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vendredi, 30 mai 2008
Internet, un nouveau continent à évangéliser
Récemment divorcé, Laurent, la quarantaine, a posté un message sur un site catholique de spiritualité. Comme une bouteille jetée à la mer. Arrivé à un carrefour de sa vie, il se dit « déçu », parle de sa « quête spirituelle assez large ». « J’ai certainement besoin de guide », confie-t-il. Un peu plus loin sur la Toile, Marie-Noëlle se connecte à la webcam de San Giovanni Rotondo, pour prier en direct avec les capucins de ce sanctuaire italien où vécut et mourut le saint Padre Pio. Sur le blog de la pastorale des jeunes du diocèse de Versailles, le P. Matthieu Williamson répond, lui, aux questions posées par des ados sur Dieu ou la vie affective.
D’un bout à l’autre de la Toile, des internautes, croyants ou non, déposent dans l’univers virtuel questions existentielles et interrogations spirituelles. Ainsi, en 2007, aux États-Unis, la question la plus tapée dans le moteur de recherche Google était : « Qui est Dieu ? » Une soif spirituelle dont l’Église catholique prend de plus en plus conscience : en Italie, un cardinal encourageait récemment les religieuses à débattre sur les forums, tandis que le jésuite Antonio Spadaro exhortait les catholiques à devenir missionnaires virtuels sur « Second Life ».
« Les groupes ecclésiaux qui n’ont pas encore pris de mesures pour entrer dans l’espace cybernétique sont encouragés à étudier l’éventualité de le faire au plus tôt, insistait déjà le Vatican en 2002 dans le document Église et Internet du Conseil pontifical pour les moyens de communication sociale. Rester timidement en arrière par peur de la technologie ou pour d’autres raisons n’est pas acceptable, étant donné les innombrables possibilités positives qu’offre Internet. »
Des sites destinés à répondre à la soif spirituelle des internautes
Pourtant, lorsqu’on tape « Dieu » dans Google, il faut attendre la deuxième page pour voir apparaître le premier site catholique. Si Internet est un territoire à part entière, comme s’accordent à le décrire les spécialistes de la blogosphère, il ne suffit pas pour autant d’y planter une croix pour évangéliser. Accrocher l’internaute demande de bien connaître les ressorts du Web pour retenir l’attention. Or, les sites catholiques ont plutôt tendance à fonctionner en réseaux plus ou moins clos.
Ce sont finalement les sites des diocèses qui font office de portes sur ce monde. « À l’inverse des sites des conférences épiscopales, qui sont de plus en plus dans une démarche informative, les sites diocésains ont une approche davantage pastorale. Ils sont le reflet de la vie locale avec qui ils établissent de nombreuses passerelles, par exemple dans le domaine du tourisme », explique Sœur Catherine Sesboüé, religieuse de l’Assomption, chef de rubrique à croire.com et pionnière de l’Internet catholique en France.
Le Web 2.0, une chance pour l'Eglise
Le Web 2.0, qui met en avant l’oralité et l’interactivité, est de ce point de vue une chance pour une Église qui, depuis deux mille ans, transmet son message dans la rencontre et l’expérience personnelles. C’est grâce à la diffusion de courriels et aux forums de discussion que les « cercles de silence », une initiative de protestation contre les centres de rétention des étrangers en situation irrégulière lancée en octobre par des franciscains de Toulouse, ont essaimé dans plusieurs villes.
De la même manière, au moment du Da Vinci Code, une équipe de jeunes laïcs a lancé le site Da Vinci Codex pour répondre aux questions suscitées par le livre et le film. De mai à décembre 2006, 150 000 internautes, dont beaucoup de non-croyants, y ont consulté les questions-réponses sur Marie Madeleine ou Jésus. « Les laïcs ont beaucoup de liberté sur Internet, mais ils s’en servent encore peu pour évangéliser », déplore Mathilde Henry, chef du projet Da Vinci Codex et dirigeante de l’agence Bonne Nouvelle, spécialisée dans la conception de sites Internet d’évangélisation.
Internet fait tomber un certain nombre d’idées reçues
« Une fois, j’ai reçu une lettre d’injures incroyable. Je lui ai souhaité malgré tout un “Joyeux Noël” et l’ai encouragé à s’adresser à ce Dieu qui le faisait “ch…”. » Deux jours plus tard, le P. Bériault reçoit des excuses et entame une correspondance avec un couple en souffrance qui avait « l’impression que Dieu les avait toujours lâchés ». « Internet est comme une cathédrale, résume-t-il. On y trouve des visiteurs juste là en touristes, des gens en recherche, d’autres qui songent au suicide, des graffitis injurieux… » Un lieu public dont l’anonymat propre au Web offre à chacun la liberté d’évoquer des questions très personnelles.
« Pour moi, c’est plutôt un outil de “pré-évangélisation”, estime Sœur Catherine Sesboüé. Internet permet de faire tomber un certain nombre d’idées reçues ou de colères contre l’Église. » « C’est une porte ouverte vers l’Église, renchérit Mathilde Henry. Il s’agit de lui donner un visage accueillant, ouvert, chaleureux, qui donne envie d’entrer. » Mais, pour la conceptrice du nouveau site du diocèse de Toulon, Internet ne se suffit pas à lui-même. Il faut encore proposer à l’internaute un groupe qui sache l’accueillir : « L’évangélisation est communautaire et doit renvoyer vers le terrain. »
Céline HOYEAU et Nicolas SENEZE
18:46 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eglise, internet, évangélisation, annonce
jeudi, 29 mai 2008
Heureuse perturbation SNCF
[source : TGV magazine - avril 2008]
12:34 Publié dans Insolite | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 28 mai 2008
Mémoire instrumentale
[source : Dominicains, province de France - 07/05/08]
En somme, le quotidien dont je parle découvre l’eau chaude.
En matière politique, il n’y a de mémoire qu’instrumentale. Les héros d’hier ne sont des héros qu’en tant qu’ils illustrent les idéaux d’aujourd’hui. La mémoire politique est myope… Et le monument de cette myopie est le Panthéon de Paris, mémoire fabriquée par et pour la République, la Troisième, qui savait ce qu'elle faisait. Qui croit une célébration nationale gratuite et désintéressée est bien naïf.
J’ajoute que la chose est vraie dans d’autres domaines. Même la mémoire des chrétiens est sélective, bien que plus innocemment. Nous négligeons aujourd’hui l’Église de l’époque classique. A-t-elle démérité ? Pas du tout. Mais nous nous reconnaissons mieux dans l’Église primitive (ou ce que nous pensons être l’Église primitive). Mémoire, miroir, invention de soi : ce n’est pas un mensonge, ce n’est pas une malhonnêteté. Nous ne pouvons pas faire autrement. Les Anciens appelaient cela le mythe, la référence idéalisée à hier pour construire aujourd’hui.
Il suffira de se rappeler que le mythe et la mémoire collective ne sont pas l’histoire. L’histoire, elle, a pour méthode de briser le miroir. C’est une science, tranquille, pauvre, et qui tire son orgueil de n’être pas un instrument. Il est vrai toutefois que la frontière est ténue. Qu’au moins le pont, s’il existe, soit celui de la vérité…
Frère Yves Combeau
11:12 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : frère yves combeau
mardi, 27 mai 2008
Tulipes, crocus
[source : Famille Chrétienne - 26/04/2008 - n°1580]
Là où il est, chacun de nous est appelé à une vraie fécondité. Quel que soit son âge, son métier ou sa situation familiale, chacun a sa place, chacun est important.
C’est le printemps ! Sur la pelouse vert pomme, les crocus et les primevères ont revêtu leurs plus beaux atours pour séduire les escargots. Les oiseaux s’égosillent, les vélos des enfants ont fini leur hibernation et les ballons de foot sont à nouveau éparpillés dans les plates-bandes (et aussi dans celles des voisins). Dans notre jardin, il y a des tulipes. Plantées une à une en novembre, au péril de ma vie. Ça n’a l’air de rien, mais c’est du travail les tulipes. Il faut recommencer chaque année : on enterre, on déterre, à quatre pattes dans les plates-bandes, un vrai pensum pour le dos. Mais c’est si beau, une tulipe ! On les voit de loin, mes tulipes !
Dans notre jardin, il y a aussi des crocus et des muscaris. Ils sont là depuis longtemps et refleurissent fidèlement tous les ans. Je les ai plantés une fois, depuis, ils prospèrent gentiment. J’apprécie de ne pas avoir à ramper tous les ans pour leurs beaux yeux bleus.
J’ai le souvenir cuisant d’une fessée reçue vers 5 ou 6 ans. Pleine d’amour, j’avais moissonné toutes les fleurs du jardin pour les offrir à Maman… qui a poussé des cris d’orfraie. Il faut avouer que les plates-bandes avaient un peu perdu de leur éclat… Le jardin était bien triste : il avait besoin de l’éclat des tulipes et de la délicatesse des crocus.
Autour de nous, il y a des tulipes merveilleuses. Le pape, les saints «officiels», tel curé de paroisse, telle mère de famille qui donne sans compter son temps et sa joie, tel grand-père qui répare les vélos et les chagrins de tous les enfants du quartier. On les voit de loin, ces personnalités rayonnantes qui éclairent notre quotidien.
Mais il y a aussi beaucoup de crocus : tous ceux qui, fidèlement, font leur travail, sans bruit mais avec une efficacité merveilleuse. La qualité de leur présence, la gentillesse de leur sourire, la disponibilité de leur écoute, tout cela est tellement précieux… Ils parlent de Dieu à leur manière, discrète et naturelle. Ça n’a l’air de rien mais sans crocus, le monde serait bien triste.
Tulipes ou crocus, fleurissons là où Dieu nous a plantés. On peut fleurir dans son bureau, dans sa maison de retraite, dans un lit d’hôpital, à l’école. Mais on ne fleurit jamais pour soi : ce sont les autres qui profitent de nos couleurs. «Le jardin du Seigneur […] a toutes sortes de fleurs, disait saint Augustin : non seulement les roses des martyrs, mais aussi les lys des vierges, le lierre des gens mariés, les violettes des veuves. Absolument aucune catégorie de gens, mes bien-aimés, ne doit désespérer de sa vocation : c’est pour tous que le Seigneur a souffert.»
On pourrait avoir envie d’être une tulipe au lieu d’un crocus, ou inversement. On pourrait avoir envie d’être quelqu’un d’autre ou d’être ailleurs : le Seigneur ne nous plante pas toujours là où l’on voudrait. Mais il a besoin de Paul dans telle classe, de Julie dans tel bureau, de Pierre dans telle église, de Jean dans tel service. Chacun donc est irremplaçable, chacun est indispensable parce Dieu l’a voulu ainsi.
Il ne s’agit pas simplement de s’adapter aux événements qui nous conduisent, parce que l’on a plus ou moins le choix (plutôt moins que plus, avouons-le) mais d’avoir, au plus profond de nous-mêmes, le désir d’une fécondité. Féconds, la maladie, le deuil, le handicap ? Oui. S’ils sont vécus unis au Seigneur, ils sont sources jaillissantes de merveilles.
Pensons, par exemple, à Marthe Robin, clouée dans son lit des années durant. Quelle fécondité pour l’Église ! Je sais, je sais, vous allez me dire : mais c’était Marthe Robin, une âme exceptionnelle, une vraie mystique, un cas d’espèce. Oui et… non ! Chacun de nous est capable d’une incroyable fécondité. Chacun est appelé à produire «au centuple».
Car nous sommes, nous aussi, appelés à être des saints. Des saints comme ceux du calendrier, que nous fêterons le 1er novembre. Parmi eux, il y a des jeunes (voire des très jeunes), des vieux, des doux et des forts, des rois et des esclaves. Ils ont porté du fruit là où le Seigneur les avait plantés. Ils se sont entièrement donnés au Christ.
La véritable humilité, c’est de se couler dans notre peau de tulipe ou de crocus, de se voir tels que nous sommes dans la lumière de Dieu. Avec notre péché et nos limites, bien sûr, mais aussi avec nos richesses, nos talents, nos lumières. Mettons tout cela au service du Seigneur et fleurissons gaiement là où Dieu nous a plantés.
Juliette Levivier
11:13 Publié dans Spirituel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : juliette levivier
vendredi, 23 mai 2008
Comment chrétiens et musulmans parlent-ils de Dieu ?
[Commission doctrinale des évêques de France - 23/05/08]
1. Il convient d’emblée de préciser de quel point de vue nous parlons de Dieu. S’il s’agit de Dieu avec lequel la créature humaine est en relation par l’acte de foi, la prière, le désir d’accomplir sa volonté, de lui plaire et même de l’aimer (ce qui est vrai dans le courant mystique de l’islam), en tant qu’entité éternelle, créatrice, bienveillante … christianisme et islam peuvent se reconnaître sans trop de difficulté. De même, une approche métaphysique révèle de nombreuses similitudes.
Mais une convergence aussi apparente, soulignée par le choix des qualificatifs que retient le Concile, ne peut pas laisser dans l’ombre des différences et même des oppositions radicales. La façon dont chrétiens et musulmans parlent de Dieu est très différente.
- L’islam insiste très fortement sur l’unicité de Dieu et ne peut pas accepter la révélation du christianisme portant sur le fait que Dieu est Père, Fils et Esprit. La notion de Trinité n’est pas comprise. Elle est refusée au nom du rejet du polythéisme. Le texte du Coran est généralement compris par la tradition musulmane pour estimer que les chrétiens ont altéré, voire falsifié les Ecritures bibliques pour leur faire affirmer la Trinité (Coran 4,171 ; 5,116).
- Non seulement, il ne peut pas y avoir plusieurs personnes en Dieu, mais encore il ne peut pas y avoir d’incarnation. Celle-ci, pour l’islam, est une atteinte à la transcendance de Dieu. En effet, l’islam estime que Dieu est très proche de l’être humain, mais également d’une nature totalement différente de lui. Les musulmans refusent « d’associer » toute créature à Dieu. Il n’est donc ni possible ni sérieux d’affirmer qu’un être puisse être vrai Dieu et vrai homme (Coran 3,59 ; 5,72 ; 43,59).
Il faut bien dire que l’impression qui émane d’une lecture du Coran par les chrétiens est que son information concernant le christianisme est très pauvre et bien souvent inexacte.
- Le Coran refuse la mort de Jésus sur la croix. En réalité, dit-il, la crucifixion de Jésus fut pour les témoins de la scène une apparence ou une illusion (certains commentateur parleront plus tard d’un sosie qui aurait été crucifié à la place de Jésus, que Dieu a élevé auprès de lui). De ce fait, il n’y a plus de salut qui vienne par le Christ Jésus (Coran 4,157-159). Celui-ci est seulement un grand prophète, né de la Vierge Marie, qui est venu apporter aux hommes l’Évangile, un message provenant réellement de Dieu, mais qui a été déformé par les chrétiens. Jésus est donc un simple homme.
Pour l’islam, Jésus étant prophète, subit normalement des épreuves, mais puisqu’il est vraiment un envoyé de Dieu, il ne peut connaître d’échec final.
- L’islam ignore toute médiation et rejette ce qui lui semble être un obstacle entre Dieu et les hommes alors que pour le christianisme le salut est donné par le Christ, le seul médiateur entre Dieu et les hommes.
- Pour l’islam comme pour le christianisme, Dieu parle aux hommes et il existe des Écritures saintes. Mais les conceptions de la révélation sont très différentes : le Coran est le fruit d’une dictée de Dieu à Mohammed, il est la parole de Dieu telle que Dieu lui-même l’exprime et la prononce. On ira jusqu’à dire que le Coran est éternel et incréé. Mais cette position majoritaire est, aujourd’hui, l’objet de débats parmi les savants et croyants musulmans. Certains, parmi eux, n’hésitent pas à parler d’interprétation du Coran. Pour les chrétiens, c’est Dieu qui a inspiré les auteurs bibliques qui ont rédigé les livres de la Bible en se servant des mots et des formes littéraires de leur temps.
- Pour les musulmans, les affirmations du Coran ont l’autorité de la Parole de Dieu. De ce fait, le dialogue dogmatique est rendu bien difficile sur ces questions essentielles. Sans ignorer ces différences fondamentales, il faut noter que le dialogue est possible sur d’autres domaines de la foi, comme la prière, la vie morale, la création, le sens de l’homme.
2. Il convient d’approfondir cette question en relevant avec soin des points d’appui pour un vrai dialogue. Vatican II a cette phrase : « Le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui professent avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour » (Lumen gentium n° 16).
Notre perception du mystère de Dieu n’est pas la même. Pour les chrétiens, l’incarnation du Fils de Dieu a transformé les choses : « Dieu, personne ne l’a jamais vu, le Fils Unique qui est tourné vers le sein du Père, nous l’a fait connaître » (Jean 1,18).
Le dialogue théologique portant sur Dieu se construit dans un climat dans lequel on se livre personnellement dans son intimité. Il demande de la sympathie entre les interlocuteurs. Mais il exige en même temps une réelle clarté de l’identité de la foi chrétienne. Ce que le Christ nous a fait connaître de Dieu est d’une exceptionnelle richesse : contempler la Trinité et en parler, c’est montrer comment elle est la source de notre vie spirituelle et de notre manière de nous comporter.
Il est bon de renvoyer à l’allocution du Pape Jean-Paul II à Casablanca pour de jeunes musulmans, le 19 août 1985 (voir DC 1985, pp. 942-946). En voici quelques extraits : « Je crois que nous, chrétiens et musulmans, nous devons reconnaître avec joie les valeurs religieuses que nous avons en commun et en rendre grâce à Dieu. Les uns et les autres, nous croyons en un Dieu, le Dieu unique, qui est toute justice et miséricorde ; nous croyons à l’importance de la prière, du jeûne et de l’aumône, de la pénitence et du pardon ; nous croyons que Dieu nous sera un juge miséricordieux à la fin des temps et nous espérons qu’après la résurrection, il sera satisfait de nous et nous savons que nous serons satisfaits de lui. La loyauté exige aussi que nous reconnaissions et respections nos différences. La plus fondamentale est évidemment le regard que nous portons sur la personne et l’œuvre de Jésus de Nazareth. Vous savez que, pour les chrétiens, ce Jésus les fait entrer dans une connaissance intime du mystère de Dieu et dans une communion filiale à ses dons, si bien qu’ils le reconnaissent et le proclament Seigneur et Sauveur. Ce sont là des différences importantes, que nous pouvons accepter avec humilité et respect, dans la tolérance mutuelle ; il y a là un mystère sur lequel Dieu nous éclairera un jour, j’en suis certain » (p. 945).
Enfin, dans son récent voyage apostolique en Turquie, le Pape Benoît XVI a déclaré aux responsables des affaires religieuses du pays : « Le Pape Grégoire VII parlait de la charité spéciale que se doivent réciproquement les chrétiens et les musulmans puisque « nous croyons et nous confessons un seul Dieu, même si nous le faisons de manières diverses, chaque jour le louant et le vénérant comme créateur des siècles et souverain de ce monde » (Patr. Latine, 148, 451 – cf. D.C. 2007 p. 12).
† Pierre-Marie CARRÉ
Président de la Commission doctrinale
19:14 Publié dans Théologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, islam, dialogue, dieu
vendredi, 09 mai 2008
Jésus, demande-moi si je t'aime...
Et vous me le demandez à moi aussi ? Oh ! comme j'aimerais que vous me le demandiez ! Etre sûr que vous me le demandez. Mais je divaue, car, s'il y a une chose certaine, c'est bien tout à la fois que vous voulez mon amour, que vous me demandez mon amour, et me demandez si je vous le donne.
Et Pierre répond, d'un élan. Bravo, Pierre ! Mais Jésus reprend. Il insiste.
Mais moi ? Si Jésus me demande : "M'aimes-tu ?"
Je crois que sans hésiter je répondrai à Jésus :
"Oh ! Oui, je vous aime, et je vous aime plus que personne dans la mesure où aimer c'est vouloir aimer ! Et je sais bien que je suis moins docile à votre voix que les autres ; je sais aussi que, aimer, c'est faire votre volonté (et je la fais mal), mais je consens que mon amour soit inconséquent, j'admets (je veux dire) qu'il l'est ; je suis celui qui se conduit comme s'il vous aimait moins que d'autres ; mais je ne consens pas à être celui qui vous aime moins ! Donnez-moi, Jésus, de vous aimer "effectivement" comme je vous aime "affectivement" ou, plutôt encore, comme je veux vous aimer."
Auguste Valensin, s.j, La joie dans la foi, p.124-125 [source : Magnificat 09/05/08]
12:24 Publié dans Spirituel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











