont arrivés à Poudlard, la structure du film respecte parfois celle du livre, en alternant scènes précises et séquences montrant ce qu’il se passe sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois (notamment les scènes de l’AD ou celle qui montrent la prise de pouvoir par Ombrage…) ce qui est beaucoup moins lourd que les transitions par saison des précédents films et donne plus de fluidité. Du coup on n’est pas vraiment frustrés ni largués à cause de telle ou telle scène supprimée. Mais certaines révélations et explications ne sont pas faites de manière très subtile, genre Neville qui se dit « tient je vais déprimer tout seul devant un miroir et attendre que Harry arrive pour lui déballer l’histoire de mes parents. ». Ce n’est pas très adroit et un peu dommage parce qu’en dehors de cela le film alterne agréablement simples transpositions du livre en film (des dialogues notamment) et inventions totales, souvent très sympathiques et collant bien à l’ambiance (l’amusante scène « kingkonguesque » entre Hermione et Graup pour n’en citer qu’une…).
Le début est excellent, on prend un grand plaisir à retrouver les Dursley qui permettent de faire un contraste saisissant entre la famille officielle de Harry, triste à mourir (des moldus étroits d’esprit, vivant dans une banlieue asceptisée) et sa famille d’adoption joyeusement foutraque (huit rouquins, un loup-garou, un parrain hors-la-loi, et une métamorphomage réunis dans une vieille maison bordélique, de quoi filer de l’urticaire aux Dursley ^^). Les scènes à Poudlard sont elles plutôt bonnes, on sent bien le totalitarisme qui s’installe de plus en plus dans l’école et l’isolement de Harry, qu’il subit autant qu’il cause. L’humour est également assez présent, mais surtout grâce à ce qui était déjà dans le livre (les scènes avec les jumeaux Weasley par exemple). Si les scènes de rêves sont malheureusement très convenues (succession d’images hyper rapide ou ralentis sans son…) et assez moches on a quand même quelques beaux moments : la scène d’Occlumancie est très puissante, les séances de l’AD sont sympas, on sent qu’il s’y passe des choses, qu’il y a un vrai désir de révolte qui culmine bien sûr dans le magnifique départ des frères Weasley. Moins énorme que dans le livre (les feux d’artifice se cantonnent à la grande salle, et n’écrivent malheureusement pas de gros mots dans le ciel, trop dommage…) la scène n’en est pas moins jouissive et éblouissante visuellement, le final avec le grand W dans le ciel donne vraiment le sentiment que ceci va rester dans l’histoire de Poudlard ! En parlant des effets spéciaux, qui sont excellents dans cette scène, Graup a une bonne tête de géant un peu débile, en revanche il est dommage qu’ils ne se soient toujours pas payé des gens capables de faire des centaures convenables, tant pis, en contrepartie les Sombrals sont plutôt réussis.
Au bout du compte, ce que j’ai le moins apprécié c’est la fin. Dans les livres je trouve que c’est une des plus prenantes de la saga, parce qu’elle est très longue (des B.U.S.Es à la mort de Sirius, il y a toute une nuit !) et très intense puisqu’il s’agit d’une course contre la montre. Elle commence bien, mais le fait d’avoir réduit le Département des Mystères à deux salles fait retomber la tension trop vite, et nous prive d’un suspense puis de courses poursuites à travers les différentes pièces qui auraient pu offrir d’excellents moments de cinéma. Les combats dans la salle de la Mort, bien qu’impressionnants et bien faits, sont, à mon sens, gâchés par le fait que les Mangemorts peuvent voler dans cette espèce de fumée noire qui les rend moins humains et donc moins effrayants, et qui surtout empêche qu’on assiste à de véritables duels de baguette. Ma déception a culminé avec la mort de Sirius, qui manque sérieusement de panache, lui et Bellatrix auraient plus que mérité un beau duel. L’enchaînement avec un plan au ralenti sur Harry hurlant dans les bras de Lupin achève de rendre la scène kitchissime. Le pire pour la fan hystérique de Sirius que je suis (ok j’avoue ^^) est encore à venir puisque Harry assimile la mort de son parrain avec une rapidité quasi-indécente (le miroir a été supprimé et la discussion avec Luna sur la mort de sa mère malheureusement déplacée) pour pouvoir se tourner vers l’avenir et se préparer à se battre comme doit le faire tout bon héros de blockbuster qui se respecte (il faudrait peut-être leur dire qu’ils ont le droit de faire des films avec une fin triste, et que de toute façon ils ne pourront pas y échapper dans les prochains Harry Potter…). La morale sur le pouvoir de l’amouuuur et de l’amitié n’est d’ailleurs pas très subtile, et arrive un peu comme un cheveu sur la soupe au milieu de l’excellente scène de possession (le duel Voldemort vs Dumbledore qui précède est également très bon) et à la fin.
En gros, on a quand même droit à un bon divertissement qui oscille un peu entre le film plus intimiste et le blockbuster classique, entre la transposition pure et l’adaptation, ce qui peut être compréhensible pour un « premier » film. On peut espérer que Yates ose continuer dans sa voie d’un film plus innovant et plus centré sur les personnages dans le prochain. En y repensant, on songe également aux scènes qui auraient mérité plus de développement et auraient ainsi apporté plus de subtilité au film : par exemple le pire souvenir de Rogue, qui reste à l’état de scène hystérique pas très claire qui ne suffit pas à démystifier Sirius et James, ce qui est pourtant important dans le développement psychologique et le mûrissement de Harry… On pense également à ces scènes qu’on adore et qu’on aurait aimé égoïstement voir à l’écran pour le plaisir : le nettoyage de Square Grimmaurd, Ste Mangouste, la dispute entre Sirius et Rogue, la sortie à Pré-au-Lard avec la désastreuse St Valentin et l’interview de Rita Skeeter… Mais sur un tel pavé des choix ont dû être faits, David Yates devait mettre en avant un aspect plutôt qu’un autre, et ses choix restent respectables.
12:55 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Harry Potter et l'ordre du Phénix, film, cinéma
dimanche, 23 juillet 2006
Vous en faites quoi, de vos photos ?
Geneviève Jurgensen
Chronique parue dans La croix du 10/06/2006, sous le titre : "Y'a photo"
Les photos s'empilent. Depuis que tout le monde a un appareil électronique, il n'y a plus de limite. Pour Pâques, par exemple, la recherche par Pinpin (4 ans) et Nina (2 ans et demi), ainsi que la trouvaille d'un oeuf sous le petit buis à droite, en entrant dans le jardin de leur arrière-grand-mère, ont fait l'objet d'une soixantaine de prises, par quatre ou cinq paparazzi de la famille. Une bonne dizaine de clichés pour leur arrivée à la porte du jardin, main dans la main, quelques-uns quand ils ont descendu les marches, le grand aidant la petite ; autant quand ils se sont accroupis pour voir si les cloches n'avaient pas laissé quelque trésor dans le buisson, pas moins quand ils ont tendu la main vers l'oeuf brillant dans son papier d'aluminium ; et le triple quand ils ont cherché à se le partager en l'écrabouillant entre leurs doigts avec l'aide de leurs mères qui espéraient en vain que les barboteuses toutes propres n'allaient pas subir les derniers outrages.
Ensuite, une sélection circule sur le Net. En pièces jointes, qui saturent votre messagerie, chacun vous envoie toutes les photos sur lesquelles vous figurez, même si vous y êtes tragiquement désavantagé, ou de dos en contre-jour. À vous de trier : photo par photo, vous cliquez sur « lancer », « visualiser », « détacher », « enregistrer sous », « déplacer », « supprimer », « renommer », on vous avertit parfois que « cette fonction est irréversible », on vous dit que tel cliché « existe déjà » et on vous demande si vous « voulez vraiment » remplacer ceci par cela, ça prend des heures et ça prend la tête. Puis, vient le moment d'organiser tout cela dans un programme de gestion de photos que vous avez téléchargé gratuitement et que vous maîtrisez mal. Pourquoi, en ouvrant le dossier « Été 2005 », retrouvez-vous des photos de la Dent d'Oche couverte de neige ? Comment les sortir de là ? Et qu'est-ce que c'est que ce truc qui s'appelle Amc001469x47007 et pèse 27 410 Ko ?
Ensuite, vous vous dites : « Il y a au moins six mois que je n'ai pas fait le ménage là-dedans, courage, je commande les tirages papier de ce qui m'intéresse et je jette le reste. » Ce faisant, vous vous attendrissez sur tout ce qui défile sous vos yeux et, même en sélectionnant rigoureusement, il vous reste au bout du compte une centaine de photos à faire tirer et vous vous posez la question du coût de l'opération. Vous pouvez donc « supprimer » tout ce qui ne figure pas sur votre liste, mais ça fait bizarre d'appuyer sur ce genre de touche, et d'envoyer dans la poubelle, même virtuelle, les photos de gens qu'on aime bien.
Les cent photos sélectionnées, pas question de les imprimer sur l'imprimante achetée à cet effet pour une bouchée de pain, mais dont les cartouches d'encre et chaque feuille de papier coûtent la peau du dos. Pour une telle quantité, il y a sûrement meilleur marché sur un site de développement en ligne. Tout se passe bien au début, si ce n'est que les frais de port semblent exorbitants en comparaison du prix à l'unité qui est, lui, vraiment cadeau. Vous avancez dans votre commande, et on se met à vous proposer des options qui prétendent vous en donner plus pour moins cher, sauf qu'entre-temps on a perdu le fil et qu'on ne sait plus de quoi on parle. Vous finissez par mettre une sorte de procédure en marche, et, là, débute un autre marathon : chercher, sélectionner, ouvrir, plier, revenir au dossier précédent, bref, bouger une par une les photographies choisies, regarder s'afficher le petit sablier, attendre, puis choisir de nouveau un format, s'interroger à chaque fois sur le mat ou le brillant, se demander si cette photo-là on ne vient pas de la traiter et si on n'est pas en train de refaire dix fois la même opération.
Entre-temps, un petit malin, qui peut être votre frère, votre mari ou votre fils, est venu négligemment regarder ce que vous faisiez, et vous a dit : « Pourquoi tu t'embêtes ? Tu devrais mettre tout ça sur un cédérom et le porter à développer demain matin ! » Et pourquoi il ne le fait pas, lui ? Vous hésitez. Il a peut-être raison. Ce que vous retenez surtout de ce qu'il a dit, c'est « pourquoi tu t'embêtes ». En bas, à gauche de l'écran, il y a la précieuse fonction « Arrêter ». Vous cliquez dessus. On vous demande ce que vous voulez faire : « arrêter le système », « redémarrer », « fermer la session », « mettre en veille ». Vous choisissez la première. Mais celle que vous auriez aimé trouver ne vous est pas proposée : changer le système. C'est cela qui, au fond, vous fait envie. Changer le système.
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