vendredi, 06 juin 2008
Lectio Divina
«Chaque croyant est appelé à devenir un serviteur de la Parole», a rappelé Enzo Bianchi lors du congrès Ecclesia 2007 tenu à Lourdes en octobre dernier. « Cette écoute trouve son moment privilégié dans la Lectio divina », avait ajouté le prieur de la communauté de Bose (Italie).
Mais qu’est ce que la lectio divina ? Littéralement, il s’agit d’une « lecture divine ». Ni profane, ni même pieuse ou édifiante. «Divine», en ce sens que Dieu y prend la parole directement tandis que le lecteur, lui, écoute de son mieux cette Parole qui vient frapper « l’oreille de son cœur » et qui, comme le dit le prophète Isaïe, ne quitte pas la bouche de Dieu pour s’en revenir vers lui sans résultat (Is 55, 10-11).
Plus concrètement, la lectio divina est une façon de lire la Bible qui est en réalité une écoute de la Parole de Dieu s’adressant à la femme et à l’homme d’aujourd’hui et l’invitant à entrer en dialogue avec lui. Une lecture spirituelle exigeante, qui permet à la Parole envoyée par Dieu d’accomplir son chemin jusqu’à fructifier dans le cœur de l’homme.
Solitude et silence
Dès lors, l’itinéraire élaboré par la tradition chrétienne est bien balisé. Il comporte quatre étapes qui répondent aux noms de ‘lectio’, ‘meditatio’, ‘oratio’, ‘contemplatio’, correspondant aux quatre sens de l’Écriture définis dans le judaïsme puis dans le christianisme : le sens littéral (celui des mots dans leur contexte historique), le sens allégorique (qui souligne les correspondances voulues par Dieu entre les événements de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament), le sens tropologique ou moral (qui implique l’existence du croyant) et le sens anagogique, expérience intérieure qui met en harmonie avec la Parole de Dieu.
- Tout commence donc par la ‘lectio’ – la lecture –, qui vise à une compréhension objective et correcte du texte. Elle se fait sur un des livres qui constituent la Bible, jour après jour, de manière suivie, pour éviter les grappillages subjectifs et la fausse spontanéité, ou bien sur les textes proposés par la liturgie du jour. Quelques versets, lus lentement, plusieurs fois, et même à voix haute, suffisent. Ils peuvent aussi être recopiés, surtout quand il s’agit d’un texte connu et que la tentation existe d’une lecture superficielle.
Méditation du texte
- Dans la seconde étape, la ‘meditatio’, cette lecture est approfondie par la réflexion et l’étude, jusqu’à ce que le message de l’Écriture émerge et rejoigne le lecteur. Il s’agit alors de « bêcher » le texte et, pour cela, d’utiliser tous les outils utiles (notes en bas de page des bibles, commentaires des Pères de l’Église, études exégétiques…) afin de tenir compte du contexte dans lequel le texte fut écrit, d’en faire émerger la pointe théologique sans risquer de lui faire dire ce qu’il ne veut pas dire, et de discerner ce qu’il veut dire pour aujourd’hui. La ‘meditatio’ devient ainsi le lieu où l’Écriture se fait Parole parlant au lecteur, où celui-ci peut lire et juger sa vie personnelle devant Dieu.
- De cette méditation du texte – qui parfois résiste à la compréhension – peut naître l’'oratio’ – la prière –, c’est-à-dire, selon les mots de Dom André Louf, « la parole que j’adresse à mon tour au Seigneur devant lequel je me tiens ». Encore faut-il fermer les commentaires, mettre alors de côté dictionnaires et concordances, ne plus se poser ni question ni problème, pour demeurer dans un certain vide – un désert aride parfois –, mettant toute sa confiance et son espoir dans la puissance de la Parole de Dieu, capable de transformer celui qui l’écoute.
Les Pères de l’Église avaient un vocabulaire pittoresque pour dire comment, dans le silence, ils «ruminaient », «mastiquaient», « berçaient » la Parole, pour se laisser « blesser » par elle, la laisser cheminer, en saisir peu à peu et toujours mieux le sens profond dans le plus concret de leur vie. Grâce à l’Écriture, la prière n’est plus, en effet, monologue ou introspection. Elle devient dialogue avec Dieu, réponse aux invitations qu’il adresse à travers la Parole.
Un regard peu à peu conforme à celui de Dieu
Si ce chemin quotidien d’écoute de la Parole de Dieu à travers la lecture des Écritures est austère, il n’est pas décourageant, affirment ceux qui l’empruntent, « car la Parole de Dieu fait son chemin en nous » et que nous avons « le devoir d’être des serviteurs de la Parole ». «La lectio rend apostolique, ajoute un moine. Elle donne le goût de la liturgie, en approfondit les sens.»
Les obstacles à sa pratique sont pourtant bien réels. Enzo Bianchi, avec d’autres, en identifie huit.
- D’abord, la priorité accordée aux activités pastorales par souci d’efficacité.
- Ensuite, l’ignorance croissante des fidèles – certains parlent d’analphabétisme de la foi –, qui rend difficile l’accès à la maturité d’une approche de l’Écriture dans la foi, dans une relation personnelle avec Dieu.
- Et puis, la difficulté, simplement, de lire, et de prendre le temps de rentrer dans une lecture qui implique toute la personne, seul moyen, selon le philosophe Paul Ricœur, de « se comprendre » devant le texte, de ne pas « imposer au texte sa propre capacité finie de comprendre », mais de « s’exposer au texte et recevoir de lui un soi plus vaste ».
"Un véritable itinéraire spirituel"
- La Bible elle-même ajoute à ces obstacles, en raison des références à des situations, des événements, des pays, des peuples, des us et des coutumes foncièrement étrangers au monde du lecteur d’ici et d’aujourd’hui, qui doit fournir un véritable effort pour saisir la radicalité humaine présente dans le langage des Écritures.
- Pourtant, la plus grande difficulté semble être de croire que la Parole de Dieu contenue dans les Écritures est actuelle, contemporaine, adressée à qui l’écoute. C’est une des raisons pour lesquelles, en 2006, Benoît XVI avait choisi pour thème des 21es JMJ un verset du psaume 118 : « Une lampe sur mes pas, ta Parole, une lumière sur ma route » (Ps 118, 105). Dans son message aux jeunes, il affirmait : « Un moyen assuré pour approfondir et goûter la parole de Dieu est la lectio divina, qui constitue un véritable itinéraire spirituel (…). La lecture, l’étude et la méditation de la Parole doivent déboucher sur l’adhésion d’une vie conforme au Christ et à ses enseignements. »
Martine DE SAUTO
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lundi, 07 janvier 2008
Les copies de l'Ancien Testament
L'Ancien Testament a connu des centaines de copies, et plus encore ! Les copistes hébreux ont toujours été très scrupuleux à l'égard de leur mission. les règles, les contrôles, les exigences, les recoupements pour vérifier étaient tels que cela ressemblait à de la folie. Mais c'est à ce prix que le texte est resté exempt d'erreurs importantes. Certes, la perfection n'existe pas et des erreurs ont été répertoriées et comptabilisées.
Un savant, autant critique que tatillon, a référencé 581 manuscrits différents de l'Ancien Testament. Il a comptabilisé quelque 280 millions de lettres sur l'ensemble des manuscrits pour déceler 1 variante sur 1580 lettres. Ce qui, statistiquement, représente trois fautes par manuscrit !
Comment les copistes sont-ils arrivés à un tel résultat proche du miracle ? Il suffit, pour comprendre, de voir comment les scribes et les copistes s'y prenaient pour accomplir leur travail. Ils y consacraient un soin tout à fait rituel. Jugez plutôt :
- Le copiste devait se laver, premièrement, dans un bain spécial avant d'écrire le texte. Il visait la pureté.
- Ensuite, il devait changer de plume pour en prendre une particulière lorsqu'il devait écrire le nom de Dieu, après s'être à nouveau lavé les mains.
- A la fin de son travail, il faisait le compte de chacune des lettres pour vérifier. Ainsi, il savait que dans l'Ancien Testament, il y avait 42 377 fois la lettre Aleph, 38 218 fois la lettre Beth... Et ainsi de suite pour chaque lettre.
- Si jamais il manquait une lettre, le manuscrit était jugé incorrect et détruit, sans état d'âme. Des jours, des semaines et des mois de travail au feu ! C'est plus que de la conscience professionnelle !
Quand, en recopiant, le copiste remarquait sur le modèle un mot douteux, il ne se permettait pas de le corriger ; tout au plus recopiait-il à l'identique en ajoutant une remarque dans la marge. Car l'erreur soupçonnée n'en était peut-être pas une ! Il ne fallait pas courir le risque d'égratiner le texte sacré.
On peut dire, sans se tromper, qu'aucun texte ancien n'a été aussi scrupuleusement respecté et conservé. Ni recopié avec autant de rigueur maladive.
Eric Denimal
La Bible pour les nuls, Ed. First, pp.32-33
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dimanche, 02 décembre 2007
Texte apocalyptique : une Bonne Nouvelle ?
[de Marie-Noëlle Thabut, cef.fr, commentaire de Mt 24, 37-44]
- Une chose est sûre, ce texte n’a pas été écrit pour nous faire peur, mais pour nous éclairer : on dit de ce genre d’écrits qu’ils sont « apocalyptiques » : ce qui veut dire littéralement qu’ils « lèvent un coin du voile », ils dévoilent la réalité. Et la réalité, la seule qui compte, c’est la venue du Christ : vous avez sûrement remarqué le vocabulaire : venir, venue, avènement, toujours à propos de Jésus ; « Jésus parlait à ses disciples de sa venue... L’avènement du Fils de l’Homme ressemblera à ca qui s’est passé à l’époque de Noé... Tel sera l’avènement du Fils de l’Homme... Vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra... C’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’Homme viendra ». Ce qui veut bien dire que le centre de ce passage, c’est l’annonce que Jésus-Christ « viendra ».
- Chose curieuse, c’est au futur que Jésus parle de sa venue... « Le Fils de l’Homme viendra » ... on comprendrait mieux qu’il parle au passé ! S’il parle, c’est qu’il est déjà là, il est déjà venu... Le mot « venue », ici, n’est donc pas synonyme de naissance ; la suite du texte nous en dira plus.
- Pour l’instant, je voudrais m’arrêter sur ce qui, d’habitude, nous dérange dans cet évangile ; c’est la comparaison avec le déluge, au temps de Noé et la mise en garde qui va avec : « Deux hommes seront aux champs, l’un est pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin : l’une est prise, l’autre laissée ». Comment faire pour entendre là un évangile, au vrai sens du terme, c’est-à-dire une Bonne Nouvelle ?
- Comme toujours, il faut faire un acte de foi préalable : ou bien nous lisons ces lignes à la manière du serpent de la Genèse, c’est-à-dire avec soupçon... ou bien nous choisissons la confiance : quand Jésus nous dit quelque chose, c’est toujours pour nous révéler le dessein bienveillant de Dieu, ce ne peut pas être pour nous effrayer.
- En fait, c’est un conseil que Jésus nous donne ; il prend l’exemple de Noé : à l’époque de Noé, personne ne s’est douté de rien ; et ce qu’il faut retenir, c’est que Noé qui a été trouvé juste a été sauvé ; tout ce qui sera trouvé juste sera sauvé.
- Et là, on retrouve un thème habituel, celui du jugement (du tri si vous préférez), entre les bons et les mauvais, entre le bon grain et l’ivraie : « Deux hommes seront aux champs, l’un est pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin : l’une est prise, l’autre laissée »... Cela revient à dire que l’un était bon et l’autre mauvais. Evidemment, parler des bons et des mauvais comme de deux catégories distinctes de l’humanité, c’est une manière de parler : du bon et du mauvais, du bon grain et de l’ivraie, il y en a en chacun de nous : c’est donc au coeur de chacun de nous que le bon sera préservé et le mal extirpé.
Il nous revient de veiller, comme dit Jésus, c’est-à-dire de nous trouver prêts pour le jour où « le Fils de l’Homme viendra ».
- Je remarque autre chose, c’est que Jésus s’attribue le titre de Fils de l’Homme : trois fois dans ces quelques lignes. C’est une expression que ses interlocuteurs connaissaient bien, mais Jésus est le seul à l’employer, et il le fait souvent : 30 fois dans l’évangile de Matthieu. Si vous vous souvenez, c’est le prophète Daniel, au deuxième siècle avant Jésus-Christ, qui disait : « Je regardais dans les visions de la nuit, et voici qu’avec les nuées du ciel, venait comme un fils d’homme ; il arriva jusqu’au Vieillard, et on le fit approcher en sa présence. Et il lui fut donné souveraineté, gloire et royauté : les gens de tous peuples, nations et langues le servaient ; sa souveraineté est une souveraineté éternelle qui ne passera pas, et sa royauté une royauté qui ne sera pas détruite. » (Daniel 7, 13-14). En hébreu, l’expression « fils d’homme » veut dire tout simplement « homme » : cet être dont le prophète Daniel parle est donc bien un homme, et en même temps il vient sur les nuées du ciel, ce qui en langage biblique, signifie qu’il appartient au monde de Dieu, et enfin il est consacré roi de l’univers et pour toujours.
- Mais ce qui est le plus curieux dans le récit de Daniel, c’est que l’expression « Fils d’homme » a un sens collectif, elle représente ce que Daniel appelle « le peuple des Saints du Très-Haut » c’est-à-dire que le fils de l’homme est un être collectif ; il dit par exemple, « La royauté, la souveraineté et la grandeur de tous les royaumes qu’il y a sous tous les cieux ont été données au peuple des Saints du Très-Haut : sa royauté est une royauté éternelle ... » (Dn 7, 27) ou encore : « Les Saints du Très-Haut recevront la royauté et ils possèderont la royauté pour toujours et à jamais » (7, 18).
- Quand Jésus parle de lui en disant « le Fils de l’Homme », il ne parle donc pas de lui tout seul. il annonce son rôle de Sauveur, de porteur du destin de toute l’humanité. Saint Paul exprime autrement ce même mystère quand il dit que le Christ est la tête d’un Corps dont nous sommes les membres.
- Saint Augustin, lui, parle du Christ total, Tête et Corps, et il dit « notre Tête est déjà dans les cieux, les membres sont encore sur la terre ».
- Si bien que, en fait, quand nous disons « Nous attendons le bonheur que tu promets qui est l’avènement de Jésus-Christ notre Seigneur »... c’est du Christ total que nous parlons. Et alors nous comprenons que Jésus puisse parler de sa venue au futur : l’homme Jésus est déjà venu mais le Christ total (au sens de Saint Augustin) est en train de naître. Et là, je relis encore Saint Paul :
« La création tout entière gémit dans les douleurs d’un enfantement qui dure encore » ou bien le Père Teilhard de Chardin : « Dès l’origine des Choses un Avent de recueillement et de labeur a commencé... Et depuis que Jésus est né, qu’Il a fini de grandir, qu’Il est mort, tout a continué de se mouvoir, parce que le Christ n’a pas achevé de se former. Il n’a pas ramené à Lui les derniers plis de la Robe de chair et d’amour que lui forment ses fidèles ... »
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samedi, 30 juin 2007
Elie et Elisée
Les deux prophètes Elie et Elisée, qui se succèdent au neuvième siècle, se font donc les champions de la fidélité au Dieu unique et ils consacrent leur vie et toutes leurs énergies (et Dieu sait qu’ils n’en manquent pas !) à ramener le peuple au seul vrai Dieu. Ce dimanche, nous lisons le récit de la vocation d’Elisée : « Le Seigneur avait dit au prophète Elie : Tu consacreras Elisée, fils de Shafate, comme prophète pour te succéder ». L’intention du texte est claire : il s’agit d’affirmer que c’est Dieu lui-même qui a choisi Elisée, et Elie ne fait que lui transmettre l’appel de Dieu. Il s’agit de bien montrer que, par choix de Dieu, Elisée est le digne successeur d’Elie, son fils spirituel.
Elisée était en train de labourer : première remarque, c’est au sein de sa vie quotidienne que l’appel retentit. Jusqu’ici, il était agriculteur ; quand on fait la liste des personnages bibliques, on constate qu’ils sont recrutés dans des milieux et des métiers très divers. Et que l’appel de Dieu retentit quand on ne s’y attend pas, au milieu des occupations quotidiennes. Moïse, David et Amos gardaient leurs moutons, Gédéon battait le blé, Samuel dormait en pleine nuit, Saül rentrait des champs derrière ses boeufs ; même chose pour les appelés du Nouveau Testament : Matthieu était à sa table de douane, et les premiers disciples étaient à la pêche.
Le texte continue : « Il avait à labourer douze arpents, et il en était au douzième » : toujours, dans la Bible, ce chiffre douze est signe de plénitude, d’accomplissement parfait ; Elisée en est au douzième arpent : il a donc fini sa tâche ; son ancienne mission, son ancienne vie est terminée ; une nouvelle vie commence.
« Elie passa près de lui et lui jeta son manteau » : il faut croire que ce geste était très parlant puisqu’Elisée a tout de suite compris ce qu’Elie voulait dire ; en jetant son manteau sur les épaules d’Elisée, Elie l’invitait à participer à sa mission. Alors Elisée quitte ses boeufs et court derrière Elie pour lui dire : « laisse-moi seulement le temps de faire mes adieux chez moi et je te suivrai ». Il a donc très bien compris l’appel mais il prend le temps d’accomplir ce qu’il considère comme son devoir : embrasser son père et sa mère, manger une dernière fois avec eux.
Elie répond : « Va-t’en, retourne là-bas ! Je n’ai rien fait ». Cette phrase d’Elie nous surprend peut-être et certains y voient un geste d’humeur. En fait Elie n’a pas repris son manteau. On sait bien que les dons de Dieu sont sans repentance. Elie rappelle seulement à Elisée qu’il est libre ; en même temps il veut lui faire comprendre que cette vocation, s’il l’accepte, implique un choix radical, une rupture : il lui faut se tourner résolument vers l’avenir, tout quitter.
Là encore, le texte est étonnant de sobriété : quelques mots seulement, des gestes qui parlent, et visiblement les deux interlocuteurs se sont parfaitement compris ! C’est en toute liberté qu’Elisée retourne faire ses adieux ; et son geste est très significatif : il tue les deux bœufs de son attelage, brûle l’attelage lui-même pour faire cuire les bœufs et fait un repas d’adieu pour toute la maison. Geste définitif : désormais, plus rien ne le retient, il ne possède plus rien, il est totalement libre pour se mettre au service d’Elie pour la mission que Dieu voudra. C’est bien une rupture définitive, radicale avec son ancienne vie. La mission à laquelle il est appelé exige cette radicalité ; mais sans violence pour sa famille et ses proches ; il prend le temps de leur dire adieu.
Plus tard, quand Elie sera enlevé au ciel, Elisée ramassera son manteau. Il sera alors « habillé » en quelque sorte de la mission d’Elie : Saint Paul a repris exactement cette symbolique du vêtement pour parler du Baptême et nous faire comprendre que nous participons à notre tour à la mission du Christ : « Vous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ ».
Marie-Noëlle Thabut (source www.cef.fr, commentaire des textes du 1er juillet 2007, 13e dim. ordinaire)
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