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mardi, 01 avril 2008
Dans les champs de l'Abbé Charron
[Il est Vivant - 27/03/08]
"Les gens n’ont plus de fourche, ils n’ont pas pu me chasser ! Alors, cela fait 58 ans que je suis curé ici !" Revêtu d’une soutane, l’inénarrable abbé Georges parcourt la campagne avec l’audace missionnaire d’un jeune homme et la sagesse de ses 86 printemps... "Je me sens fait pour être curé !", ai-je annoncé, à peine ordonné. Comme j’étais très jeune, l’évêque m’a d’abord nommé vicaire dans un village où il m’a donné comme mission de réconcilier le “doyen” avec ses fidèles. Heureusement, ce prêtre m’a fait très vite confiance.
Une fois rempli mon “contrat”, je suis retourné voir mon évêque : « Maintenant, j’aimerais bien “faire l’eau bénite pour mon compte” ! » Me trouvant encore un peu jeune pour être curé, il s’est cependant laissé convaincre en ce sens par son vicaire général. C’est comme cela que j’ai été nommé à Chéroy, petit chef-lieu de canton, en 1950… Il n’y avait que 25 personnes à la messe le dimanche ! Dès le début, je suis allé rendre visite aux gens à domicile. Du fait des séquelles des troubles de l’après-1905, j’étais souvent mal reçu. « Les curés sont des feignants », m’a dit un jour un homme. « Monsieur, lui ai-je répondu, il y a deux catégories de personnes : ceux qui “s’em…” et ceux qui se “dém…” Pour ma part, je fais partie de la deuxième catégorie ! » Il a bien ri et m’a dit : « On se reverra. » Trois ans après, sa femme faisait partie de la Légion de Marie et au bout de dix ans, lui-même a commencé à m’aider financièrement. Puis il est devenu un homme pieux.
Dès mon arrivée, j’ai créé un groupe de la Légion de Marie dans chacune de mes trois paroisses. Ce mouvement prévoit des réunions hebdomadaires où l’on prie ensemble et où l’on s’encourage concrètement à l’annonce de l’Évangile. De plus, grâce à ces réunions, j’ai une “photographie” hebdomadaire de chacune de mes paroisses.
Tous les deux ans, nous allons à la rencontre des personnes nouvellement installées et qui, pour la plupart, ne mettent jamais les pieds à l’église. C’est ainsi qu’à la fin de l’été 2007, 25 personnes sont parties en mission, deux par deux. En trois semaines, nous avons prospecté 750 familles. Nous distribuions le numéro d’Il est vivant ! 15 questions sur Dieu, comme une entrée en matière. « C’est monsieur le curé de Chéroy qui nous envoie et qui vous donne ce magazine. » Sur 4 000 habitants, 1 500 n’avaient aucune idée de ce qu’est la foi chrétienne. 1 800 personnes se disaient catholiques… mais ne voulaient pas entendre parler de catéchisme ! Enfin, 350 étaient des fidèles assidus, et 350 autres étaient à “reconquérir”.
Depuis septembre, le dimanche après-midi, accompagné du missionnaire qui les a visitées, je vais à la rencontre des personnes ayant accepté de discuter. Il est vivant ! sert de nouveau de point de départ à bien des conversations : beaucoup l’ont lu, le commentent, posent des questions. Grâce à cette démarche, nous avons eu des inscriptions supplémentaires au catéchisme et quelques adultes ont décidé de suivre les cours d’initiation à la théologie que j’ai créés dès mes débuts ici.
Du fait de l’ouverture de nouvelles entreprises, la population de ces villages est en train de tripler. De nouveaux champs de mission s’ouvrent devant nous, et la moisson est abondante !
20:59 Publié dans Eglise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











