« J'en peux plus... | Page d'accueil | Des alvéoles dans la lumière »

dimanche, 20 avril 2008

Tout neurone cessant...

[Magnificat - Dimanche 20 avril 2008]

"Voir Dieu ? disait la grand-mère. Voir Dieu ? mais vous n'y pensez pas ! C'est déjà un miracle quand je parviens à voir mes petits-enfants !" Curieuse réplique, toute chargée d'amertume et de profond désir.

Qui nous montrera Dieu ? Montre-nous le Père ; cela nous suffit, dit Philippe (Jn 14,8). Il se trompe, cela ne sffit plus. A quoi bon voir le Père à l'improviste, entre deux trains, de dos comme Moïse ou de loin comme les prophètes ? Il ne s'agit plus seulement, pour nous, comme dans l'ancienne Alliance, de "voir Dieu et mourir", comme si c'en était assez d'en contempler un fugitif instant la face incandescente ! Non, il s'agit d'aller à lui par le chemin qu'il nous donne. Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur (v.6.). Il ne nous suffit plus de saisir quelques bribes de vérité dans le brouillard de notre jugeote incertaine, il s'agit, désormais, tout neurone cessant, d'entrer tout vif dans la réalité qu'il est. Jamais la vérité sera nôtre. Elle ne nous appartient pas, mais un jour nous appartiendront à la Vérité et la Vérité nous rendra libre. Peu nous chaut de humer ici-bas quelques bouffées de vie mortelle ; ce que nous attendons, c'est de l'étreindre furieusement, lui qui est vie en plénitude. Sur cette terre, la joie de Dieu pénètre en nos coeurs, mais au ciel nous pénétrerons dans la joie de Dieu. Répondons à la voix de celui qui nous appelle des ténèbres à son admirable lumière. Alors nous aurons accompli des oeuvres plus grandes encore que celles du créateur. Car, tout créés par Dieu qu'ils soient, le ciel et la terre passeront, mais le salut des justes, lui, demeurera à jamais.

P. Guillaume de Menthière

Ecrire un commentaire

 
analyse d'audience