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        <title>Droopymousse - livre</title>
        <description>recueil d'articles divers et d'extraits de livres</description>
        <link>http://droopymousse.hautetfort.com/livre/</link>
        <lastBuildDate>Mon, 29 Sep 2008 09:06:44 +0200</lastBuildDate>
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        <copyright>All Rights Reserved</copyright>
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                <title>De la grandeur</title>
                <link>http://droopymousse.hautetfort.com/archive/2008/09/23/de-la-grandeur.html</link>
                <author>noreply@ (Laurence)</author>
                                                <category>Livre</category>
                                                <pubDate>Tue, 23 Sep 2008 20:24:01 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;Propos d'Alcide :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Si tu veux devenir petit, ne méprise pas la grandeur des autres.&lt;br /&gt; &lt;i&gt;(Un jour où Alcide était énervé par l'admiration qu'on portait à d'autres.)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Si tu découvres que tu es petit, n'en conclus pas que tu es une perle.&lt;br /&gt; &lt;i&gt;(Après des lumières inoubliables sur sa petitesse.)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Se dire &quot;extrêmement petit&quot;, c'est rarement être petit ; les vrais petits se savent au début de la petitesse.&lt;br /&gt; &lt;i&gt;(Un jour où, en tout, il s'était montré effacé.)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Si tu ne peux admirer ta vertu, n'admire pas ton repentir.&lt;br /&gt; &lt;i&gt;(Un jour où Alcide se retranchait de tout pour vaquer à ses remords.)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Tu portes en toi ton grand homme : saint Paul l'appelle le vieil homme.&lt;br /&gt; &lt;i&gt;(Un soir où il avait réglé une affaire avec un incomparable brio.)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L'importance des grands hommes ne change rien à ce que tu es : c'est parce que Dieu est grand que tu es petit.&lt;br /&gt; &lt;i&gt;(Un jour où le coeur d'Alcide battait d'admiration.)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; N'arrive pas à la dernière place comme le gagnant du Tour de France.&lt;br /&gt; &lt;i&gt;(Un jour où il se trouvait étonnant de petitesse.)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Sois petit, mais ne crois pas valoir au gramme ce que ton frère vaut au kilo.&lt;br /&gt; &lt;i&gt;(Voir plus haut.)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Madeleine Delbrêl, Alcide, Ed. Seuil, p.48-49&lt;/p&gt; 
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                <title>Non, ne me dis pas</title>
                <link>http://droopymousse.hautetfort.com/archive/2008/06/12/non-ne-me-dis-pas.html</link>
                <author>noreply@ (Laurence)</author>
                                                <category>Livre</category>
                                                <pubDate>Thu, 12 Jun 2008 20:37:17 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;[Famille Chrétienne - 07/06/08]&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Dis-moi Grand-Père, dis-moi. Du haut du Paradis, dis-moi. Dis-moi si ça fait mal de mourir, comment on se sent partir, comment on lâche prise, comment le corps ne fait plus, ne peut plus.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dis-moi, le coeur qui clapote fait-il mal une ultime fois comme un moteur tousse pour la dernière fois ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dis-moi, Grand-Père, la mort est-ce plonger dans le sommeil, se vider de son énergie comme un matin de gastro, ou voir passer des images, des souvenirs, voir trouble, voir flou et ne plus voir ? Dis-moi, Grand-Père, est-ce le pire moment de solitude d'une vie ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pardonne-moi de te poser ces questions, dans ton éternité... Ici, sur terre, pas un revenant pour raconter. Alors ce sont des choses dont on le parle pas. Et chacun doit se débrouiller avec la pesnée de l'issue la plus sûre de l'existence : la mort.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; On a ça dans le coin de sa tête, on apprivoise l'idée un jour, la rejette le lendemain, on se fait une raison la semaine suivante, on s'habitue, s'interroge, s'inquiète, on s'imagine, on espère. On a peur et confiance à la fois.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Alors toi, Grand-Père, qui as l'expérience, dis-moi les derniers instants, la dernière seconde, le moment. Ou plutôt, chut, ne me dis pas...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ne me dis pas, je risquerais de trop gamberger, de trop calculer, d'échafauder, de vouloir maîtriser. Bêtement peut-être, je me mettrais à imaginer l'inimaginable. Car toute mort se conjugye à la première personne du singulier.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Alors, oui, j'admets et je comprends que je ne sache rien : la pensée de la mort n'est pas faite pour occuper toute ma vie mais seulement pour l'orienter.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; PS : A Dieu&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Bertrand Lethu&lt;/p&gt; 
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                <title>La folie des quick-books</title>
                <link>http://droopymousse.hautetfort.com/archive/2008/03/30/la-folie-des-quick-books.html</link>
                <author>noreply@ (Laurence)</author>
                                                <category>Livre</category>
                                                <pubDate>Sun, 30 Mar 2008 16:59:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;[Le Figaro - 28/03/2008]&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Ecrits dans l'urgence, imprimés dans des délais record, ces ouvrages qui caracolent souvent en tête des meilleures ventes bousculent le monde sage de l'édition. Enquête sur un phénomène... vieux comme le livre. L'ironie est cruelle. Chris Laffaille a enquêté pendant deux ans sur la mort du juge Borrel. De Paris à Djibouti, en passant par Marseille et Bruxelles, il a rencontré les magistrats, les policiers et les témoins au coeur de cette affaire d'Etat. Et pourtant, les résultats de ses investigations ont été totalement passés sous silence. Pas un magazine n'a évoqué Aux portes de l'enfer, publié aux Editions Scali. Au même moment, ce petit éditeur proposait, sous la plume de ce même Chris Laffaille, ancien rédacteur en chef de Paris Match, Carla et Nicolas, chronique d'une liaison dangereuse, premier ouvrage consacré au nouveau couple présidentiel. Pour boucler cette enquête, coécrite avec Paul-Eric Blanrue, un historien, seuls quelques coups de téléphone auprès de proches de l'ancien mannequin et de maigres confidences glanées à l'Elysée avaient été jugés nécessaires. Pour le reste, des nuits blanches à éplucher la presse et à écumer les archives, avant de cracher de la copie dans une atmosphère de bouclage de journal, une cafetière toujours bouillante à portée de main. Résultat : un carton éditorial. Reprises dans tous les médias, extraits du livre publiés dans Le Nouvel Obs, etc. Les libraires des grandes surfaces en redemandent. &lt;u&gt;Les fameuses ménagères de moins de 50 ans aussi, qui, plutôt que de lire Voici, se précipitent sur ce recueil de potins qui satisfait leur curiosité en même temps qu'il leur donne des airs d'importance puisqu'il s'agit, un peu, d'un livre politique.&lt;/u&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Trois livres imprimés à la seconde&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il faut dire que les auteurs ont fait fort, au point de brûler la politesse à la presse magazine et people. Mariés le samedi 2 février, Nicolas Sarkozy et Carla Bruni sont en librairie le lundi suivant. Il n'aura fallu que quelques heures à l'imprimeur pour sortir des presses des milliers de volumes. La numérisation permet des prouesses. Chez Brodard et Taupin, par exemple, un gros imprimeur installé dans la Sarthe, un livre de 216 pages est imprimé et broché en 0,35 seconde, chronomètre en main. Pour quelques dizaines de milliers d'euros en plus payés au diffuseur, le livre peut être en librairie en moins d'une semaine, quand les délais habituels sont de quinze jours.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et ce n'est pas tout. A peine achevé leur Carla et Nicolas, les auteurs sont déjà remis à contribution. Chris Laffaille et Paul-Eric Blanrue reçoivent un appel de Bertil Scali, leur éditeur, qui a flairé un autre bon coup. Quelques jours plus tôt, le 24 janvier, Daniel Bouton, le PDG de la Société générale, a annoncé que la banque avait été victime d'un trader fou. Cinq milliards d'euros partis en fumée en liquidation de positions frauduleuses. C'est le début de l'affaire Kerviel. Une actualité chasse l'autre. L'ancien journaliste et l'historien ne connaissent rien à la finance, au petit monde secret des traders et des marchés dérivés ? Peu importe, pourvu qu'ils aient l'ivresse et des à-valoir, conséquents. Un journaliste doit être en mesure d'enquêter sur tout, et, comme le reconnaît sans honte Paul-Eric Blanrue, &lt;i&gt;« dans une société qui pratique le zapping à outrance, il faut pouvoir, si l'on veut vendre, suivre le tempo du téléspectateur »&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Huit semaines plus tard s'apprête donc à paraître Le Joueur, Jérôme Kerviel seul contre tous *. Deux mois d'enquête et de compilations d'articles habilement ficelés, quelques témoignages inédits - dont celui de la petite amie du trader -, un scoop sur des suicides en série parmi des traders de la Générale, une semaine d'écriture à raison de journées de travail de dix-huit heures, et voilà le travail !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Denis Jeambar, l'ancien directeur de la rédaction de L'Express devenu le patron des Editions du Seuil, a cependant dégainé le premier. Depuis le 20 mars, on peut acheter en librairie Cinq milliards en fumée, les dessous du scandale de la Société générale. Un livre pour lequel il a fait appel à Pierre-Antoine Delhommais, chef adjoint du service économie du Monde, et dont il a vendu les « bonnes feuilles » à Marianne. Trois autres titres sont également annoncés sur le même sujet dans les semaines à venir, chez First, Albin Michel et aux Editions du Toucan. Mais n'est-il pas déjà trop tard dans un monde qui joue en permanence la montre et le bon tempo ? La loi qui régit l'industrie des quick-books est rude : &lt;u&gt;ces livres vite écrits, vite lus, qui se vendent comme des petits pains, sont à consommer de préférence bien chauds, dans les deux ou trois semaines qui suivent leur sortie. Après, comme pour les produits frais dans les magasins, le risque de péremption des informations est grand...&lt;/u&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Un phénomène ancien, une ampleur nouvelle&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le phénomène n'est pas nouveau. En 1825 déjà, Eugène Scribe faisait dire à l'un des personnages de son vaudeville Le Charlatan : &lt;i&gt;« On se ruine dans la haute littérature ; on s'enrichit dans la petite. Soyez donc dix ans à créer un chef-d'oeuvre ! Nous mettons trois jours à composer les nôtres. »&lt;/i&gt; Pamphlets, libelles accouchés dans la nuit sur un coup de sang et imprimés en urgence sur un coin de table, avant d'être placardés sur les murs ou échangés sous le manteau, ont été en d'autres temps les précurseurs de ce que l'on appelle aujourd'hui les quick-books (ou speed-books). Mais le phénomène a pris depuis quelques mois une ampleur nouvelle.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Avant, seuls quelques rares éditeurs s'aventuraient sur les plates-bandes de la presse, cassant sans cesse les délais et bousculant leurs programmations annuelles afin de coller au plus près à l'actualité. Certains, comme Michel Lafon, s'en étaient fait une spécialité. Aujourd'hui, même les maisons les plus prestigieuses prennent le pli. Grasset, en 2007, a publié les règlements de comptes de l'ex-conseiller national du PS chargé de l'économie, Eric Besson, que Ségolène Royal, en pleine campagne présidentielle, avait balayé d'un « qui connaît M. Besson ? ». Résultat : écrit en une semaine avec le journaliste Claude Askolovitch, Qui connaît Madame Royal ? s'est vendu à plus de 100 000 exemplaires (source : GfK). Flammarion n'a pas été moins en veine avec le livre qu'Anna Bitton a consacré à Cécilia Sarkozy. Publié juste après le divorce de l'ex-première dame de France et porté par la menace d'une interdiction, les ventes de ce quick-book ont atteint les 140 000 exemplaires (source : GfK).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;u&gt;En l'absence d'un grand prix littéraire, un quick-book peut sauver l'année d'un éditeur&lt;/u&gt;. Une aubaine, alors que le marché du livre se porte mal. Une chance aussi d'éditer d'autres ouvrages au lectorat plus confidentiel. C'est le pari de Bertil Scali dont la maison, initialement spécialisée dans la pop culture, joue sans complexe le jeu de cette littérature périssable et commerciale. Sans écarter l'idée qu'&lt;u&gt;un jour, peut-être, un livre écrit dans la nuit, corrigé à l'aube et imprimé le matin débouchera sur un chef-d'oeuvre...&lt;/u&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Tandis qu'il vient d'accorder quelques jours de repos à ses auteurs, d'autres maisons d'édition fourbissent leurs armes à la recherche du prochain sujet porteur. L'euthanasie ? La crise financière mondiale qui menace ? Aux Editions du Rocher, le Roman de Wall Street est déjà dans les starting-blocks ! Son auteur, Pol Clars, est un trader réputé, ancien vice-président de la Bear Stearns. La banque vient de faire faillite...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; * Repères :&lt;br /&gt; 11 jours pour l'écrire, l'imprimer et le distribuer&lt;br /&gt; 55000 exemplaires édités pour le tirage initial&lt;br /&gt; 140 000 exemplaires vendus en trois mois&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Raphaël Stainville&lt;/p&gt; 
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                <title>D'où vient l'homme ?</title>
                <link>http://droopymousse.hautetfort.com/archive/2008/01/02/d-ou-vient-l-homme.html</link>
                <author>noreply@ (Laurence)</author>
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                                                <pubDate>Wed, 02 Jan 2008 16:51:44 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;p align=&quot;justify&quot; class=&quot;chapo&quot;&gt;Dans Notre existence a-t-elle un sens ? (1), ouvrage qui fait la synthèse des connaissances scientifiques actuelles, l’intellectuel multidisciplinaire Jean Staune relance le grand débat sur l’origine et l’avenir de l’homme. Décoiffant !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dix-neuf ans ! C’est le temps qu’il a fallu à Jean Staune pour écrire Notre existence a-t-elle un sens ? (1). Une enquête scientifique et philosophique qui brasse les connaissances les plus récentes, aussi bien dans le domaine de la biologie que de la physique ou des mathématiques. Fondateur de l’Université interdisciplinaire de Paris, diplômé en paléontologie, Jean Staune, qui enseigne la philosophie des sciences, procède à une vaste enquête sur les nouvelles possibilités d’appréhender rationnellement la destinée de l’homme.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En ce qui concerne les origines de l’homme, l’évolutionnisme ne fait pour lui aucun doute, mais il n’est pas pour autant «darwinien». Pour cet homme de foi, qui se définit tout à la fois comme chrétien et platonicien, le darwinisme (voir glossaire) propose une conception matérialiste de l’évolution qui sera bientôt dépassée. «Comme Newton, Darwin aura son Einstein», écrit Staune, pour qui la science doit reconnaître ses limites tout en acceptant la légitimité de l’intuition religieuse dans le domaine du sens de la vie.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Notre existence a-t-elle un sens ? La science peut-elle répondre à une telle question ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le titre de mon livre devait d’abord être Notre vie a-t-elle un sens ?. Mais comme il est évident pour moi que la vie a un sens, découvert à travers ce qui nous est le plus cher – l’amour, le travail, la famille, ou toute autre chose –, j’ai préféré au mot vie celui d’existence. Qu’un être pourvu de conscience et d’intelligence – que nous appelons l’homme – existe sur la troisième planète du système solaire, est-ce que cela a un sens ? Sur cette question même de l’existence de l’homme, il me semble que la science et la philosophie ont quelque chose à dire.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Le sens de l’existence a trait à l’origine de l’homme. Vous consacrez beaucoup de place au darwinisme et au créationnisme (voir glossaire). Quels sont les termes du débat ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La montée en puissance des créationnistes qui s’inspirent d’une lecture littérale de la Bible, en particulier aux États-Unis, a provoqué, depuis quelques années, la réaction virulente des darwinistes, qui ont tendance à rejeter dans le camp créationniste tous ceux qui n’adhèrent pas à leurs «dogmes».&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour les darwinistes, l’évolution est le fait du hasard et de la sélection naturelle alors que, pour des évolutionnistes chrétiens, comme Teilhard de Chardin, ou Pierre-Paul Grassé, qui fut titulaire de la chaire de l’évolution à la Sorbonne dans les années 70, l’évolution témoigne d’un dessein spirituel. C’est pourquoi il est important de ne pas confondre darwinisme et théorie de l’évolution.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Si, dans sa lettre à l’Académie pontificale des sciences du 22 octobre 1996, Jean-Paul II affirme que «l’évolution est plus qu’une hypothèse», il affirme aussi ceci : «Mais plutôt que de la théorie de l’évolution, il convient de parler des théories de l’évolution. Cette pluralité tient d’une part à la diversité des explications qui ont été proposées au mécanisme de l’évolution, et d’autre part aux diverses philosophies auxquelles on se réfère».&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;En dehors de toute conception religieuse, qu’est-ce qui distingue un darwiniste d’un évolutionniste non-darwinien ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/b&gt; Est non-darwinienne toute théorie qui ne fait pas du hasard et de la sélection naturelle le mécanisme principal de l’évolution. Dans ce cadre, vous avez plusieurs écoles de pensée :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 1/ Il y a l’école, représentée en France par la paléontologue Anne d’Ambricourt-Malassé (2), qui croit que l’évolution est liée à une poussée vers la complexité qui devait générer la conscience et l’esprit humain.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 2/ Ou encore celle des «néo-lamarckiens» (voir glossaire) qui, généralement agnostiques, pensent que l’évolution est le fruit d’une interaction avec l’environnement ;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 3/ Ou celle du généticien américain Michael Denton (3), qui pense que l’évolution est fondée sur des lois naturelles. Par exemple, si vous avez de l’eau au sommet d’une montagne, cette eau ne peut descendre de la montagne qu’en utilisant un certain nombre de canaux prédéterminés par les lois de la nature. Affirmation scandaleuse aux yeux des darwiniens, pour qui le hasard est un facteur essentiel pour comprendre l’évolution. Cette idée est néanmoins soutenue par l’un des plus grands paléontologistes vivants : l’Américain Simon Conway Morris, professeur à Cambridge. Ou par le prix Nobel de médecine belge Christian de Duve.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; 4/ Enfin, il y a l’idée d’émergence et d’auto-organisation telle qu’elle a été développée par le scientifique Francisco Varela, qui était bouddhiste.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Du point de vue scientifique, les seuls non-darwiniens que l’on peut prendre en considération sont les évolutionnistes. On ne peut plus prétendre, aujourd’hui, avoir une démarche scientifique et être non-évolutionniste.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Parmi ces théories, laquelle privilégiez-vous ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le modèle de l’évolution par loi naturelle, proposé par Michael Denton, me semble intéressant, sans qu’il soit exclusif. Il ne suppose pas une intervention divine qui violerait les lois de la nature, comme le postulent les créationnistes du mouvement américain de l’Intelligent Design (voir glossaire). Selon ce mouvement, Dieu aurait violé les lois de la nature pour faire apparaître de nouvelles espèces. Personnellement, je crois que nous devons plutôt chercher des modèles qui respectent les lois de la nature.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour Michael Denton, vous n’avez qu’un petit nombre de formes animales possibles, et elles sont prédéterminées. Par exemple, il y a un archétype du félin, à partir duquel les innombrables familles de félins vont décliner leurs différences. C’est aussi le point de vue de Simon Conway Morris, dont le grand livre, La Solution de la vie, n’est malheureusement pas traduit en France alors que le moindre texte du darwinien Stephen Jay Gould est abondamment commenté. Nous sommes toujours sous l’emprise d’une idéologie qui considère comme obscurantiste tout ce qui n’est pas strictement darwinien. Il y a un a priori français en faveur du matérialisme dans le domaine de l’évolution.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Dans le cadre de l’évolution, comment penser l’émergence de l’homme ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il s’agit de savoir si l’évolution est un long fleuve tranquille, ou si elle a obéi à une forme de marche en escalier.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Si elle est un long fleuve tranquille et se produit par micromutations, vous pouvez l’expliquer par des mécanismes darwiniens (hasard et sélection naturelle).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Si vous pensez au contraire que l’évolution est un processus qui connaît de brusques ruptures, notamment à travers des macromutations (voir glossaire), cela paraît plus difficile. Un jour, un bébé australopithèque a mis au monde un bébé homo habilis, de même qu’un bébé grand singe avait auparavant mis au monde un bébé australopithèque ! C’est un peu la théorie du petit lapin qui donne naissance à une girafe !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Selon moi, et c’est pour cela que je ne suis pas darwinien, ce passage d’un type à un autre ne se fait pas de façon aléatoire, il y a un «attracteur» qui attire l’évolution dans une certaine direction. Et c’est à partir de ce principe que l’on peut penser l’émergence de l’homme, qui ne serait pas fortuite.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;L’un des grands débats de l’avenir sera celui du statut de l’homme par rapport à l’animal. Dans une perspective évolutionniste, comment appréhender la spécificité humaine ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Selon la paléontologue Anne d’Ambricourt-Malassé, qui est chrétienne et teilhardienne, la rupture est apparue progressivement, à partir d’un processus de formation du crâne qui relève d’une embryogénèse fondamentale (voir glossaire). Celle-ci concerne les singes, petits et grands, notamment les australopithèques mais aussi les premiers hommes archaïques : Erectus, Habilis, Neandertal. La grande idée d’Anne d’Ambricourt est que ce n’est pas la taille du cerveau qui fait l’homme. Ce qui compte, c’est la structure du crâne qui s’est développée jusqu’à l’homme hors des contingences de l’environnement. Il y a 7 millions d’années, quand apparaît l’australopithèque bipède dont la mâchoire est beaucoup plus rentrée et le prognathisme (voir glossaire) moins développé, l’homme est déjà là en puissance. Plus la mâchoire rentre, plus cela tire sur la colonne vertébrale et plus l’homme se relève, ce qui génère la bipédie.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour cette chercheuse, l’émergence de l’homme est induite par le développement de l’embryogénèse du crâne. Sa théorie est à mes yeux la seule qui permet de concilier la continuité biologique propre à l’évolution et la rupture entre l’homme et l’animal.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Pour certains, cette différence ne va plus de soi. Comment l’étayer d’un point de vue scientifique ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les chimpanzés peuvent manipuler des outils, les dauphins peuvent sauver des enfants, les singes bonobos peuvent utiliser le langage des signes. Il est donc clair que l’usage des outils, l’altruisme, et même le langage, sous une forme très réduite, peuvent faire partie du monde animal. Mais cela ne suffit pas à établir une équivalence. Je croirai que le chimpanzé est l’égal de l’homme le jour où je verrai une assemblée de chimpanzés discuter de la «chimpanzéitude». L’homme a besoin de donner du sens à ses actes, même les plus absurdes. Cela est inscrit dans sa nature profonde.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Cela pose la question de la nature de la conscience humaine…&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; C’est le formidable débat des neurosciences sur le cerveau et la conscience. Selon les penseurs matérialistes comme Jean-Pierre Changeux, l’auteur de L’Homme neuronal (4), il y a identité entre le mental et le neuronal. Dans ce cadre, ce que nous appelons «l’esprit» est une production du cerveau. Il n’y a rien au-delà de la réalité organique. Or, cette affirmation est mise en cause par divers types d’expériences récentes qui ont montré qu’il existait des phénomènes de distorsion temporelle. Par exemple, des expériences faites sur des moines tibétains en pleine méditation ont montré qu’ils étaient conscients alors que leur état neurologique était proche du coma !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Autre exemple : lors d’un choc automobile, si vous voyez un camion vous rentrer dedans, vous avez l’impression que l’action dure vingt secondes, alors qu’elle n’en dure que trois. On dirait que la conscience est capable, dans certaines situations extrêmes, de s’extraire du temps pour nous donner un maximum de chances de répondre à une situation d’urgence.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ce genre d’expériences, reconduites en laboratoire, a montré que le temps de la conscience n’est pas celui des neurones. Jean-François Lambert, psycho-physiologiste qui enseigne à Paris-VIII, me disait récemment : «Si je n’ai pas mon aire de Broca [aire du cortex qui réalise la matière sonore du langage – N.d.l.r.], je ne peux pas vous parler. Mais mon aire de Broca est-elle la cause de mon discours ou sa condition ?» Tout le problème est là. Je suis persuadé que le nouveau paradigme du siècle en cours mettra en évidence l’irréductibilité de la conscience par rapport à la matière.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Paul-François Paoli et Jean-Marc Bastière&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; (1) Presses de la Renaissance, 544 p., 24 euros.&lt;br /&gt; (2) Anne d’Ambricourt-Malassé est chargée de recherche au CNRS, au département de préhistoire du Muséum national d’Histoire naturelle.&lt;br /&gt; (3) Voir notamment L’évolution a-t-elle un sens ?, par Michael Denton, Fayard, 1997.&lt;br /&gt; (4) Éd. Odile Jacob.&lt;/p&gt;
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                <title>Pennac, un cancre gai</title>
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                <author>noreply@ (Laurence)</author>
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                                                <pubDate>Mon, 03 Dec 2007 17:50:34 +0100</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;[source : &lt;a href=&quot;http://www.lire.fr/&quot;&gt;www.lire.fr&lt;/a&gt;]&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Daniel Pennac fend l'armure. Chagrin d'école est un superbe texte autobiographique dans lequel l'auteur des Malaussène dévoile pour la première fois son passé de cancre, son vrai nom (Pennacchioni), ses rapports avec son père, mais surtout sa conception de l'enseignement et de l'écriture. Pennac, à vingt mille lieues de la langue de bois, bat en brèche les idées reçues, explique ce que l'on peut accomplir si l'on sait faire vivre ce fameux «présent d'incarnation» qui lui tient tant à coeur, milite pour le rétablissement de la lecture, de la grammaire et de la dictée et vante - pourquoi pas? - les mérites de la pension... Chagrin d'école est le livre que chaque parent doit lire s'il veut sortir du déclinisme ambiant.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pourquoi ce livre sur les cancres alors que la figure du cancre, loin de faire honte, devient au contraire un statut ou une frime?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Daniel Pennac. Oui, c'est devenu une façon de se mettre en valeur, surtout chez les gens qui ont réussi. En société, on avoue sa cancrerie pour la vanter. On se flatte d'avoir été un enfant rétif au système scolaire. Mais je n'y crois pas trop. En vérité, ce type d'aveu trahit souvent un écho de la douleur passée. C'est un martyre de ne rien comprendre à rien dès le début de l'apprentissage de l'alphabet. On peut compenser par le chahut, par l'opposition systématique à l'adulte ou à l'institution. Mais le fond demeure. Je ne crois guère les gens qui posent la cancrerie comme une décoration.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Vous parlez de votre cancrerie, mais assez peu des blessures collatérales qui persistent à l'âge adulte...&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Si, si! Ces blessures collatérales, je les ressens dans mon travail aujourd'hui, dans l'écriture: c'est ce doute permanent qui n'est pas seulement un doute éthique et littéraire, par ailleurs indispensable, mais un doute structurel. Pour écrire ce livre, j'ai traversé des moments de panne et de creux. Cela a toujours été le cas, y compris pour la série des Malaussène. Mêmes symptômes que pour l'enfant en difficulté scolaire: procrastination, dépréciation de soi, hypocondrie. Mais j'arrive à me morigéner. Je me dis: «Arrête ton char, au boulot!» C'est producteur de complexes, la cancrerie précoce! Un tempérament un peu clown m'aide à compenser.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Alors qu'on associe la cancrerie au travail obligé, vous dites qu'on s'y heurte même quand on exerce sa passion. Comment l'expliquez-vous?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Parce que la passion ouvre sur le travail! Que l'on ait été un ancien cancre ou pas, le travail littéraire réclame un effort discontinu. Un essai, c'est de la littérature directionnelle. L'auteur répond à une question latente. Ce n'est pas le cas avec le roman, pourvu que l'on échappe à cette maladie française qui consiste à écrire un essai camouflé en roman. Ce qui préside à la nécessité d'écrire un roman, c'est de rendre compte de l'extraordinaire pagaille du réel autour de vous, en transitant par le sens profond de la gratuité. Cela exige une sorte d'état d'urgence permanent. Le roman est assez proche de ce réel et, en tant que projet, il est gratuit puisque, au fond, tout le monde réclame des explications.&lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;br /&gt; Il y a un paradoxe Pennac. Chagrin d'école répond à cette envie d'explication. En ce sens, c'est un essai. Mais il s'apparente aussi à l'autobiographie et, en raison du style, au roman. Pourquoi ne pas jouer à fond la carte de l'essai?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Ce livre est un essai narratif: un mixte entre le roman et l'essai. Si je devais opposer les genres, je dirais: dans un essai, même si c'est vrai, c'est faux; dans les romans, même si c'est faux, c'est vrai! En matière de pédagogie, il est très difficile de systématiser une pensée. Chacun sait - même si c'est un non-dit - que la personnalité du professeur joue un rôle considérable dans la tenue d'une classe, de même que la personnalité du proviseur joue un rôle déterminant dans l'état d'esprit d'un établissement. Comment le formuler dans un essai? Les attitudes sont absolument personnelles. Les professeurs qui m'ont marqué étaient tous différents les uns des autres. Dans un essai, je dirais qu'ils ont des qualités communes, qu'ils sont constants, qu'ils ne sont pas suspects d'absentéisme (rires), qu'ils adorent leur matière, qu'ils sont passionnés par la classe, laquelle est une matière humaine. Une fois que vous avez dit cela, vous réalisez qu'il s'agit de qualités d'ordre individuel, pas du tout communément partagées. Impossible de théoriser! C'est comme l'amour: essayez de parler d'amour dans un contexte pédagogique, vous vous ferez rembarrer... L'amour de la classe réclame non pas une empathie - un désastre, l'empathie! - mais une aptitude à comprendre chaque cas particulier, à ressentir ce qui fait les doutes de cet élève, les humeurs de cet autre, et cela relève de qualités personnelles. Or on ne peut exiger d'un corps professionnel, surtout s'il rassemble un million de personnes, qu'il soit plus héroïque qu'un autre, celui des policiers ou des postiers, par exemple. Et pourtant, le métier d'enseignant repose sur une mythologie de la vocation, de l'amour des gosses.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Pourquoi raconter votre passé de cancre dans un livre qui, au final, est réjouissant? Vous dites qu'il n'y a pas à désespérer, sinon d'un prof qui n'aurait à la bouche que «Tu le fais exprès» ou «Y a qu'à»...&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Je dirais même que c'est lui le cancre. Entendre dire «Je ne suis pas fait pour ça» ou «Nous n'avons pas été préparés à ça», c'est au fond assez semblable à ce que l'enfant veut exprimer quand il dit: «L'école, c'est pas pour moi; je ne suis pas fait pour ça.» Le cancre est ma figure à moi. J'avais un compte à régler avec lui. Il intervient comme un casse-pieds dans mon texte, mais aussi dans ma vie quotidienne ou dans l'écriture de chaque roman, même si je fais dans l'apparemment drolatique. Ma femme a fait les comptes: un livre sur trois m'envoie à l'hôpital... Je fais une hémorragie, je perds le tiers de mon sang et je me retrouve à l'hosto.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Le cancre Pennac était-il un cancre dépressif ou un cancre gai?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. J'étais très gai. Ce qui m'a sauvé, c'est que j'étais joueur. Par exemple, j'étais champion du monde de polochon. Malgré notre immense différence d'âge, je crois pouvoir vous provoquer au polochon! Je me suis d'ailleurs toujours demandé pourquoi la balle au prisonnier n'était pas devenue un sport olympique. Je m'étais réfugié dans une espèce d'esprit farceur, avec des vengeances sournoises contre ceux dont je pensais qu'ils me haïssaient. C'était idiot. Il y a ça aussi dans la cancrerie. De même qu'on peut établir les qualités attendues d'un professeur, on peut trouver des points communs à l'ensemble des cancres, et l'un de ces points communs est l'inhibition. Ce handicap qui fait que, dès le départ et quels que soient l'âge, le niveau social et culturel, le gosse se persuade qu'il ne comprendra pas.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;D'où vient cette inhibition?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Il ne faut pas tenir compte des origines, mais de l'inhibition elle-même. Parce que si l'on essaie de tenir compte des origines, on va se disperser en autant de cas qu'il y a de gosses: celui-ci qui est torturé par ses parents; celui-là qui, au contraire, vient d'un milieu cultivé mais dont le père a mis la barre trop haut... Il y a le cas de celui qui souffre d'un premier traumatisme scolaire avec une institutrice ou un instituteur qui l'a esquinté... Il y a le cas du gosse de province, qui débarque de Clermont-Ferrand où il passait pour très brillant et qui, arrivé à Henri-IV ou à Louis-le-Grand, se fait massacrer par ses professeurs... Ils disent de lui qu'il est un crétin, et c'est lui, perdant ses cheveux par plaques, que je récupère dans ma classe.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Vous parlez de cas réels, de vos propres élèves?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Je n'ai rien inventé. Le premier travail consiste à rassurer le gosse. Ce que faisait, par exemple, mon prof de mathématiques, un Socrate génial, car il pratiquait une maïeutique qui fonctionnait parfaitement. Face à une classe agressive, avec des bagarreurs, cet homme-là, qui n'avait aucun des attributs de l'autorité, se faisait respecter des pseudo-caïds et cela dès la première heure de cours. Au fond, il nous transformait. Ayant le sens de l'ignorance, il arrivait à faire passer à nos propres yeux nos misérables bribes de connaissances pour des pépites. Il posait des questions élémentaires. On répondait en se marrant. Il disait: «Vous avez tort de rire, c'est très bien que vous le sachiez, ça n'est pas simple.» A partir de là, il entrait dans une théorisation qui nous captivait. Les gosses étaient introduits dans la complexité. Ils avaient cru jusque-là que ce qui les rebutait, c'était la connaissance en tant que telle, parce qu'ils étaient des crétins. Qui le leur avait dit? Un instituteur? Un parent? Un gosse se laisse aisément convaincre qu'il est idiot. Un comportement un peu méprisant... Avec un rien, on installe un gosse dans le doute fondamental. Mais avec un rien, un professeur peut dire: «Tu crois que c'est simple, ce que tu viens de dire? Pourquoi ris-tu? C'est très compliqué, mais tu l'as compris.» Et à partir de là, il détient la clé - et pour chacun des gosses.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Mais l'immense majorité des élèves d'aujourd'hui peut-elle espérer tomber sur des zozos aussi géniaux que ceux décrits dans les bouquins de Pennac?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Pensez-vous sérieusement qu'il y eut une époque où l'on trouvait de bons professeurs? Dites-moi par quel mystère ou hasard on n'en trouverait plus aucun en 2007? Aucune espèce de raisonnement ne peut conforter ce discours fataliste. De mon temps, que pensez-vous que les familles disaient de l'immense majorité des profs? Qu'ils étaient nuls! Parce qu'il y a aussi un réflexe qui consiste à flanquer le désastre scolaire sur la décrépitude de l'institution et des profs. La phrase que j'ai constamment entendue en cinquante ans, c'est: «Le niveau baisse.» Je l'ai entendue dès 1969. Et je l'entends encore aujourd'hui.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;On entend fréquemment des professeurs dire qu'ils n'en peuvent plus. Que penser de cette démoralisation?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Le corps enseignant n'est pas le corps social le plus déprimé. Je crois que ce sont les aiguilleurs du ciel: ceux-là font des dépressions, un peu comme les responsables militaires. Mais combien ai-je eu dans les années 1960 de profs absentéistes? On leur cassait les pieds. Je décris un type qui nous avait lancé son bureau à la figure. C'était une époque où il n'y avait pas de collège unique. Les classes ressemblaient à des conseils d'administration en culottes courtes. Surtout les classes des bons lycées, mais aussi dans les boîtes privées peuplées d'enfants de la classe moyenne, on rendait les profs cinglés. Lesquels, quand ils se heurtaient à des enfants difficiles, estimaient qu'ils n'avaient pas été formés pour cela. La question est liée au collège unique, où l'on enseigne jusqu'à seize ans à une population adolescente entière. Ça n'a pas changé la réaction de la famille par rapport au corps enseignant. Soit elle le critique, soit elle lui donne raison.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Pourquoi écartez-vous l'étude des causes?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. C'est au sociologue, au psychanalyste, à l'anthropologue, de les déterminer. L'enseignant, lui, est face à l'effet. S'il organise son enseignement d'après ce qu'il peut imaginer des causes, il court au désastre, celui du préjugé réciproque. Si vous vous dites d'un gosse: «Le pauvre, ses parents devaient être des ignares quand il était petit», vous déterminez la cause comme étant productrice d'une fatalité. En revanche, si vous agissez sur la matière, vous changez la donne.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Votre père vous parlait-il de votre cancrerie?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Il n'en parlait pas. Il était né en 1900, ma mère en 1905, et on ne faisait pas de psychologie.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Même lorsque, plus tard, il vous envoie ce courrier ainsi libellé: à «Daniel Pennacchioni, professeur»?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Nous avons eu deux discussions, dont une sur la guerre d'Algérie. C'était en 1961. J'avais collectionné les cartes d'état-major car je projetais d'aller en Suisse par l'Algérie. Je ne voulais pas faire la guerre. Ce n'était pas contre le service militaire. Je l'ai fait après sans problème. Dix ou quinze ans plus tard, mon père m'a dit: «Qu'est-ce qui t'a pris?»&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Et la deuxième conversation?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Il était très vieux. C'était juste avant sa mort. Nous avons eu une discussion sur le temps, et sommes tombés d'accord sur une perception de la temporalité, cette espèce d'éternité de l'enfance. Au temps où l'enfant n'était pas immédiatement client de la société de consommation, il éprouvait jusqu'à la puberté une sensation de flottement, d'éternité sans frontière. Dire à un gosse: «La semaine prochaine, si tu ne travailles pas...», ça n'avait aucun sens. La semaine prochaine? Mais c'est dans trois mille ans! Avec la puberté, il passe du sentiment d'éternité au sentiment de perpétuité. A partir de l'explosion du corps, le gosse se sent coincé dans un présent qui ne passe pas. Les adolescents en souffrent. Ils ont le sentiment d'en avoir pris pour perpète. Nous-mêmes savons que le temps passé ne revient jamais. Cette conversation avec mon père m'a servi pédagogiquement. J'ai toujours, comme professeur, senti la nécessité d'un présent pédagogique. L'heure de cours doit être vécue comme un présent d'incarnation. Vous ne pouvez réussir que par le biais de votre matière. Le présent espagnol, français, de l'histoire. C'est très difficile. Allez dire ça dans un IUFM, mais comment?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Vous dites qu'un bon professeur se couche tôt.&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Oui, ce qui n'est pas possible parce qu'il a des copies à corriger. Une amie m'a engueulé au téléphone: «Tu te fous de moi! On se couche tôt?» Il ne faut pas donner les devoirs pour marquer des niveaux, mais pour entretenir la mécanique. Si on veut apprendre à écrire à un gosse, il faut qu'il écrive. Si on veut lui apprendre le français, il faut qu'il apprenne du français. Si on veut régler ses problèmes orthographiques, idem. Il n'y a que l'exercice de la langue pour apprendre. Le seul moyen qu'on ait de faire qu'un élève vive le présent du cours, c'est l'incarnation du professeur dans cette symbiose entre la matière enseignée et la matière de la classe.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;A certains moments, ne cédez-vous pas à l'aquoibonisme?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Ce n'est pas de l'aquoibonisme. C'est: «Comment le théoriser?» Il faut que le professeur soit une incarnation de la grammaire, de la géographie, des maths... Entre là un élément de séduction: un gros mot encore dans l'éducation. Et pourtant, il ne s'agit pas de séduction affective, libidinale, mais de séduction intellectuelle. Chacun d'entre nous va percevoir l'individualité d'une classe. Ma troisième n'a pas le même tempérament que ma seconde, qui n'a pas le même tempérament que ma sixième, quelle que soit la différence de niveau. Je peux avoir une sixième plus mûre qu'une quatrième, trop travaillée par l'adolescence. Il faut installer ce présent d'incarnation, sachant en effet qu'une classe n'est pas un régiment, mais un orchestre.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Soit. Mais pendant longtemps, on a voulu que la classe marche au pas, sans une tête qui dépasse, sauf sur la notation finale... Et aujourd'hui, dans l'orchestre, tout le monde loue les mérites du premier violon...&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Si je considère la classe comme un régiment, je vais abandonner les deux tiers au bout d'un trimestre. Les plus costauds s'en sortiront. Il ne faut pas faire de l'angélisme, mais il est clair que tel élève n'a pas les mêmes aptitudes que tel autre. Avec le premier violon, il y a une idéologie de l'exception qui est meurtrière. Combien de chances un enfant de banlieue a-t-il de devenir Sarkozy ou Zidane? C'est la société de consommation qui veut qu'on leur vende ça. C'est le marketing idéologique: «Tu seras Zidane, mon fils.» C'est terrible.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Comment y remédier?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Par ce concept d'harmonie. Quel est l'idéal? C'est de bien faire ce qu'on fait. L'essentiel, c'est de discerner les aptitudes. Les gosses en ont. Je raconte dans le livre le cas d'une enseignante formidable qui pratiquait cela. Ses élèves la faisaient rire. Hors cours, elle me racontait les systèmes d'explication foireux des devoirs non faits. Elle adorait leur inventivité. Au lieu de se gendarmer contre le mensonge, cette enseignante en tirait parti. Je cite aussi l'exemple de mon copain Pierre, qui, quoique dans un collège bordélique, obtenait des gosses qu'ils l'attendent en rang à l'entrée de la classe! Et pourtant, il ne leur faisait pas peur. Mais il avait une espèce de bonté intraitable. Or la bonté ça joue aussi.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Vos exemples tournent également autour de l'autorité. Aujourd'hui, on hurle dès que le mot «autorité» est prononcé. Comment réagissez-vous à cela?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Je me pose la question du bien-être. Un gosse que je laisse rebondir comme une balle de caoutchouc contre les murs, quelle chance a-t-il de s'installer dans un bien-être intellectuel? Aucune, parce qu'il faut du temps, du silence, de l'immobilité, de la confiance. Dites aux gosses, à la troisième ou quatrième heure de la matinée: «On écoute Paris.» Pendant deux ou trois minutes. Puis reprenez le cours en donnant à votre voix la qualité de la rumeur un peu lointaine. C'est formidable. Ils se reposent, ils s'installent dans du silence. Le bahut est bordélique, et nous, on écoute le bahut. Par exemple, je leur demande une liste de mots automatiques: ce qui leur passe par la tête. «A quoi penses-tu? - A rien. - Marque: &quot;rien&quot;.» Et ça repart. Au début, les gosses vont produire dix ou douze mots. Rééditez l'exercice, et au bout de trois semaines vous ne les arrêtez plus: 50, 60, 80 mots. Ensuite, on peut étudier thématiquement cette association. Ces thèmes ont à voir avec le silence, l'agitation, la concentration, le chahut. Apparaissent des nécessités qui ne sont pas seulement liées à l'éducation, mais à l'équilibre individuel: on a besoin de silence, de solitude, d'immobilité. On en a besoin constitutivement. On s'aperçoit qu'on en a besoin pour apprendre. Celui qui rentre dans votre cours de français, c'est un gosse qui est encore en maths, à la récré ou dans le cassage de gueule qu'il projette à la sortie du bahut. Le traitement du temps est indispensable à l'installation d'une heure de cours.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Il y a un passage qui fera bondir certains, c'est celui sur la pension. Vous semblez y être favorable.&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. La pension est tributaire des crétins qui s'y trouvent. Je ne la décris qu'après avoir décrit le martyre du cancre externe, coincé entre le marteau de l'école et l'enclume de la famille. Deux temporalités, deux systèmes d'excuses. A l'école: inventer une excuse pour le travail non fait. A la maison: rassurer la famille contre la vindicte de l'école. Pas de meilleure façon de s'excuser que d'en impliquer d'autres. Ce sont les gosses qui chahutent le plus les profs qui décrient le manque d'autorité! Et le même gosse va expliquer à l'oreille de professeurs complaisants que ses parents se déchirent à la maison. Parce que les deux parties sont amenées à se rencontrer, ce mensonge coûte une énergie intellectuelle, affective, mentale et nerveuse phénoménale. Une des solutions, c'est de faire en sorte que ces deux types d'interlocuteurs soient séparés. En pension, cinq jours par semaine, l'enfant a affaire avec l'interlocuteur scolaire et les deux jours restants avec l'interlocuteur familial. La pension repose les parents à qui le gosse va manquer pendant quatre jours, et l'élève n'a plus besoin d'inventer des excuses puisqu'il est en salle d'études le soir.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Le héros du livre n'est pas le prof ou le cancre, mais plutôt l'adolescent. Par exemple, vous évoquez cette fillette de douze ans qui, éclatant en sanglots, vous dit: «J'ai douze ans et je n'ai rien fait.»&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. C'est ce que j'appelle la «bilanomanie»: la manie du bilan. Cette petite était une enfant heureuse et poreuse, heureuse parce que poreuse, une gamine extrêmement sensible. Elle avait une relation assez fusionnelle avec son père. Ce dernier venait de se faire virer de son entreprise. C'étaient les premières années du chômage de masse. A l'époque, on considérait qu'il ne frappait que les ouvriers. Quand les cadres ont été licenciés à leur tour, le traumatisme a été très fort. La veille, le père de la gamine avait dit à table: «J'ai 38 ans et je n'ai rien fait.» Par sa brutalité, le licenciement anéantit la personne. Les quinze années de service dans la boîte ne sont vécues que comme l'aliment d'une frustration, d'une injustice. Le type licencié ne se dira pas spontanément: «La conjoncture est mauvaise. Je suis viré. O.K.» Certains le feront, mais c'est rarissime. Il se trouve que la gamine, à l'occasion d'une interrogation, a sorti cette phrase toute faite: «J'ai douze ans et demi et je n'ai rien fait.» Elle souligne combien les enfants sont poreux. Ils arrivent en classe avec leur famille dans le sac à dos.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Est-ce l'effet de l'idée qu'il faut avoir fait quelque chose de sa vie même à douze ans?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Pas dans la bouche de cette enfant, qui était poreuse au chagrin du père. Mais il est vrai qu'il y a chez les adolescents un désir si vif de sortir de la perpétuité et d'entrer dans la temporalité qu'ils sont tentés d'y accéder en sortant de la loi. Un gosse m'a dit avec une candeur totale: «Monsieur, moi, l'analyse logique, c'est pas mon truc. Mais un moteur de mob, je peux vous le démonter.» Je lui ai répondu: «Ça te sera très utile comme mathématicien mais, comme voleur, tu finiras en cavale. Tu te feras gauler. Ou un de tes copains te balancera, parce que tu es trop malin. Parmi les voleurs de moteurs de mob, il n'y a pas de morale - parce qu'ils sont tous voleurs.»&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Il y a une autre idéologie que vous contestez, celle selon laquelle les bandes sont quasi innées.&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Ce qui fait la bande, c'est la paupérisation et le confinement. La réaction à la cancrerie peut susciter l'adhésion à la bande. Si j'avais été un gosse moins développé, j'aurais été membre d'une bande. Que propose la bande? La dissolution d'une identité encombrante, celle du mauvais élève, dans une adhésion de groupe, mais où, le gosse l'ignore, son identité est infiniment plus dissoute qu'elle ne l'est à l'école. Il n'est plus qu'un public miroir. Il y trouve une personnalité d'emprunt, une mimique de groupe. Ce qui pousse le gosse à adhérer, sociologiquement, c'est peut-être la paupérisation. Psychologiquement, c'est la maman seule, le père en taule, et puis l'échec scolaire. Entre affronter des regards désapprobateurs et la conviction de sa crétinerie et, de l'autre côté, être accueilli par la bande sur de nouveaux critères: physique, courage, et surtout métabolisation de toutes les fonctions intelligentes par la ruse... Les gangsters qui ne se sont jamais fait prendre auraient fait d'extraordinaires chefs d'entreprise, sauf que leur intelligence sociale se tourne en ruse et en cruauté. La ruse ne peut aller qu'avec la cruauté, avec la perte du sens de l'autre. Si pour faire faire des économies à une multinationale, je considère que ses travailleurs sont un poste budgétaire, j'arrive à les abstraire comme un chef de bande peut abstraire un gêneur en le liquidant. Nous sommes à l'époque où l'on filme des crimes ou des agressions téléchargeables sur Internet. L'individu est une abstraction dans la démarche de l'économie, il l'est également chez les voyous.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;En quoi l'analyse grammaticale, la récitation par coeur, l'apprentissage de textes de poésie, en bref la pratique de la lecture, peuvent-ils amener certains de ces gosses à sortir de la cancrerie?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. L'apprentissage du texte ne peut être reçu par l'élève que si vous le faites passer dans un présent d'incarnation, avec une injonction d'éternité: «Ce texte que je t'apprends, je ne te l'apprends pas pour que tu me le récites la semaine prochaine, mais pour la vie!» Le minimum, c'est que je l'apprenne, moi aussi. Prenons un autre cas, celui de la dictée. Au début, un texte de six lignes prend une heure de cours. Pendant deux semaines, on en fait tous les jours. Puis ça ne prend plus que trente minutes, quinze minutes, et on passe à des dictées plus longues. La métamorphose de celui qui, après avoir toujours eu zéro, obtient une note positive, c'est extraordinaire!&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;A-t-on raison de craindre un déferlement des sabirs venus des banlieues, comme le redoutent certains aujourd'hui?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Historiquement, l'argot est le langage du pauvre. Il s'est développé à raison inverse du centralisme linguistique français: plus on supprime de langues vernaculaires, plus les gens qui ont à se dire des choses confidentielles se les disent comme ils le peuvent, c'est-à-dire en argot. Un frère et une soeur parlent vite un langage codifié que les parents ne peuvent pas comprendre. Enfant, je jouais avec des Calabrais et on pouvait légitimement penser qu'ils ne parlaient pas français. Mais quand ils venaient goûter chez ma bourgeoise de maman, ils disaient: «Bonjour Madame», «Très volontiers»... Introduisez un gosse dans un autre milieu, qu'il a déjà fréquenté deux ou trois fois, je ne lui donne pas une semaine pour se plier aux codes. A Belleville, de 1985 à 1995, rue Lesage, dans ce lieu où les gosses viennent se faire aider pour leurs devoirs, sitôt qu'ils me voyaient dans le couloir, ils se mettaient à parler verlan. A les entendre dans la rue, vous êtes persuadé qu'ils ne parlent pas français. Mais s'ils vous reçoivent chez eux, ils parlent comme vous, pas avec le même vocabulaire, parce qu'ils n'ont pas la même culture et le même âge. Mais si je dis: «Arrête avec ton accent à la con. On n'est pas entre copains. Parle-moi normalement!», il arrête. Seule une minorité de 0,4 à 0,6% des 12 millions d'enfants scolarisés a décroché.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; [Lire, octobre 2007]&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Pourquoi y a-t-il autant d'argot dans vos romans?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; D.P. Parce que l'argot fait partie de la palette de la langue. Je suis entré dans le dictionnaire la même année que «casse-couilles». Les formules que j'utilise sont souvent des métaphores créées par moi, pour jouer avec les mots. La démagogie, ce serait de rechercher un effet immédiat sur les jeunes générations, sauf que les gosses ne parlent pas mon argot à moi.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Comment un cancre comme vous est-il devenu un écrivain?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. Par des désinhibitions successives. D'abord par la lecture. Même quand je ne savais pas lire, je lisais. L'amour de la littérature me vient peut-être d'une physiologie du lecteur incarné par le bien-être manifeste de mon père et de mon frère en train de lire. Ensuite, parce que, dans mon indignité scolaire, je me suis constitué une bibliothèque intime qui a commencé par les contes d'Andersen, où domine le conflit entre un être solitaire d'exception et une norme. Je ne me voyais pas écrivain, mais j'écrivais. Ma première oeuvre, en cinquième, a été la transcription en alexandrins de L'ours de Tchekhov. Alors que j'avais de mauvais résultats, je trouvais l'alexandrin épatant. Bernard, mon frère, me disait que c'était bien. Qu'il me le dise supposait que ça m'était accessible. J'avais le goût de la forme. Et puis les sonorités de la langue: j'ai toujours été éperdument amoureux du français, de l'oralité.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Que peut la littérature ou, plus modestement, un livre comme Chagrin d'école?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; D.P. La littérature est mentalement vitale, mais elle n'est pas opérante. Beaucoup de gens meurent de soif avec l'eau à leur portée. Si, à l'intérieur du système scolaire, les profs diffusaient ce qu'ils aiment ou ont aimé à l'âge des gosses de leur classe, ce serait déjà un progrès. Ils pourraient le faire dans les interstices: cinq minutes à la fin du cours. Par exemple, je viens de lire Les belles choses que porte le ciel de Dinaw Mengestu (Albin Michel). Un roman ma-gni-fi-que! Je peux en lire deux pages, raconter l'argument et lancer: «Qui le veut? Le premier qui lève le doigt l'aura.» Ça détend l'atmosphère et ça prédispose les élèves à l'analyse littéraire proprement dite.&lt;/p&gt;
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                <title>Instant comique avant intrigue tragique</title>
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                <author>noreply@ (Laurence)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 10 Nov 2007 21:13:18 +0100</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ron, Hermione, Fred, Georges, Fleur et Mondigus burent leur verre d'un coup. Ils eurent tous un haut-le-coeur accompagné d'une grimace lorsque la potion leur descendit dans la gorge. Aussitôt, la peau de leur visage se couvrit de cloques et leurs traits commencèrent à se déformer comme de la cire chaude. Hermione et Mondigus grandirent brusquement ; Ron, Fred et Georges se ratatinèrent ; leurs cheveux s'assombrirent, ceux d'Hermione et de Fleur se rétractant dans leur crâne.&lt;br /&gt; Indifférent à cex transformations, Maugrey était occupé à dénouer les cordons des deux sacs qu'il avait apportés : lorsqu'il se redressa, une demi-douzaine de Harry Potter étaient alignés devant lui, hoquetant et haletant.&lt;br /&gt; Fred et Georges se tournèrent l'un vers l'autre et s'écrièrent d'une même voix :&lt;br /&gt; - ça alors... On est exactement pareils !&lt;br /&gt; - A la réflexion, je ne sais pas, reprit Fred qui examinait son reflet dans la bouilloire. Je crois que c'est toujours moi le plus beau.&lt;br /&gt; - Oh, là, là ! s'exclamat Fleur en se contemplant dans la porte du micro-ondes, Bill, ne me regarde pas, c'est fou ce que je peux être horrible !&lt;br /&gt; - Pour ceux dont les vêtements sont un peu amples, j'en ai de plus petits, annonça Maugrey en indiquant le premier sac, et vice versa. N'oubliez pas les lunettes, il y en a six paires dans la poche latérale. Quand vous serez habillés, vous trouverez des bagages dans l'autre sac.&lt;br /&gt; Le vrai Harry songea qu'il n'avait jamais vu dans sa vie un spectacle aussi bizarre et pourtant, il était habitué aux choses les plus étranges. Il regarda ses six doubles fouiller dans les sacs, en sortir des vêtements, mettre des lunettes, ranger leurs propres affaires. Lorsqu'ils se déshabillèrent en toute impudeur, beaucoup plus à l'aise en dévoilant un corps qu'ils ne l'auraient été en montrant le leur, il eut envie de leur demander un peu plus de respect pour son intimité.&lt;br /&gt; - Je savais que Ginny mentait à propos de ce tatouage, dit Ron en regardant sa poitrine nue.&lt;br /&gt; - Harry, tu as vraiment une mine épouvantable, commenta Hermione en mettant des lunettes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;em&gt;Harry Potter et les reliques de la mort&lt;/em&gt;, p.61-62&lt;/p&gt;
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                <title>Indécente célérité</title>
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                <author>noreply@ (Laurence)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 10 Nov 2007 20:13:19 +0100</pubDate>
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                    &lt;p&gt;&lt;em&gt;&quot;L'aube sembla succéder à la nuit avec une précipitation proche de l'indécence&quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; (Harry Potter et les reliques de la mort, p.255)&lt;/p&gt;
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                <title>Joseph Joffo, au nom de tous les siens</title>
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                <author>noreply@ (Laurence)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 09 Nov 2007 19:00:56 +0100</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;[La Croix - 09/11/07]&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://droopymousse.hautetfort.com/media/02/00/d0c36f770cfab20d53611be65c3e9ccd.jpg&quot; alt=&quot;b02d15c31e22c6a9dfaee2f90ea491e0.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; title=&quot;Joseph Joffo&quot; id=&quot;media-654133&quot; name=&quot;media-654133&quot; /&gt;L’auteur d’ « Un sac de billes » intervient toujours dans les écoles et les lycées pour raconter ce que fut le sort des juifs sous l’Occupation.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Agé de 76 ans, oublié des céré­monies et des travaux con­sacrés à Vichy, Joseph Joffo poursuit dans son refuge pa­risien l’œuvre de sa vie : écrire, publier, raconter des histoires puisées dans sa mémoire. Lancé par Jean-Claude Lat­tès, salué comme un frère par Joseph Kessel, il construit, depuis 1973 et la publication d’ Un sac de billes , une œuvre populaire, habitée par un esprit et une humanité qui n’ont pas survécu, dans l’agora littéraire, à la Seconde Guerre mondiale. Des romans, il en a écrit 14 après Un sac : d’ Anna et son orchestre en 1975 à Incertain sourire publié en mars dernier. Si Anna ou Baby foot sont les plus connus, plus confidentiel est l’en­semble de son œuvre.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Joseph Joffo a surtout fait carrière et fortune dans la coiffure. Les salons Joffo, c’est lui! Le grand salon de la rue Victor-Hugo, encore lui. Depuis sa naissance en 1931, il n’a jamais quitté le cocon familial de la coiffure. Avant guerre, son père tenait un salon rue de Clignancourt à Paris, dans le 17e . Son enfance, du moins jusqu’en 1941, a baigné dans la chaleur rassurante et truculente de cette oasis plantée au cœur du quartier yiddish. &lt;em&gt;« Mon père avait quitté la Russie à l’âge de 7 ans, seul, pour ne pas être enrôlé dans l’ar­ mée du tsar. »&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; Après avoir traversé l’Europe, il s’est arrêté en France parce que sur les fron­tons des mairies était inscrit « Liberté, Égalité, Fraternité ». &lt;em&gt;« Une devise unique au monde, et tant qu’elle est écrite là­haut, nous sommes tranquilles ici. »&lt;/em&gt; Ce père giflant Joseph avant de l’envoyer en zone libre, pour qu’il se souvienne qu’à la question « Es-tu juif ? » il devait répondre « Non » . Arrêté, déporté, gazé, il leur laissa son salon en héritage. Aussi, si le succès d’ Un sac de billes éveilla en Joseph Joffo la noble ambition d’être écrivain, il n’abandonna pas pour autant son premier métier, en digne héritier de Marcel Aymé.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Alors que la reconnaissance de ses pairs tarde, celle de ses jeunes lecteurs lui est acquise depuis 1973. Pour eux, il quitte volontiers son refuge doré, son manuscrit en cours. &lt;em&gt;« Les gosses me di­sent ne pas comprendre qu’en Europe, on ait pu faire ça.. Pourquoi les grandes personnes n’ont-elles rien vu, rien su, rien fait ? En les écoutant, j’ai un double sentiment. Et moi, que fais-je pour ceux qui sont victimes de la barbarie ? Tous les jours, je me reproche de ne pas me lever pour le Darfour ! »&lt;/em&gt; avoue-t-il d’abord.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;em&gt;« Je dis aussi qu’en France, malgré tout ce qu’on a enduré, il y a eu des hommes comme Mgr Raymond qui se sont levés. Sans l’aide du clergé et d’une grande par­tie des Français la “solution finale” aurait été bien plus lourdement appliquée. »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Lorsqu’il évoque Mgr Raymond, la voix de Joseph Joffo s’étrangle. &lt;em&gt;« Mon frère Maurice et moi, nous avons été sauvés à trois reprises par des prêtres… je n’y peux rien, c’est simplement la vérité. Lorsque nous étions prisonniers de la Gestapo à Nice, Mgr Raymond lui a écrit que si elle nous déportait, il viendrait physiquement s’y opposer avec tous les prêtres du dio­cèse. Après la guerre, nous sommes allés le remercier. Bien que mourant, il nous a reçus : “Mes petits, je ne me souviens pas de vous. J’en ai sauvé tellement. Mais ne me remerciez pas, car si je suis intervenu pour vous, je l’ai d’abord fait pour moi.” »&lt;/em&gt; Un épisode qu’il aime raconter, comme tant d’autres que l’on préfère parfois ignorer. &lt;em&gt;«En adaptant mon histoire au cinéma, Jacques Doillon sa­lit par anticléricalisme l’ecclésiastique qui nous protège des Allemands : dans la scène du train, il le représente en poi­vrot intervenant malgré lui »&lt;/em&gt; , regrette-t-il toujours. &lt;em&gt;« Mon histoire va bientôt être le sujet d’une nouvelle adaptation. Lorsque j’ai raconté aux scénaristes notre visite à Mgr Raymond, ils m’ont répondu : “C’est pleurnichard!” »&lt;/em&gt; Si la réplique est bles­sante, l’ancien gavroche à l’étoile jaune en a vu d’autres. Il préfère témoigner aujourd’hui de ce qu’il a vécu hier… au nom de tous les siens.&lt;/p&gt;
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                <title>Harry Potter, le dernier tome</title>
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                <author>noreply@ (Laurence)</author>
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                                                <pubDate>Mon, 05 Nov 2007 20:14:02 +0100</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;[source : &lt;a href=&quot;http://www.lire.fr/&quot;&gt;www.lire.fr&lt;/a&gt;&amp;nbsp;- novembre 2007]&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; C'en est fini ! La première grande série de l'ère de la mondialisation (325 millions d'ouvrages vendus) s'achève avec Harry Potter et les reliques de la mort. Le lecteur fidèle sera comblé par ce point final qui confirme de la part de l'auteur une maîtrise étourdissante de quelque 600 personnages au fil des 4 000 pages que comportent les sept volumes. Le succès est déjà assuré, puisque, depuis sa sortie le 21 juillet, 23 millions d'exemplaires de la version anglaise ont déjà été vendus, dont 236 000 en France*.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cet ultime tome est bien la preuve d'une expérience sans précédent en littérature de jeunesse, tant par l'évolution des personnages que par l'écriture elle-même. Car en conduisant son héros depuis l'enfance (Harry intègre Poudlard à l'âge de onze ans) jusqu'à sa majorité (qui, chez les sorciers, est fixée à dix-sept ans), J.K. Rowling a éclairé une génération de lecteurs. «Ce roman d'initiation accompagne l'enfant à l'orée de l'âge adulte, souligne Christine Baker, son éditrice chez Gallimard. Cela fait partie de son génie car ce véritable apport créatif, original, était pensé dès le début.»&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Une atmosphère sombre, loin de la magie enfantine&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/b&gt;Harry a décidé de ne pas faire sa septième année à Poudlard pour accomplir son destin: tuer Vous-Savez-Qui. Avant de mourir, Albus Dumbledore lui a révélé la manière dont ce dernier a divisé son âme en sept parties, enfermées dans des objets symboliques, les Horcruxes. Pour accomplir cette quête ultime, Harry doit détruire chacun des morceaux d'âme restants. L'atmosphère du livre est dense et noire. On est loin de la magie enfantine de gentils sorciers chevauchant leur balai, s'exerçant au Quidditch ou déclamant des Alohomora à tour de baguette. Le ministère de la Magie est tombé aux mains des partisans du Seigneur des Ténèbres et les Mangemorts sèment la terreur. Harry, Ron et Hermione vivent traqués sous une tente invisible en forêt. Si l'allégorie du monde magique est toujours présente, les longs moments reclus dans la bulle-bunker révèlent bien l'état de siège dans lequel se trouve plongé le trio.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Voldemort est omniprésent, relié au cerveau de Harry tel un double obsédant. La tension est constante, les cadavres pleuvent. Et jamais le parallèle avec les heures les plus sombres de notre monde n'a été aussi criant. La désinformation sévit dans la Gazette du sorcier tandis que les Résistants sonnent le rassemblement sur les ondes de Potterveille... Au ministère de la Magie s'ouvre la commission d'enregistrement des nés-Moldus, destinée à éradiquer les Sang-de-Bourbe ramassés par les Rafleurs.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J.K. Rowling convie son jumeau de papier à son destin. Tout lui a été pris: ses parents, son parrain, son mentor. Et c'est un Harry méditatif que l'on retrouve, face à ses choix, soucieux du combat qu'il mène et bien souvent privé de baguette. Comme si les réponses étaient au-delà du monde magique ainsi que l'avait déjà précisé sa créatrice: «Ce qui compte, ce n'est pas la magie mais les limites que je donne à la magie elle-même.»&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J.K. Rowling termine en beauté son épopée, conjuguant l'univers qu'elle a créé et les multiples références qui jalonnent son oeuvre, de la mythologie à Star Wars en passant par la légende arthurienne, Dickens et Tolkien. Une synthèse dont seuls les auteurs anglais sont capables, à la manière d'un Lewis Carroll, d'un C.S. Lewis ou d'un Philip Pullman. «Le mélange des genres remonte loin dans la tradition littéraire anglaise, rappelle Christine Baker. Shakespeare, c'est à la fois le romantisme, l'horreur, la farce et la tragédie, l'art de passer d'un monde à l'autre. C'est aussi le secret de Tolkien. Aucun auteur français n'a réussi à créer de toutes pièces un univers avec son langage et ses codes. Zola et Balzac ont bâti des dynasties, mais dans le réalisme.»&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Y aura-t-il un après-Harry Potter? La Britannique pourrait s'attaquer à une encyclopédie sur son héros. Selon son éditrice française, J.K. Rowling est «très sincère quand elle déclare que c'est le dernier tome, mais peut-on jamais dire &quot;jamais&quot;?». L'après-Harry Potter, ce sont les centaines de millions de jeunes qui auront reçu ces cadeaux inouïs, en plus du goût pour la lecture, un passeport vers l'âge d'homme.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; * Source Ipsos&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Nathalie Riché&lt;/p&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://droopymousse.hautetfort.com/archive/2007/10/25/faut-il-avoir-peur-d-harry-potter.html</guid>
                <title>Faut-il avoir peur d'Harry Potter ?</title>
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                <author>noreply@ (Laurence)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 25 Oct 2007 11:30:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot; class=&quot;chapo&quot;&gt;[&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.edifa.com&quot;&gt;Famille Chrétienne&lt;/a&gt;, n° 1554]&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L'heure espérée et redoutée des &quot;fans&quot; est arrivée : le dernier volume de la saga, Harry Potter et les Reliques de la Mort, paraît en français ce 26 octobre. Beaucoup de parents s'inquiètent de la fascination pour cet univers magique qui ensorcelle des millions de lecteurs de par le monde. Harry Potter est-il dangereux ? Sa magie est-elle malsaine ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le jeune sorcier a frappé fort : de sept coups de baguette magique - les sept tomes de la saga de Joanne K. Rowling -, Harry a semé la zizanie jusque dans les sacristies et transformé certaines familles en terrain de Quidditch, où détracteurs et défenseurs de Potter se livrent à des joutes acharnées (qui se répercutent régulièrement dans les pages de notre Forum...).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour certains parents, le jeune mage sent le soufre ; pour d'autres, c'est un innocent héros qu'on laisse complaisamment entrer chez soi, trop content de voir ses enfants lire d'eux-mêmes sans qu'on ait, pour une fois, à batailler. Car ce n'est pas son moindre mérite : les sept livres de J. K. Rowling, bien écrits et subtilement construits, ont rendu le goût de la lecture à nombre de boulimiques d'images qui ne juraient que par l'&quot;ordi&quot; ou les jeux vidéo. Mais cette attirance universelle, pour d'autres parents, est bien le signe d'une marque &quot;démoniaque&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;em&gt;&quot;Face à Harry Potter, on trouve schématiquement deux tendances chez les parents chrétiens, résume Bénédicte Repain, professeur de lettres à Nancy : la diabolisation ou la bénédiction. Pour certains, Harry Potter est l'arme de Satan en personne. Si l'on ose avouer qu'on trouve du plaisir à sa lecture, on est digne de l'excommunication... ou de l'exorcisme. C'est à mon avis aussi excessif que ceux qui applaudissent à tout crin, sans mettre en garde devant des dangers réels.&quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cette mère de neuf enfants a profité de ses rares temps libres pour plonger dans les sept volumes de la saga - soit plus de quatre mille pages ! &lt;em&gt;&quot;Je n'avais pas le choix, explique-t-elle en riant. Même si je l'avais voulu, je n'aurais pu interdire Harry Potter à la maison. L'attraction était trop forte. Les enfants l'auraient lu en cachette et ne m'en auraient rien dit. J'ai préféré l'autoriser, en fixant des limites de temps de lecture... et m'y plonger moi-même. Afin de comprendre leur attirance pour le fantastique, très à la mode actuellement. Et pour permettre un dialogue constructif plutôt que risquer qu'ils se fassent leur opinion seuls... ou pire !&quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Auriez-vous des soucis de communication avec un enfant ? Lisez Harry Potter et parlez-en avec lui. Potter est en effet &quot; transgénérationnel &quot; : il captive les petits comme les grands. Sans parler des adolescents, qui se retrouvent tout à fait dans la description très fine de leurs fragilités, leurs contradictions, leurs interrogations, et de leur découverte de l'autre sexe (merci à J. K. Rowling de nous avoir épargné la &quot;première expérience&quot; de Harry).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;em&gt;&quot;Par ailleurs, Harry Potter met en scène certaines valeurs positives, d'amitié, de fidélité, de courage, de sacrifice, reconnaît Bénédicte Repain. Je suis personnellement sensible aux Weasley qui offrent l'image sympathique, fantaisiste, accueillante, attachante, d'une famille nombreuse. Ce n'est pas si fréquent.&quot;&lt;/em&gt; Le Père Arnaud Toury renchérit. Ce prêtre de 37 ans, curé d'une paroisse urbaine du diocèse de Reims, responsable diocésain de la pastorale liturgique et sacramentelle, résume la saga en quatre mots : amitié, famille, bienveillance et esprit de sacrifice. &lt;em&gt;&quot;L'amitié, c'est celle qui soutient les trois jeunes héros envers et contre tout. La famille : Il y a un bel équilibre des présences paternelle (père, parrain, Dumbledore...) et maternelle (mère, professeur McGonagall, Madame Weasley...) autour de Harry, rare dans les ouvrages de jeunesse aujourd'hui, note-t-il. Or l'adolescent doit grandir en référence à ces deux figures parentales&quot;&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;em&gt;&quot;La puissance de l'amour est le fondement de la construction d'une vie, poursuit le prêtre enthousiaste : c'est ce que montre le don que la mère d'Harry fait d'elle-même pour le protéger.&quot;&lt;/em&gt; Même les horribles Dursley finissent par jouer un rôle constructif. Et lorsque Harry découvre les faiblesses de certains adultes - Dumbledore notamment -, il comprend de façon saine et belle qu'il devra peut-être en assumer de semblables pour avancer. Autre grande leçon : il apprend à ne pas enfermer les personnes dans le jeu des apparences. La bienveillance ? &lt;em&gt;&quot;C'est celle, surtout, de Dumbledore vis-à-vis de ses élèves : il cherche toujours à leur faire donner le meilleur d'eux-mêmes et à leur permettre de trouver le sens de leur vie.&quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Quant à l'esprit de sacrifice, &lt;em&gt;&quot;c'est le point fort du tome 7, qui comporte une dimension presque chrétienne, va jusqu'à dire le Père Toury : la vie ne nous a pas été offerte pour tout casser et tout prendre, comme Voldemort, mais pour donner - parfois jusqu'au don de sa propre vie. C'est une merveilleuse leçon sur le sens de l'existence &quot;. Finalement, conclut le Père Toury, &quot;le motif le plus fort de toute la saga, c'est la puissance de l'amour. La magie la plus puissante reste la magie du cœur&quot;.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le problème, c'est que cette analyse risque d'échapper aux enfants. &lt;em&gt;&quot;Leur inconscient sera marqué par les valeurs que véhicule l'histoire&quot;&lt;/em&gt;, assure le prêtre, sans forcément convaincre tout le monde. En tout cas, elle peut davantage être saisie par les adolescents. Et de toutes les façons, fournir d'intéressantes occasions de discussions familiales.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Aux parents d'utiliser Harry Potter dans le bon sens&quot;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Faudrait-il donc canoniser Harry ? Sans sombrer dans la diabolisation, nombre d'éducateurs s'inquiètent de l'immersion répétée du jeune lecteur dans un univers magique qu'ils jugent malsain. Pour Bénédicte Repain, l'un des dangers de Harry Potter est d'insinuer que le bonheur n'est pas dans cette vie.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;em&gt;&quot;La fuite du réel est une tendance puissante actuellement, avec les jeux vidéo et ces avatars comme Second Life. Dans Harry Potter, le monde des &quot;Moldus&quot; est censé représenter notre quotidien : il est bête, triste, uniforme et plein d'ennui. Cette vie est totalement dépourvue d'intérêt et de profondeur.&quot;&lt;/em&gt; Comment accéder à une existence passionnante, où l'impossible devient envisageable ? Par la magie. &lt;em&gt;&quot;Il suffit d'apprendre certaines formules, de s'initier à quelques secrets, et l'on aura un impact positif sur notre vie et celle des autres, poursuit-elle. Et pas de problème s'il s'agit de &quot;magie blanche&quot;... Comme s'il était évident qu'il y avait une distinction à opérer entre magie blanche et magie noire ! C'est un mensonge pernicieux ! Toute magie, fût-elle remplie de bons sentiments, est intrinsèquement perverse.&quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Là encore, le débat est ouvert. Professeur de philosophie, ancien professeur à l'IPC, ancienne journaliste à L'Homme Nouveau et formatrice de formateurs religieux, Aline Lizotte, qui a lu tout Potter en anglais, défend le petit sorcier : &lt;em&gt;&quot;Pour bien comprendre, il faut replacer le roman dans son contexte : le genre &quot;conte de fées&quot; qu'est la fantasy. Et saisir que J. K. Rowling a créé un monde qui fonctionne en autarcie, avec ses propres lois, de manière parfaitement logique. Les pouvoirs de ses personnages ne sont pas des pouvoirs occultes, mais leurs pouvoirs à eux, venant de leur nature. De la même façon que nous avons les nôtres, et que nous nous battons avec des fusils, ils ont les leurs et se battent avec des baguettes magiques. Au fond, la magie n'est qu'un décor, dans un monde fictif, comme Shakespeare, Dickens ou L'Odyssée&quot;.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;em&gt;&quot;Il n'y a pas du tout d'occultisme dans cette magie !, insiste le Père Arnaud Toury. À aucun moment, la magie n'est présentée comme un domaine mystérieux et ésotérique, transmis sous le manteau. Tout le monde connaît les sorts et leurs effets. L'auteur ne montre aucune fascination pour le pouvoir magique comme s'il était un pouvoir supérieur. La magie est de l'ordre de la technique, comme on peut apprendre le karaté, une manière d'utiliser la force, pour le Bien ou le Mal.&quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et si les parents surprennent leurs enfants à jouer au petit sorcier ? &lt;em&gt;&quot;Évidemment, les enfants imitent et s'amuseront à se jeter des sorts, sourit Aline Lizotte. Mais quand c'était la mode des romans d'Indiens, les enfants jouaient à s'attacher au poteau de torture, la mode des westerns, on leur achetait des revolvers en plastique. Quand Star Wars est sorti, ils ont emprunté les tringles à rideaux de leur mère en guise d'épées laser ! Aux parents d'utiliser Harry Potter dans le bon sens.&quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les derniers tomes ? Violents et ambigus&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le Père Jean-Christophe Thibault, alias Michael Dor (lire son portrait), est nettement plus réservé. &lt;em&gt;&quot;J'étais bloqué au lit pour raisons de santé, quand une amie m'a prêté les quatre premiers tomes de Harry Potter, raconte ce prêtre du diocèse de Metz, âgé de 47 ans. Je les ai &quot;avalés&quot; ! J'ai vraiment apprécié l'excellence de l'écriture et la flamboyance de l'imagination. En revanche, une chose m'a frappé : la magie y est omniprésente comme une puissance qu'on a en soi, ou qu'on peut acquérir, et qui permet de résoudre tous les problèmes des hommes, notamment de sortir d'un quotidien banal et ennuyeux.&quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Depuis, remarque-t-il, les écoles de magie abondent sur Internet : plus de six mille adresses ! &lt;em&gt;&quot;Beaucoup de propositions farfelues, certes, mais aussi des invitations plus sérieuses, avec un risque réel de se laisser happer, surtout pour des jeunes fragiles ou mal dans leur peau&quot;&lt;/em&gt;, assure cet ancien aumônier de collèges, qui connaît la magie de l'intérieur pour l'avoir pratiquée durant six ans avant sa conversion, et qui atteste : &lt;em&gt;&quot;Il n'y a pas de pire prison que celle des esprits !&quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La lutte profonde entre le Bien et le Mal traverse et domine le monde fictif de Harry Potter. Et ce mal est absolument féroce. Faut-il s'en effrayer ? &lt;em&gt;&quot;C'est le mal de notre monde, de notre société. Une société qui a vécu toutes les désintégrations de la personne humaine au XXe siècle&quot;&lt;/em&gt;, répond Aline Lizotte : les deux Guerres (la terrible bataille de Poudlard), le régime nazi (la promotion, par le Seigneur des Ténèbres, de la race pure des sorciers opposée aux &quot;sang de bourbe&quot; - injure suprême -, les sorciers d'ascendance moldue), les tribunaux communistes (le tribunal arbitraire de Dolorès Ombrage contre les Moldus), la torture (Hermione dans le tome 7).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; À cause de cette férocité du Mal, Harry Potter n'évite pas, malgré l'humour, un côté sombre et des scènes parfois très violentes. À plusieurs reprises, on craint que l'auteur bascule dans une noirceur totale. Mais elle se rattrape toujours. Aux parents de juger à partir de quel âge leurs enfants peuvent le lire. Sans doute pas avant 10 ans, voire 12 pour les plus impressionnables. &lt;em&gt;&quot;Ce n'est pas du tout confortable pour les éducateurs, remarque Bénédicte Repain : certains tomes sont lisibles par les enfants - les premiers -, mais les derniers, plus violents et ambigus, sont à réserver, à mon avis, aux adolescents, voire aux adultes. Or lorsqu'un enfant a mordu à l'hameçon, il est difficile de lui interdire de lire la suite du feuilleton...&quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les détracteurs livrent une critique supplémentaire : Harry Potter évolue dans un monde sans aucune référence spirituelle. Exact. Mais Le Seigneur des Anneaux aussi. Et les défenseurs renvoient la balle en soulignant quelques (très discrètes !) allusions à une autre vie : par exemple, sur la tombe des parents de Harry ; ou lorsque Dumbledore se soucie de l'âme de Drago et veut l'empêcher de devenir un tueur ... Notons d'ailleurs d'étonnantes similitudes - avec moins de souffle et de profondeur - entre Harry Potter et Le Seigneur des Anneaux : le Mal à vaincre - Sauron et Voldemort - est sans forme ; Harry, comme Frodon, est choisi pour sauver un monde en perdition et comme lui, soumis à la terrible tentation du pouvoir ; Ron, c'est Sam, l'ami fidèle, mais un Sam qui doute ; Dumbledore, c'est Gandalf, le magicien puissant et sage, etc.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour être crédibles auprès des jeunes&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; C'est avec le regard d'espérance de la théologienne - mais tous peuvent-ils le partager ? - qu'Aline Lizotte décrypte la saga Potter : &lt;em&gt;&quot;Elle traite un grand thème de notre époque, présent aussi bien dans Star wars que dans Matrix ou Le Seigneur des Anneaux : le Mal sera vaincu par l'Élu, un être qui accepte, soit de mourir, soit de témoigner de la pureté du cœur. Autrement dit, à travers ce monde totalement ténébreux, il y a une lueur d'espoir&quot;&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les héros vont devoir lutter contre le Mal avec les mêmes qualités exigées de nous dans ce combat : &lt;em&gt;&quot;Et ce ne sont ni des fusils ni des baguettes magiques, mais l'amour, l'amitié, la maîtrise de soi. Et l'acceptation de sa condition mortelle&quot;&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Car la magie échoue toujours : elle n'empêche pas Sirius, le parrain de Harry, de mourir ; et elle a, en quelque sorte, tué Dumbledore.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Au fond, ce que montre J. K. Rowling, selon Aline Lizotte, c'est qu'&quot;&lt;em&gt;il est dérisoire de s'opposer au Mal avec des baguettes magiques. Les baguettes n'agissent que si on prononce des mots. Or il y a des mots qui blessent, des mots qui torturent, des mots qui tuent... et des mots qui relèvent et qui guérissent&quot;.&lt;/em&gt; Pour vaincre Voldemort, Harry renonce à la magie et accepte de mourir. Tandis que Voldemort a confié sa vie à des objets dérisoires (les horcruxes). Et lui qui voulait le pouvoir suprême sur la vie et la mort, il se tue, en quelque sorte, lui-même. &lt;em&gt;&quot;Harry et Dumbledore, eux, ont fait confiance à l'amour, au pardon (défection momentanée de Ron dans le tome 7), à la pureté du cœur pour vaincre le Mal.&quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Bénédicte Repain ne partage pas cet optimisme : &lt;em&gt;&quot;Comment ne pas remarquer un flou entretenu dans la limite entre le Bien et le Mal ?, s'interroge-t-elle. Dans Harry Potter, il est clair que la fin justifie les moyens. Par exemple, la désobéissance ou le mensonge sont justifiés, voire encouragés par ceux qui ont l'autorité. Plutôt gênant, non ?&quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Elle souligne un autre risque : &lt;em&gt;&quot;La confusion entre le réel et l'imaginaire. Un jeune m'a dit : &quot;J'étais tellement plongé dans Harry Potter que j'attendais le facteur, convaincu que j'allais recevoir moi aussi une lettre de Poudlard&quot;. C'est effectivement à la littérature de nous faire rêver, et de nous plonger, le temps de la lecture, dans les délices d'un autre monde. Mais elle peut devenir dangereuse quand elle nous fait croire que ce monde existe et qu'il est accessible par des &quot;pouvoirs&quot;. C'est cette vie-là, bien réelle, qui est à vivre et à aimer !&quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Alors, au risque de nous répéter, nous permettons-nous d'insister : parents, amis lecteurs, lisez Harry Potter. Au moins un tome. Ne fût-ce que pour pouvoir être crédible auprès de vos enfants lorsque vous voudrez témoigner qu'il y a encore une vie après Harry Potter (à moins que vous ne tombiez sous ses charmes magiques...). Et pour pouvoir choisir votre camp - détracteurs ou défenseurs - en connaissance de cause.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Marie-Catherine d'Hausen et Luc Adrian&lt;/p&gt; &lt;!--===== NAV BAS =========--&gt;
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