samedi, 21 juin 2008

Monumental art moderne

[© www.libertepolitique.com - 12/06/08 - “Monumenta 2008” : Richard Serra, serial-sculpteur ? ]

monumenta.jpg“Monumenta” est de retour : tous les ans, le ministère de la Culture confie le Grand Palais à un artiste qui doit relever le défi d’occuper seul l’immense espace conçu à l’origine, rappelons-le, pour présenter une pléiade d’artistes grâce aux salons… Les murs de Paris se couvrent donc d’affiches noir et blanc (pas de couleurs : le monumental se doit d’être sérieux), sur la voûte du Grand Palais se détache, non pas la silhouette de l’œuvre de Richard Serra, invité de Monumenta 2008, mais l’ombre de l’artiste lui-même : massif, crâne presque rasé, on dirait un taulard. C’est normal, dira-t-on, Serra travaillant essentiellement la tôle…en tout cas l’allure, le dos tourné au public, n’est guère avenante.

En rentrant dans le Grand Palais, le regard plonge jusqu’au café installé au fond : où est l’œuvre ? Un tour de tête et on distingue cinq plaques de métal, droite comme des i, déception : « Serra, c’est ça ? »

On a beau savoir que le « décept » est un concept d’Art dit contemporain (la déception étant un des critères de réussite de l’œuvre, comme aime à le répéter la philosophe Anne Cauquelin), on pense plutôt au mot de George Sand, commentant les exploits physiques de Mérimée : « J’ai eu Mérimée hier soir, c’est pas grand-chose ! »

Un grand nom ne tenant pas toujours ses promesses… Certes les cinq plaques sont érectiles, mais ennuyeuses comme des stèles funéraires, ce qu’elles sont peut-être. Cet alignement de plaques légèrement de guingois, en décalage autour d’un axe, peut faire songer à une travée de cimetière : Serra serait-il un sérial-sculpteur ?

Renversant : le minimalisme monumental

La documentation remise à l’entrée nous assure que l’œuvre est pleine de vie : « En vous approchant, elle peut donner l’impression de se pencher vers vous ou de s’éloigner suivant votre position : elle bouge en fonction de votre perception. » Le ministère de la Culture fournit tout : audio-guide, documentation, médiateurs…mais il a oublié la cocaïne qui permet de voir bouger les stèles. Contre-expérience : dans un square, trouver cinq arbres en léger décalage : vous verrez aisément que les arbres bougent bien plus que les stèles, et en plus c’est gratuit.

J’avise une “médiatrice” pour lui faire part de ma perplexité. Elle me donne sa méthode pour trouver Serra renversant : « Vous vous mettez face à une plaque et vous marchez vers elle, en fixant le sommet : vous obtiendrez un remarquable effet de vertige !
— Excusez-moi, si je marche les yeux en l’air, le cou cassé, en fixant n’importe quelle façade parisienne, j’aurais le même effet !
— Ah, vous n’aimez pas ?
— Je n’ai pas dit cela. Les plaques de Serra ne sont pas repoussantes : elles sont géométriques, comme le Grand Palais, en acier comme lui. Elles ne jurent pas avec leur environnement. Mais elles n’ont rien d’attirant, elles n’ont pas d’intérêt, c’est tout. Leur seule effet véritable est de mettre en valeur l’usure du sol du Grand Palais…
— Quand même, si elles n’étaient pas là ces plaques, l’architecture vous écraserait…
— Normal ! Le Grand Palais a été conçu pour être un écrin. Si l’écrin est vide, le vide est écrasant. Mais si Jean-Pierre Raynaud installait cinq piliers carrelés, vous pourriez me dire la même chose. » Du coup, j’ai droit à une tirade qui énumère les qualités de l’œuvre par binôme antithétique : « Serra c’est radical et poétique, minimal et mouvementé, sobre et plein de fantaisie… »

Ce discours vise à englober l’interlocuteur qui, s’il n’apprécie pas la sobriété des formes, agréera la fantaisie de la déambulation autour des stèles… Peu sensible à la poésie, au romantisme de Serra, j’évoque plutôt un défilé un peu martial vu la scansion des plaques.
« Justement, me dit mon Ciceron, on est près des Champs-Élysées, il y a un écho possible des défilés…le rythme, le temps, c’est important pour Serra. »

Bref un discours à géométrie variable car quand les formes sont si minimales, on peut en dire ce que l’on veut…Je finis par poser la question fatale : « Pour vous, en quoi est-ce de l’art ?
Vive dénégation de la demoiselle :
— Je ne sais pas ce que c’est que l’art ! (sur l’air de “ne comptez pas sur moi pour vous le dire”). J’apprends alors que la demoiselle est étudiante en histoire de l’art à Rennes. Imagine-t-on un étudiant en médecine affirmant : « Je ne sais pas ce que c’est que soigner », ou un étudiant en droit : « La justice ? Je n’ai pas besoin de cette hypothèse » ? J’ai en vain essayé de glisser les mots “art officiel” dans la conversation : cela n’a éveillé aucune curiosité, aucun doute. Les médiateurs sont jeunes, frais et pimpants ; sympathiques et enthousiastes, ils ne doutent de rien. Conclusion : « Ce qu’il y a de bien avec Serra, c’est que toutes les expériences sont possibles, y compris les expériences négatives… » me dit-elle. « Le sens, c’est vous » dit l’audio-guide

Il restait à interroger l’audio-guide : « Les cinq plaques ne signifient rien…leur contenu est en vous…dans l’expérience que vous en faites en vous déplaçant à travers l’œuvre…le sujet c’est l’expérience... même si on ne comprend pas. »

Autrement dit, si Mérimée est défaillant, c’est la faute à George Sand, même si elle ne la pas compris ! Ce discours de liberté — le spectateur peut circuler librement comme il veut (encore heureux !) — est en réalité un discours culpabilisateur. On comprend mieux pourquoi Serra tourne le dos au spectateur sur son affiche, lui qui déclare (Match, 7 mai) : « Les artistes font de l’art non pas pour le résultat mais parce qu’ils ont un besoin fondamental et obsessionnel de faire ce qu’ils font » (comme les serial-killer ?). L’audio-guide se réfère au Japon, à l’importance des pleins et des vides…mais surtout il insiste : « Cette sculpture est une expérience privée à partager dans un lieu public. » Ainsi les spectateurs se déplaceraient les uns par rapport aux autres, se regarderaient, discuteraient grâce à Serra ? C’est la fameuse « esthétique relationnelle » qui justifie beaucoup d’art dit contemporain. Force est de constater que la circulation est identique à celle d’une rue, personne n’engage la conversation, sauf avec les médiateurs, et l’objet qu’on fixe le plus intensément : le clavier de l’audio-guide.

N’est-on pas au cœur d’une monumentale démagogie ? L’œuvre grandiose offerte à tous est en fait un monumental « circulez, y’a rien à voir ». Le vide, le néant est le plus petit commun dénominateur partageable au plus grand nombre. Or cette vanité nécessite brochures, livres, audio guides, DVD, médiateurs, sinon on part en courant comme Jane Birkin, rattrapée par les médiateurs et convertie par leur discours (Le Parisien, 12 mai).

Un objet verbal

Voilà bien la véritable nature de l’œuvre de Serra : un objet verbal, beaucoup plus qu’un objet plastique, et dont on peut donc discourir à l’infini. La monumentalité et la performance de l’œuvre n’est pas d’ordre artistique mais technique. Elle se célèbre par une avalanche de chiffres digne du livre des records : 17m de haut, 4 de large et seulement 13 cm d’épaisseur pour 75 tonnes par plaque ; fabriquée sur mesure par Arcelor Mittal, sponsor de l’exposition. Paris Match précise que l’opération ne coûtera rien au contribuable, l’œuvre est produite par l’artiste et sa galerie (mais alors pourquoi est-elle payante ?).

La litanie des chiffres continue : 1.500 audio-guides, 4.300 entrées le lendemain de l’ouverture ; va-t-on battre les 135.000 visiteurs venus voir Kiefer l’an passé ? Tout cela est résumé par Le Monde qui titre « Richard Serra, 375 tonnes d’art ». Monumenta célèbre donc l’art à la tonne, le gigantisme de la technique, de l’industrie, des ingénieurs, la vanité des sponsors et de l’Art dit contemporain, sans oublier la mégalomanie du ministère de la Culture.

Cette monumentalité n’est-elle pas aussi celle du colosse au pied d’argile ? D’ailleurs les œuvres de Serra sont déjà tombées, il y a même eu un mort, mais, disent les médiateurs, « aucun problème, les accidents surviennent toujours au démontage ou au montage ». L’art officiel ne doute de rien… même d’un serial-sculpteur.

Christine Sourgins

jeudi, 05 juin 2008

Escargots sans billet de train

[source : europe1.fr - 04/06/08]

La SNCF va rembourser le propriétaire des escargots.

Tout en réaffirmant que les animaux devaient bien payer leur place à bord, quelle que soit leur espèce et leur taille, la SNCF a consenti mardi à un geste commercial. Elle a promis de rembourser le voyageur qui avait été verbalisé le 4 mai dernier parce qu’il transportait avec lui des escargots sans billets de train. La discussion s’était en fait envenimée entre cet homme et une contrôleuse de la SNCF. Ce trentenaire n’avait pas pris le bon train et se trouvait donc en infraction. La contrôleuse s’est alors intéressée à la boîte qu’il transportait avec lui. A l’intérieur, une vingtaine d’escargots que le voyageur, instituteur de profession, pensait faire observer dans sa classe de maternelle. Problème : les gastéropodes n’avaient pas non plus de titres de transports en règle. A la clé, une amende de 5,10 euros qui sera donc remboursée.

[Qu'en sera t-il pour l'infortuné hébergeur de poux ?]

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jeudi, 29 mai 2008

Heureuse perturbation SNCF

[source : TGV magazine - avril 2008]

Vendredi 22 février 2008, notre TGV fait un arrêt d'une demi-heure à Marolles, entre Lyon et Paris, en rase campagne où l'attend... une ambulance. "Il doit être vraiment mal pour arrêter un TGV", dit un passager à son voisin. Et il s'entend répondre : "Non, c'est une bonne nouvelle, c'est une femme qui est sur le point d'accoucher." Nous avions effectivement entendu l'annonce, "on demande l'assistance d'un médecin, d'une infirmière", puis assisté aux allées et venues incessantes : contrôleur au visage tendu, qui faisaient tout leur possible pour répondre aux besoins, médecin qui passe et repasse avec sa trousse, mouille sa chemise et accompagne la voyageuse en civière jusqu'à l'ambulance, infirmière qui veille sur la passagère plus de trois quart d'heure... Arrivés à Paris, nous sommes bien peu nombreux à savoir qu'une belle énergue spontanée et généreuse se cache derrière l'annonce réglementaire du contrôleur qui exprime ses regrets pour ces trente minutes de retard "dues à des raisons médicales". Cet événement devrait faire la une, comme toutes ces actions qui donnent du sens au mot solidarité? Solidarité entre personnes qui dans un même élan, sans se connaître à bord de ce TGV, ont fait preuve d'initiative, de compétence, de conscience professionnelle, d'esprit d'équipe. A ma manière, et bien sincèrement, j'ai envie de leur dire merci.


mardi, 15 avril 2008

J'en peux plus...


mercredi, 02 avril 2008

Des poissons en forme olympique

[aol actualité - 01 avril 22:39] [voir aussi L'Internaute]

Les médias du monde ont joué le jeu mardi en diffusant des informations farfelues, comme l'annonce que le président français allait bénéficier d'un traitement révolutionnaire pour gagner des centimètres, signe que la tradition du poisson d'avril est bien vivante.

- La petite taille de Nicolas Sarkozy a inspiré le tabloïd britannique The Sun, qui a affirmé, sous le titre "Les médecins vont étirer Sarkozy", que celui-ci allait bénéficier d'un traitement révolutionnaire mis au point par un laboratoire suisse pour gagner plus de 12 cm en un an.

Graphique à l'appui, le Sun a expliqué que le traitement implique d'être attaché à un lit "extenseur" pendant plusieurs heures, tout en recevant des injections de calcium.

La presse britannique avait souligné la semaine dernière la différence de taille entre le président français et son épouse, Carla Bruni-Sarkozy, ancien mannequin, lors d'une visite d'Etat dans le pays.

- S'amusant de la réputation de raffinement des Français, le Guardian a annoncé que le Premier ministre britannique Gordon Brown avait recruté Mme Bruni-Sarkozy pour donner des leçons de style aux Britanniques. "Le bon goût et le raffinement devraient être un droit pour tous et non le privilège d'une élite", titrait le journal de gauche en citant M. Brown.

- La télévision belge RTL s'est inspiré des relations tendues entre francophones et néerlandophones et a annoncé qu'une commune flamande de la périphérie bruxelloise avait décidé d'organiser une opération pilote permettant d'interrompre après quelques minutes les conversations menées en français sur son territoire.

- En Australie, la radio 2UE a assuré que le Pape allait célébrer une messe pour les homosexuels lors de sa venue dans le pays en juillet.

- Pendant quelques secondes, les Libanais ont pu croire que la crise politique qui secoue leur pays était résolue, avec un tract annonçant l'élection d'un chef de l'Etat.

- "C'est fini, c'est réglé", titrait ce tract inséré dans plusieurs quotidiens et annonçant la "fin" du bras de fer qui dure depuis plus d'un an entre la majorité antisyrienne à l'opposition soutenue par Damas et Téhéran. L'élection d'un président libanais a été reportée 17 fois depuis septembre en raison du bras de fer entre l'opposition et la majorité.

- L'hebdomadaire britannique New Scientist a opté lui pour une nouvelle approche du 1er avril, en publiant sur son site internet des informations tellement incroyables qu'elles faisaient penser à des poissons d'avril, alors qu'elles étaient véridiques.

Ainsi, l'hebdomadaire a fait état d'une étude expliquant comment il est possible, grâce à la chirurgie, de faire de vos bras des ailes.

- Les médias n'ont pas été les seuls à sacrifier à la tradition du poisson d'avril.

Aux Etats-Unis, Hillary Clinton a mis au défi mardi son rival Barack Obama de jouer la primaire démocrate de Pennsylvanie au bowling. "Il est temps pour cette campagne de sortir du caniveau, que toutes les quilles soient comptées, et je suis prête à jouer ce match jusqu'au bout", a déclaré Mme Clinton. "Nous n'avons pas un moment à perdre, c'est le 1er avril !", a-t-elle ajouté.

- Le sélectionneur français de football Raymond Domenech a lui déclaré que l'équipe de France n'irait pas en juin à l'Euro-2008, dans une chronique vidéo sur le site de la Fédération française de football (FFF).

"On a beaucoup réfléchi. Ce n'est pas évident parce que la saison a été très chargée pour les joueurs, mais à quoi ça sert d'emmener à l'Euro une équipe de France qui ne sera pas compétitive ?", a feint de s'interroger le technicien.

- Quant à la compagnie aérienne canadienne à bas prix Westjet, elle a annoncé que ses passagers pourraient bénéficier, pour la somme modique de 12 dollars, de cabines-couchettes installées dans les compartiments à bagages de cabine. Son communiqué était agrémenté de la photo d'une jeune femme souriante pelotonnée dans un "douillet" compartiment à bagages.

lundi, 14 janvier 2008

Quand les élèves choisissent leurs profs

[source : La Croix - 14/01/08]

Détour par le collège Saint-Louis­de-la-Guillotière, à Lyon, où depuis plus de trente ans, les élèves sont invités à devenir « acteurs et autonomes » en choisissant toutes les trois semaines leurs enseignants

Le dispositif est rodé. En moins d’une heure, trois classes de sixième se suc­cèdent dans une salle aux allures de bureau de vote. Invités à choisir dans la plupart des matières entre trois enseignants, les élèves vont d’une table à l’autre, inscrivent leurs noms sur des fiches de couleur, puis font part de leur sélection à deux de leurs cama­rades qui tiennent un registre récapitulatif.

Damien, comme beaucoup, tient à se retrouver avec ses copains. Hadrien, lui, opte pour « les profs les plus sympathiques, ceux avec lesquels on travaille le mieux » . Si certains enfants font figure d’élec­trons libres, la plupart, comme Anne-Christine, hésitent à chan­ger, une fois trouvée la perle rare. Après le passage de la première classe, la longueur des différen­tes listes, du simple au double, permet d’apprécier la cote de popularité des enseignants.

« Certains enseignants vivaient mal cette forme d’évaluation et ont choisi de quitter ce collège, se souvient Jocelyne Caniato, professeur de sciences de la vie et de la terre (SVT). Mais, dans la mesure où, à la fin de chaque période de trois semaines, tous les élèves doivent avoir acquis les mêmes compétences, nous sommes amenés à travailler en équipe. C’est très appréciable, même si cela ré­duit notre liberté d’enseignement. »

Ce système, qui en une trentaine d’années a beaucoup évolué (au début, les élèves choisissaient leurs professeurs tous les matins !), oblige parfois les enseignants à se remettre en question. Il leur offre aussi une forme de «soupape» .

«Quand on est confronté à un groupe un peu agité, on sait que la situation peut s’arranger au bout de trois semaines, avec l’arrivée dans son cours de nouvelles têtes!», confie en souriant le professeur d’anglais Jean-Marc Poutard.

Au fil des inscriptions, organisées de manière équitable puisque l’ordre de passage des classes change toutes les trois semaines, les listes se remplissent. Et comme le nombre de places est identique dans chaque groupe, l’étendue des possibilités se réduit inexo­ rablement. «En SVT, je n’ai pas pu m’inscrire avec le prof de mon choix », déplore ainsi Étienne, qui devra donc s’adapter et – pourquoi pas? – découvrir une méthode d’enseignement qui lui convien­dra peut-être davantage.

« Chaque élève sait qu’il a le choix, mais pas forcément tout de suite », commente Anne-Marie Abel, res­ponsable de niveau. « Dans notre société, il n’est pas mauvais de ménager un délai entre le désir et sa satisfaction », dit-elle. « Pouvoir choisir ne signifie pas que l’on puisse tout obtenir. C’est au contraire exer­cer sa liberté en faisant l’inventaire des possibles», complète Jean­François Volpi, vice-directeur de cet établissement sous tutelle des jésuites. Pour lui, pas de question de légitimer le « zapping ». « Lors­que certains élèves détournent le système et choisissent uniquement des enseignants réputés peu sévè­res afin de pouvoir bavarder ou fuir les exigences pédagogiques, nous pouvons les inscrire d’office dans le groupe qui nous paraît le plus approprié », souligne-t-il. L’objectif, c’est d’amener les élè­ves à passer d’un choix affectif à un choix portant sur une méthode de travail. « D’ailleurs, en quatrième , les enfants peuvent aussi sélectionner le moment où ils auront cours dans cinq des matières, des matières pro­grammées en parallèle. Cela permet par exemple de prévoir des jeudis moins chargés quand on passe ses mercredis après-midi à jouer au football», note Jean-François Volpi.

Bien sûr, de prime abord, les parents peuvent craindre une certaine démagogie. Beaucoup se demandent aussi si leur en­fant, après n’avoir connu en pri­maire qu’une seule «maîtresse», ne se sentira pas perdu devant un tel défilé d’enseignants. Mais les réactions, très vite, virent au po­sitif. « Le système permet de récon­cilier nombre d’élèves avec l’école », constate Jean-François Volpi.

Des résultats obtenus au prix d’un effroyable casse-tête pour les personnes chargées de conce­voir les emplois du temps. « Il faut toujours prévoir aux mêmes horaires trois professeurs d’une même ma­tière », souligne Anne-Marie Abel, qui tous les ans, au mois de juin, passe avec deux de ses collègues huit à dix jours devant un grand tableau à placer et déplacer de pe­tites fiches de couleur. «Une galère infernale ! », reconnaît-elle.

DENIS PEIRON (à Lyon)

mardi, 04 décembre 2007

La loi de Murphy, appliquée à la communication

"En 1949, un capitaine de l'US Air Force, Murphy Edward A. Jr, fit une découverte capitale, bientôt appelée « loi de Murphy ». Il supervisait une expérience pour évaluer les effets de l'accélération sur les pilotes. Ces derniers devaient s'ajuster seize appareils de mesure sur le corps ; or, ces instruments, simples à utiliser, ne pouvaient s'accrocher sur la combinaison que de deux façons possibles : à l'endroit ou à l'envers... En constatant que l'un des pilotes s'était systématiquement trompé en les adaptant, notre capitaine conclut : « S'il y a plusieurs façons de faire quelque chose, et que l'une d'elles peut aboutir à une catastrophe, alors quelqu'un la choisira... »

Cette « loi de l'enchaînement maximal des impondérables et problèmes de toutes sortes » (1), lourde de pessimisme, s'exprime par la formule mathématique, connue dans un tout autre domaine, e = m.c2, dans laquelle l'embrouille (e) est précisément proportionnelle au carré (f) de l'accumulation, ou masse (m), des problèmes de communication posés par une personne à une autre, amplifiés en cascade (c). Cette formule simplifiée permet d'expliquer les déformations considérables qu'une journée ordinaire d'un individu normal peut avoir dans l'espace et dans le temps.

Pour comprendre les conséquences pratiques de cette formule sur l'enchaînement des problèmes de communication, il faut savoir que c est toujours au moins égal ou supérieur à 2 : ce sont deux personnes qui créent le problème. Supposons que ces deux personnes aient en commun un seul problème m : dans ce cas, e = 1 x 22 = 4. Si elles ont deux problèmes à régler — généralement le second suit de près le premier si un des protagonistes ne maîtrise pas ou mal son affectivité —, e atteint la valeur 8.

Le lecteur peut vérifier, calculette en mains, ce qui se passe quand trois personnes sont concernées par deux ou trois problèmes et se retrouvent ensemble pour les régler. La formule donne ainsi les valeurs suivantes :
- pour 3 personnes et 3 problèmes, 27 ;
- si les mêmes ont 4 différends, 36 ;
- pour 4 personnes partageant 4 problèmes, 72.

Chaque unité supplémentaire, de m ou de c, multipplie l'embrouille par 2. Très vite, la loi de Murphy atteint des valeurs astronomiques, la déperdition d'énergie eds protagonistes devient colossale et l'entropie progresse vers les abysses, dégradant ainsi au passage les relations dans une mesure équivalente.

Cette loi explique ainsi la difficulté de résoudre les problèmes de communication par un coup de baguette magique, tellement les embrouilles se déchaînent dans une accélération continue inextinguible. La formule explique ainsi pourquoi il est strictement impossible de résoudre des conflits, des dissentions, des oppositions ou des différends lorsd'une réunion d'une dizaine de personnes. Le lecteur comprendra donc la nécessité d'aborder les personnes une par une et de traiter un seul problème à la fois, en ayant pris soin de débrancher son affectivité.
Celleci correspond à un coefficient (k), qui complique encore la formule e=k(m.c²) et complexifie bougrement des problèmes de communication proprement kafkaïens."

(1) Et non, comme je le pensais stupidement, pour "LEM",  "Loi de l'Emmerdement Maximal".

Voici un diaporama de présentation des Lois essentielles dérivées de la LEM (le Principe de Ruby, la Loi de Gumperson, et autres principes méconnus en tant que tels mais néanmoins certifiés au quotidien. Ma préférence va à la Loi de Young) : LEM_Principes.pps

[Source : Alain Labruffe, Pour en finir avec les problèmes de communication]

jeudi, 08 novembre 2007

0,53 €, pour rembourser d'avance le timbre

[La Croix - 08/11/07]

J’espère ne pas choquer nos lecteurs en disant, sur la pointe des pieds, qu’on en a parfois assez d’être submergés de courriers comminatoires, venant d’associations charitables nous suppliant d’aider, de parrainer, de financer telle ou telle ac­tion, en usant de moyens qui s’apparentent souvent à un véritable chantage (si vous ne donnez pas, cet enfant va mourir !). Un lecteur, qui assure en recevoir en moyenne un par jour (et par ailleurs donateur régulier pour certaines causes préci­ses), excédé par les envois à répétition d’une de ces associations particulièrement insistantes, a fini par envoyer un chèque de 0,53 €, en rembour­sement des frais d’affranchissement. Une façon de faire comprendre que ça commençait à bien faire. Vous savez ce qu’il vient de recevoir ? Un reçu fiscal de 0,53 €, « ouvrant droit à une réduc­tion de 75 % du montant de vos donsdirectement de vos impôts ». À la question « à quoi sont employés ces dons ? », voilà en tout cas une réponse précise : ces 53 centimes ont servi à envoyer un nouveau courrier à 0,53 €.

Alain Rémond

mercredi, 07 novembre 2007

Intersépulture s'occupe de tout

[source : http://consottisier.blogs.liberation.fr/]

Opération bonne conscience ? Mercantilisme sur le dos des défunts ? Mariage du Net et du qu'en-dira-t-on ? Véritable service rendu aux vivants ? Je suis partagée, à vous de juger.

Depuis le 15 octobre, le site Intersepulture est opérationnel. Il s'agit du premier réseau national d'entretien des tombes à distance (accessible aussi par le numéro Azur 0 810 000 120, prix d'un appel local).

Quelques clics, quelques sous, et voilà la tombe de Mamie nettoyée et fleurie, à 500 km de votre domicile.
Que ce soit à la Toussaint, à la date anniversaire du décès ou pendant toute l'année, Intersepulture «se charge de tout, y explique-t-on, pour que les familles puissent penser à leurs défunts en toute tranquillité». Certains, comme moi d'emblée, auront traduit par « …puissent OUBLIER leurs défunts en toute tranquillité».

Entretenir une tombe… Un devoir ? Une convenance ? Une corvée ? Un rituel ? Une attention ? De l'hommage aux morts à la crainte des cancans, les approches vis-à-vis des défunts sont des plus variées. Question d'âge, de culture, de foi ou d'origine, rurale ou urbaine…

Quoi qu'il en soit, à la manière d'Interflora, la société Intersepulture s'appuie sur un réseau de fleuristes et marbriers partenaires. Ils sont, à ce jour, environ 200 affiliés dans toute la France et démarchés par Laurent Yon, 45 ans, un des deux associés de l'entreprise : «L'objectif est d'en avoir 500 d'ici à la fin de l'année, puis 1000 pour un bon maillage du territoire.»

Fils d'une fleuriste installée près d'un cimetière, il a constaté, dans ses jeunes années, l'embarras des familles et l'abandon des tombes. «Il y a une évolution des mentalités aujourd'hui avec un retour aux racines et aux valeurs de la famille», estime-t-il. Ce qui pourrait faire prospérer son affaire. Les services d'Intersepulture sont «destinés à ceux qui sont éloignés ou qui ne peuvent pas se déplacer», précise-t-il.

Plusieurs types de contrat sont proposés avec des tarifs croissants:
- à partir de 55 euros pour un fleurissement ponctuel. Et ça ne sera pas forcément les sacrés chrysanthèmes («ça tient mal», explique M. Yon, horticulteur de formation), plutôt des aucubas ou de la myrte.
- jusqu'à 335 euros pour une prestation étalée sur l'année, comportant trois plantations et les arrosages subséquents ainsi qu'un nettoyage au Kärcher (oui, oui).
Si nécessaire, et sur devis, Intersepulture se chargera de la redorure des inscriptions ou de la réfection de l'étanchéité, pour que Mamie ne prenne pas l'eau.

Pour les saints Thomas (je veux voir pour croire), une photo de la tombe, une fois la prestation effectuée, est disponible sur le site.

Quant à ceux qui voudraient souscrire à Intersepulture pour demain jeudi, jour des Morts, oubliez, faut se réveiller quand même un peu à l'avance…

Alors, vous en pensez quoi ?
Pour ma part, je pense de plus en plus à me faire incinérer…

• Marie-Dominique Arrighi •

mardi, 23 octobre 2007

Prénoms de dingues

[source : Linternaute]

Des prénoms bien nets
Saviez-vous que ce mois-ci, un petit Yahoo a vu le jour au Mexique ? Plus court mais efficace, un couple de Chinois a tenté de donner le nom de "@" à leur bébé. "Le monde entier l'utilise pour écrire des e-mails et en chinois il signifie je t'aime", a spécifié le père. On ignore encore si l'Etat-civil a validé le prénom, mais l'initiative est définitivement originale.
Enfin, le 12 septembre, Google a vu le jour en Suède, d'un papa Libanais et d'une maman Suédoise et il se porte bien. Explication : le papa "adore les services Google", tout simplement.

Le prénom de marque, pour des enfants à valeur ajoutée
En France, le prénom Chanel est donné chaque année à une centaine de bébés. Que dire de la naissance en Belgique d'un petit Rolex et d'une Prada ? Aux Etats-Unis, bienvenue aux Timberland, Porsche et autres Canon, Bentley ou Jaguar pour les garçons. Côté filles, les Nivéa, L'Oréal, Fanta, Pepsi ou Ikea ont également fait leur apparition. Le must ? Le prénom Armani, donné autant aux garçons qu'aux filles.
Attention à ne pas confondre avec les marques inspirées de prénoms comme Sephora et Zara (prénoms arabes), Mégane ou Mercedes.

Le prénom qui fait rire les parents... mais pas forcément les enfants
Les jeux de mots ont de beaux jours devant eux, et les jumeaux inspirent particulièrement les parents créatifs. Ainsi, ce couple de marins Bretons qui a appelé ses bébés Babord et Tribord. Autres jumeaux, les petits Starsky et Hutch, Soupline et Cajoline, et Côme et Pacôme, les derniers-nés de la famille Toulemonde.
Nous avons tous entendu parler de la petite Mégane Renault qui avait défrayé la chronique il y a quelques années. Et que penser d'Andy Capet, ou du jeune Périphérique, nommé ainsi car sa mère avait perdu les eaux dans la voiture ? Enfin, en France, ont sait qu'Assedic a été refusé par l'Etat-Civil. Heureusement ?

Le prénom qui exprime une qualité
On connaissait déjà Grâce, Clément, Angélique et Modeste. Mais attendez-vous à l'arrivée d'une multitude de nouveaux prénoms, inspirés de toutes les qualités dont peut se prévaloir un être humain. En vrac, on notera Gentille, Goodness, Lagrace, Naturelle, Splendeur (rien que ça !), Vitaline, Patience et Divine chez les filles. Pour les garçons, ne vous méfiez pas des Charmant, Bienfait, Happy, Chérubin et Audace. Des prénoms qui montrent la voie de la sagesse ?

Les prénoms de dessins animés
La majorité des prénoms de dessins animés sont, à la base, des prénoms classiques, qui se sont faits "cartooniser". Si Casimir est un nom polonais, Zébulon est un personnage biblique, et pas seulement le petit moustachu du "Manège Enchanté" (souvenez-vous... "tournicoti... tournicotons" !). Zelda est un nom arabe, et Candy est la contraction de Candide ou Candice. Quant à Goldorak, Fantomas et Pikachu, euh... pas d'explication.

Le prénom géographique
Si le prénom de ville le plus connu est évidemment Paris (Hilton), ne croyez pas qu'il n'en existe pas d'autres. Tenez, le petit Brooklyn Beckham par exemple. Et que pensez-vous de Louisiane, Cheyenne, Sydney, Madrid et Nancy ? A souligner en Asie, la naissance de Cuba, Viêtnam, Malaisie, ou Manille prénoms choisis pour leur connotation révolutionnaire et anti-impérialiste.
Enfin, en Belgique sont nées des petites filles répondant aux prénoms d'Afghana et d'Orly. Et bon courage aux parents de la petite Etna, qui aura, on l'imagine, un caractère... explosif.

Le prénom n'importe quoi
Parmi les prénoms sortis de nulle part, on recense en Belgique des Dieu, Babyface-Ralph ("Ralph tête de bébé"), Chao, Napoléon-Flavien, War (Guerre), Latino, Qui-Angelo, Sado-Michel et Ufuk chez les garçons. Du côté des filles, carnet rose pour les petites Acte, Anjou, Belgine, Pieternel, Chukwunonyelum, Urbanie et Shock. A noter, en France, une attirance pour les noms composés tels que Ivette-Sage, Inti-Jésus, Yasmine-Bambi, ou plus simple, Chenille, Fauve, Caresse, Xénophon et Gaufrette. Pour finir en beauté, apprenez que l'Etat-civil a refusé une Spatule et une Fourchette !

Le prénom "fan de"
Si la Coupe du Monde de 98 a relancé les prénoms Zinédine, Youri et Aimé, certains parents ont carrément nommés leurs fils Zidane ou Zizou (nous avons entendu parler d'un Zinédine-Zizou, mais ce n'est pas confirmé). Depuis 2003, on peut noter une recrudescence des petites Beyoncé, Shakira, Lorie, Aaliyah, Zazie et Britney.
Le phénomène n'est pas récent, puisqu'il y a toujours eu des Dalida, Marilyn, Johnny, Brigitte et autres Claude-François directement inspirés des idoles de l'époque. Et souvenez-vous, dans les années 80, de l’apparition d’une multitude de Sue-Ellen et de Pamela et de l'augmentation soudaine de bébés Brandon, Kelly et Dylan en 1995.

Le prénom mythologique
Pénélope, Diane, Ariane et Daphné sont des prénoms de l'époque gréco-romaine qui n'en n'ont pas l'air.
Mais quand on s'appelle Perceval, Athéna, Ulysse, Pan, Antigone, Médée, Philémon ou Thésée, ça donne quand même une certaine dimension au personnage. Qui a dit qu'il fallait assurer ? Le prénom végétal, pour les bébés bio
On connaissait Jasmine, Hortense, Capucine, Lila, Amandine... Que des prénoms féminins, puisque les fleurs et les fruits symbolisent principalement la fertilité féminine. Mais voilà que de nouveaux concurrents arrivent pour les garçons ! Ainsi pouvons-nous souligner la naissance des jeunes Pamplemousse, Origan, Ambroise, Pralin et Nectar. Ca ne vous donne pas faim à vous ?

[pauvres gosses...]

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