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vendredi, 11 avril 2008

l'Eglise, pour le monde

286371511.jpgL'Eglise fait partie du monde et le monde est présent en elle : le face à face d'antant est impensable. Son attitude pastorale et missionnaire doit en tenir le plus grand compte. Il ne s'agit plus de comptabiliser ceux qui sont dedans et ceux qui sont dehors ou de se laisser obnubiler par le petit troupeau. L'Eglise d'aujourd'hui a des frontières particulièrement poreuses. Aussi bien se considère t-elle avec raison en charge de tous. Dans bien des cas, elle ne peut chercher d'abord et avant tout à convertir au sens confessionnel de ce terme, mais accepter de travailler à des conversions qui seront d'abord existentielles, en dialoguant, et en accompagnant toute démarche qui va vers la vie [...]

Aller au-devant des autres au lieu de les attendre, c'est aussi chercher où se vit aujourd'hui pour eux ce qui s'exprimait autrefois dans la sphère religieuse. L'Eglise ne peut plus fonctionner dans la société comme la figure de l'institution tutélaire qui l'encadre et la régi, dit avec autorité le vrai et le faux, le bien et le mal, et constitue un refuge et une séciruté. Elle doit agir comme le ferment dans la pâte, qui travaille à l'évangélisation, ce qui veut dire aussi à la conversion de la culture. "La rupture entre Evangile et culture est sans doute le drame de notre époque." (Paul VI, Ecclesiam suam)

La mission de l'Eglise passe donc désormais par le dialogue. Qui dt dialogue dit proposition et non imposition. paul VI dans son encyclique Ecclesiam suam a montré de manière lumineuse que le dialogue entre Dieu et l'homme est constitutif de la révélation qui a son sommet dans l'incarnation du Verbe. Ce "dialogue de salut" se poursuit dans et par la mission de l'Eglise. "L'Eglise doit entrer en dialogue avec le monde dans lequel elle vit. L'Eglise se fait parole ; l'Eglise se fait message ; l'Eglise se fait conversation." (Paul VI)

Ce dialogue suppose la "courtoisir, l'estime, la sympathie" ; il exclut la condamnation a priori ; si cette forme de rapport "ne vise pas à obtenir immédiatement la conversion de l'interlocuteur parce qu'elle respecte sa dignité et sa liberté", le dialogue est pourtant une forme authentique d'évangélisation par le témoignage. Plus que jamais celle-ci passe par le témoignage à rendre à une vérité dont on vit.

Ce monde, l'Eglise n'a pas à le juger, mais à montrer qu'il est de sa part l'objet d'un amour inconditionnel, quoi qu'il en soit de ses perversions. Son langage doit devenir toujours davantage celui de la tendresse et de la miséricorde. Car ce monde est celui de l'homme souffrant, plus encore que par le passé, du fait même de ses progrès en tous les domaines. Au milieu de ses angoisses, il a besoin de "bonne nouvelle" et de paroles de paix. Au milieu de lui l'Eglise demeure le témoin de la mémoire, de la mémoire de la bonne nouvelle de Jésus-Christ qui retentit depuis deux mille ans dans notre monde.


Bernard Sesboüe, N'ayez pas peur, DDB, pp 73-74

Commentaires

C'est trop drôle : l' Eglise va se mettre à dialoguer ?!!! il serait temps !

Ecrit par : les RG | vendredi, 11 avril 2008

>> les RG
Si c'est si drôle et qu'il est temps, profitez-en pour entrer dans ce dialogue...
Au plaisir de vous raconter d'autres choses drôles.

Ecrit par : Droopymousse | dimanche, 13 avril 2008

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