« 2007-06 | Page d'accueil | 2007-08 »

mardi, 31 juillet 2007

Une manière de devenir associal

Comment bien préparer votre lecture du tome 7 de Harry Potter ?

Mesures à prendre pour profiter à fond de votre lecture : 
- Informez votre entourage que vous lisez Harry Potter parce que vous serez asocial pendant quelques jours.
- Durant votre lecture, évitez à tout prix d’allumer la télévision (boîte à images moldues), la radio ou de lire les journaux. En effet des informations capitales avaient été révélées à la télévision belge en 2005 à peine quelques jours après la publication du tome 6 en VO ; cette fois-ci, certains médias peu scrupuleux n’ont même pas attendu la sortie.
- Coupez le "félétone" ou au moins filtrez les appels. Vous pouvez éventuellement répondre aux forumeurs en détresse si vous avez les capacités pour les aider à comprendre un passage.
- De même, privilégiez le forum "Aide à la lecture en anglais du tome 7" aux autres forums de la Gazette. Même si l’équipe sera très présente, le risque zéro des spoilers n’existe pas.
- Si vous avez des plantes, c’est le moment de leur dire au revoir parce que vous ne prendrez pas le temps de les arroser.
- Idem pour votre chat. Dites lui au revoir et confiez-le à votre mère. À moins qu’elle ne lise Harry Potter elle aussi.
- Prévoyez de l’eau ou du jus de citrouille à proximité. Mais attention ! Le jus de citrouille tâche et vous ne voudriez pas salir votre beau tome 7 tout neuf. La Bièraubeurre quant à elle est à proscrire car elle pourrait entraîner une déconcentration.
- Réservez-vous tout de même une petite demi-heure avant de commencer (ou demandez à votre elfe de maison) pour préparer de délicieux moelleux au chocolat. Ils vous permettront de prendre des forces et grâce à leur recette exclusive au chocolat anti-détraqueur, ils vous protégeront contre les mauvaises ondes que pourraient provoquer les forces du mal pendant votre lecture.
Pour ce faire, suivez la recette suivante : 2 œufs - 50 g de sucre en poudre - 30 g de farine - 100g de beurre - 100 g de chocolat noir anti-détraqueur.
Préchauffez le four à 200°C (thermostat 7). Mélangez les œufs en entier avec le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse. Ajoutez la farine et re-mélangez. Faites fondre le beurre avec le chocolat (que vous aurez cassé en morceaux) à feu doux et en mélangeant bien avec une spatule en bois. Hors du feu, versez le mélange du saladier dans la casserole. Répartissez dans quatre petits ramequins beurrés ou bien dans des moules en caoutchouc qui n’auront pas besoin d’être beurrés. Le petit plus du chef : rajouter à mi hauteur du ramequin un carré de chocolat qui fondra à la cuisson. Faites cuire 10 minutes, pas plus.
Après avoir pris ces quelques précautions, vous serez fin prêts pour lire le tome 7 tant attendu. [ NDDM : trouvez-vous dans une contrée dans laquelle les libraires vendent le livre. Pas en Corse ]

source : la Gazette du Sorcier

Harry Potter à Sciences-Po

Il est courant de nos jours de voir des professeurs de français utiliser des extraits d’Harry Potter en français en primaire ou au collège ; en anglais au lycée. Mais c’est un peu plus insolite de l’utiliser dans un examen de Sciences-Po (épreuve de "Concepts fondamentaux de l’analyse économique").

Le professeur est-il un doux dingue farfelu ? pas vraiment, ce n’est personne d’autre que Dominique Strauss-Kahn, ancien Ministre français des finances et candidat de l’Europe au Fonds monétaire international. Après tout, pourquoi pas ?

Epreuve du 16 février 2006

Les questions 38 et 39 portent sur le texte suivant : « La boutique n’était pas très grande et les murs étaient entièrement recouverts de cages. Il y régnait un vacarme permanent, accompagné d’une forte odeur. Les créatures qui occupaient les cages passaient leur temps à piailler, couiner, caqueter, siffler. Derrière le comptoir, une sorcière donnait des conseils à un client sur les soins à prodiguer aux tritons à double queue. Pendant ce temps, Harry, Ron et Hermione examinèrent les créatures enfermées dans les cages. Deux énormes crapauds violets gobaient des cadavres de mouches à viande en émettant des bruits de succion. Une tortue géante à la carapace incrustée de pierres précieuses étincelait près de la vitrine. Des escargots venimeux de couleur orange rampaient lentement sur les parois de leur cage de verre et un gros lièvre blanc se métamorphosait sans cesse en chapeau haut de forme dans un bruit de pétard. Il y avait aussi des chats de toutes les couleurs, une cage pleine de corbeaux jacasseurs, un panier de petites créatures à fourrure qui chantonnaient bruyamment et, sur le comptoir, une grande cage remplie de rats noirs qui sautaient à la corde en se servant de leurs queues. Le client au triton sortit de la boutique et Ron s’approcha du comptoir.
- J’ai des ennuis avec mon rat, dit-il à la sorcière. Il est un peu patraque depuis qu’on est allés en Egypte.
- Mettez-le moi sur le comptoir, dit la sorcière en sortant une paire de grosses lunettes noires. Ron extirpa Croûtard de sa poche et le déposa à côté de la cage remplie de ses congénères qui cessèrent aussitôt leurs jeux et se précipitèrent sur les barreaux pour le regarder de plus près ». (Extrait de J. K. Rowling, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, 1999.)
38. (+1 ; -1) Le fait que la sorcière qui tient cette boutique utilise des cadavres de mouches à viande pour nourrir ses crapauds constitue une incitation économique à la multiplication des mouches à viande.
- Vrai
- Faux

39. (+1 ; -1) Le rat Croûtard est :
- une ressource naturelle
- un bien privé

Epreuve du 6 février 2007

2. (+1 ; -1) « Vers midi et demi, ils entendirent un chariot tintinnabuler dans le couloir du wagon et une jeune femme souriante fit glisser la porte du compartiment.
- Vous désirez quelque chose, les enfants ? demanda-t-elle en montrant les marchandises disposées sur le chariot. Harry, qui n’avait pas pris de petit-déjeuner, se leva d’un bond. Ron, les oreilles à nouveau écarlates, marmonna qu’il avait apporté des sandwiches. Pour la première fois de sa vie, Harry avait les poches pleines d’argent et il était décidé à s’en servir pour s’acheter autant de barres de chocolat qu’il lui plairait. Mais en examinant les friandises que vendait la jeune femme, il s’aperçut qu’elles lui étaient totalement inconnues. Jamais il n’avait entendu parler des Dragées surprises de Bertie Crochue, des Ballongommes du Bullard, des Chocogrenouilles, des Patacitrouilles, des Fondants du Chaudron ou des Baguettes magiques au réglisse. Comme il ne voulait rien manquer, il acheta un peu de tout et donna à la jeune femme les onze Mornilles et sept Noises qu’elle lui demanda. » (Extrait de : J. K. Rowling, Harry Potter à l’école des sorciers, 1997.)

La consommation de Harry est de onze Mornilles et sept Noises.
- Vrai
- Faux

[source : la Gazette du Sorcier]

mercredi, 18 juillet 2007

Sainte Patience, priez pour nous !

Les vacances, ça se mérite : sept cents kilomètres nous séparent encore du transat convoité. Une épreuve de patience…

Départ prévu : 9 h. Départ effectif : 10 h 30. Demi-tour après six kilomètres : Pauline a oublié son doudou. Douze kilomètres de plus, une paille par rapport aux sept cents prévus. Sainte Prudence, protégez-nous.
Les petits, sur la banquette arrière, jouent au papa et à la maman. Ils sont dans une fusée qui file vers Saturne où ils vont déposer les enfants à l’école. Ensuite, ils iront au cinéma sur Mars.
Au fond de la voiture, les grands refont la Coupe du monde, match par match. Zizou aurait dû lober le ballon, c’est clair, mais Barthez a été à la hauteur. On le leur dira.
Saint Zinédine, priez pour nous.

10 h 45 : «Maman, quand est-ce qu’on arrive ?»
11 h 33 : «Maman, j’ai envie de faire pipi».
11 h 36 : «Maman, y m’éneeeeervent les garçons. – Même pas vrai, c’est elle qui est énervaaaaante».
Sainte Patience, m’entends-tu ? Tu n’as pas l’air de me capter, il doit y avoir un “trou dans le réseau”…

13 h : arrêt pique-nique sur une aire d’autoroute bondée. Sainte Patience est partie aux Canaries, elle n’aide pas non plus une jolie dame en short fluo qui se fâche : « T’en veux une, Thomas ? Ah, tu vas en prendre une, c’est moi qui t’le dis ! – Énerve pas le petit », lui conseille imprudemment son mari. La dame est au bord de la crise de nerfs, Thomas en profite pour tirer les couettes de sa sœur qui se met à hurler.
Sainte Rita, es-tu là ?

13 h 10 : après avoir vidé tout le coffre, il faut se rendre à l’évidence : le pique-nique n’est pas dans la voiture. Il a dû rester sur la table de la cuisine… où il va traîner pendant les trois semaines les plus chaudes de l’année.
Sainte Philomène, priez pour nous.

14 h 17 : retour sur l’autoroute après avoir avalé des frites grasses pour remplacer les bons sandwiches oubliés à la maison.
Derrière, les footeux recommencent leur conversation là où ils l’avaient laissée.
14 h 25 : «Maman, j’ai mal au cœur».
14 h 27 : «Maman, Olivier a vomi sur mon nounours».
14 h 28 : «Maman, t’es pour qui, toi ? Pour PSG ou pour Monaco ?»
14 h 30 : «Trop drôle, Papa, y a des motards de la police qui te font des signes. Je leur tire la langue ?»
Saint Frusquin et saint Glinglin, au secours !

Les trajets qui réunissent toute la famille huit heures d’affilée dans deux mètres carrés sont éprouvants pour les nerfs. C’est là que tout parent normalement constitué touche les limites les plus extrêmes de sa patience.
Saint Paul, qui n’avait pas d’enfant et voyageait à pied, nous exhorte à nous supporter les uns les autres avec patience (Éphésiens 4, 2). Mais il ne dit pas comment.
Saint Cyprien nous invite, lui aussi, à être patients : «La patience, nous dit-il, nous est commune avec Dieu. C’est en Dieu qu’elle prend son origine, sa grandeur, sa dignité, son éclat». L’Histoire sainte n’est-elle pas l’histoire de l’infatigable patience de Dieu ?
Et le Christ, quelle patience ! Bafoué, moqué, trahi, conspué, battu, il reste patient (quoique : avec les scribes et les pharisiens, il s’énerve aussi parfois un peu). Sa douceur, à l’heure de la Passion, n’est-elle pas le témoignage suprême de la patience ?

«Elle [la patience] favorise en nous le développement de la grâce», continue le bon évêque de Carthage. Elle est une vertu des plus précieuses puisqu’elle va de pair avec l’espérance, la fidélité, la persévérance. Elle nous aide à prendre du recul, à voir plus loin que le bout du tableau de bord, à rester constants dans les épreuves. Huit heures de route, c’en est une, et pas des moindres.

La patience relève de la sagesse. Elle est douceur et miséricorde, elle aime l’autre tel qu’il est. Comme la charité, elle supporte tout, endure tout, espère tout (1 Corinthiens 13, 7). «L’amour prend patience», nous dit saint Paul (1 Corinthiens 13, 4). La patience, au fond, est une des formes les plus quotidiennes de la charité.
Méditons tout cela dans notre carrosse surchauffé. Une alternative s’offre à nous : ou nous prenons notre mal en patience et attendons l’arrivée en “gérant” au mieux nos idées meurtrières : c’est un moindre mal ; ou nous nous armons de patience en nous remettant tout entiers dans la main de Dieu.
Pensons à la patience de Dieu qui n’est ni faiblesse, ni démission, mais incessant appel à la conversion, et trésor de miséricorde. Nos limites, nos nerfs en pelote, nos faiblesses, il les connaît. Il est Père, il comprend…

Peut-on croire encore en la Providence ?

Après la Shoah, les goulags et les génocides du siècle dernier, comment accepter que Dieu soit encore le Tout-Puissant, "maître des temps et de l'Histoire" ? Comment croire en son infinie sollicitude pour chaque homme alors que tant d'innocents sont victimes ? Dans un essai stimulant et courageux (1), le Père Pierre Descouvemont* ose remettre les pendules à l'heure : la Providence existe et elle vous veut du bien.

Luc Adrian - 16/06/2007 - n°1535

Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire sur la Providence ?
C'est l'un des mystères les plus déroutants de la foi chrétienne, surtout aujourd'hui. Un Dieu tout-puissant ne peut pas avoir permis Auschwitz, les camps d'extermination, les génocides et les guerres atroces du siècle dernier.

Après Auschwitz, soutenir que "tout est grâce" paraît en effet difficile.
Impossible de le dire comme ça, bien sûr. C'est toute la difficulté de mon livre. Quand on se trouve devant une personne qui vient d'être traumatisée par une épreuve, pas question de lui tenir tout un discours sur la Providence ! On se contente de l'écouter et on la laisse éventuellement crier sa révolte et tous ses "pourquoi ?". Jésus lui-même n'a-t-il pas interpellé son Père en lui disant : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?"
Mais, à froid, il est bon ensuite d'écouter ce que le Seigneur lui-même nous dit dans la Bible.

La Bible nous dirait quelque chose d'original sur le mystère du mal ?
Absolument. Même s'il est de bon ton d'affirmer aujourd'hui que le Seigneur se contente d'assister, impuissant, à toutes les catastrophes qui se produisent sur notre planète. Toutes les hérésies naissent le jour où des prédicateurs se mettent à penser et à proclamer : "Aujourd'hui, on ne peut plus dire que...".
Aujourd'hui, on ne peut plus dire que Dieu est "le Père tout-puissant" de notre Credo. On préfère croire en un "Père dont l'Amour est tout-puissant", en un Dieu qui se tait et qui n'intervient pas lorsque son Fils bien-aimé souffre et meurt sur la Croix. Car en reconnaissant que Dieu laisse ses enfants organiser ou désorganiser le monde à leur guise - ce qui est exact - et qu'il a décidé de ne pas intervenir, sauf rarissime exception, dans le déroulement de leur Histoire, on rend moins scandaleuse l'omniprésence du mal dans le monde.

Vous n'êtes pas d'accord avec cette conception ?
La plupart des hérésies sont inspirées par le désir généreux de ne pas choquer. Mais cette vision n'est pas juste. Et ce n'est pas moi qui le dis : la Providence est proclamée par toute l'Écriture ; elle a été vécue et elle est encore vécue aujourd'hui par les saints ; et elle est enseignée par l'Église qui lui consacre plusieurs paragraphes dans son Catéchisme.

Proclamée par toute l'Écriture ?
Dès la première Alliance, Dieu révèle à son peuple qu'il veille jalousement sur lui et qu'il tient dans sa main la destinée des nations. La Bible ne rend pas Dieu responsable des maux perpétrés par le Diable ou les pécheurs, mais elle affirme que, mystérieusement, il en est l'origine.

Et dans la Nouvelle Alliance ?
Le grand mot qui résume ce mystère et qui a aidé des milliards de chrétiens, c'est celui de saint Paul : "Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l'aiment" (Rm 8, 28).
C'est l'une des phrases les plus percutantes de l'Écriture, avec la supplique de Jésus à Gethsémani : "Père, que ta volonté soit faite et non la mienne". Jésus voit et adore la volonté de son Père dans la Passion qu'il s'apprête à subir à cause de la méchanceté des hommes et de la volonté homicide du prince des Ténèbres. Souvenez-vous également de la première homélie de l'Histoire de l'Église, à la Pentecôte, saint Pierre n'y va pas avec le dos de la cuillère lorsqu'il prêche aux gens de Jérusalem : "Jésus de Nazareth [...], vous l'avez livré, vous l'avez fait supplicier et mourir par la main des païens, mais cela répondait à un plan de Dieu qui d'avance avait prévu tout cela" (Ac, 22-23). Et la première catéchèse de Jésus ressuscité, sur la route d'Emmaüs : "Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ?" C'était prévu, c'était dans le plan de Dieu : le Fils de l'homme devait souffrir.

Vous insistez aussi beaucoup sur la foi des saints en la Providence.
Je donne 20 000 euros cash à celui qui me déniche un (ou une) canonisé qui n'a pas cru en la Providence ! Que ce soit Frédéric Ozanam ou Bernadette Soubirous avec la maladie, saint Jean de la Croix avec les blessures causées par le prochain, Monsieur Vincent avec des décisions injustes, Don Bosco avec des persécutions, etc., tous les saints, sans exception, ont cru sans hésiter que, si Dieu permettait telle épreuve dans leur vie ou telle catastrophe dans le monde, c'est qu'il avait ses raisons. Tel saint Thomas More qui, peu avant son martyre, console ainsi sa fille : "Rien ne peut arriver que Dieu ne l'ait voulu. Or, tout ce qu'il veut, si mauvais que cela puisse nous paraître, est cependant ce qu'il y a de meilleur pour nous". Ou sainte Catherine de Sienne qui dit à "ceux qui se scandalisent et se révoltent de ce qui leur arrive" : "Tout procède de l'amour, tout est ordonné au salut de l'homme, Dieu ne fait rien que dans ce but".
Madeleine Delbrêl - qui n'est pas encore canonisée - disait que nous devrions nous agenouiller devant chacune de nos journées, tant Dieu l'a préparée avec amour de toute éternité. C'est aussi le propos de "saints" qui ne seront jamais canonisés comme Etty Hillesum. Cette jeune juive néerlandaise affirme "La vie est belle" - synonyme du "Tout est grâce" de Thérèse de Lisieux (voir encadré "Tout est grâce") - alors qu'elle va mourir à Auschwitz. Travaillée par la grâce, elle témoigne, dans un journal bouleversant (2), de la présence active et bienveillante de Dieu jusque dans les tréfonds de l'horreur.

Dieu a ses raisons que la raison ne connaît pas ?
Effectivement. Les saints ne cherchent pas à scruter les desseins de Dieu, car ils savent qu'ils sont impénétrables : "Mes pensées ne sont pas vos pensées et mes chemins ne sont pas vos chemins..." (Is 55, 8-9) Le Saint Curé d'Ars ne cessait de répéter à ses paroissiens : "Il ne faut pas regarder d'où viennent les croix : c'est toujours de Dieu. Que ce soit un père, une mère, un époux, un frère, le curé ou le vicaire, c'est toujours Dieu qui nous donne le moyen de lui prouver notre amour". Clamez cela en chaire aujourd'hui, on vous prend pour un prédicateur surgi d'un autre âge !

Il ne faut pas chercher à comprendre, mais on ne peut s'empêcher de s'interroger. Et l'on revient toujours à l'objection fondamentale : si Dieu le Père tout-puissant prend soin de toutes ses créatures, pourquoi le mal existe-t-il ?
À cette question aussi pressante qu'inévitable, aussi douloureuse que mystérieuse, aucune réponse rapide ne peut suffire.
Je me réfugie dans le Catéchisme de l'Église catholique (§ 309) : "C'est l'ensemble de la foi chrétienne qui constitue la réponse : la bonté de la Création, le drame du péché, l'amour patient de Dieu qui vient au-devant de l'homme par ses alliances, par l'incarnation rédemptrice de son Fils, par le don de l'Esprit, par le rassemblement de l'Église, par la force des sacrements, par l'appel à une vie bienheureuse à laquelle les créatures libres sont invitées d'avance à consentir, mais à laquelle elles peuvent aussi, par un mystère terrible, se dérober. En fait, il n'y a pas un trait du message chrétien qui ne soit, pour une part, une réponse à la question du mal".
Et la Bible nous assure que, de ce mal, Dieu tire un bien.

Dieu ne peut pas vouloir les tsunamis, les génocides, ni que mon enfant soit tué ou naisse handicapé...
Non. Dieu ne peut pas vouloir le mal. Dieu a une sainte horreur du mal. Mais il le permet pour un plus grand bien qui nous échappe.

C'est un mystère totalement déroutant !
Autant et sinon plus que tous les autres mystères de notre Credo ! Nous sommes en effet obligés d'affirmer des vérités apparemment contradictoires.
Le premier paradoxe peut s'énoncer ainsi : il y a dans le monde des événements et des actions absolument contraires à la volonté de Dieu, puisque ce sont des catastrophes naturelles qui font souffrir ses enfants ou des péchés que Dieu réprouve totalement. Et pourtant il se sert de ces événements pour réaliser ses desseins. Il "récupère" le mal pour en faire un bien. Cela rentre dans son "plan".
Une telle certitude a donné aux saints leur extraordinaire sérénité jusqu'au cœur de l'épreuve. Ce qui faisait dire au pape Jean XXIII, comme prière du soir : "Seigneur, le monde, c'est votre problème, moi je vais me coucher".
Le second paradoxe n'est pas moins étonnant : quand un homme pose consciemment un acte, cet acte est entièrement le fruit de sa liberté. Et pourtant cet acte n'existerait pas si Dieu ne lui accordait pas la permission d'exister... Cet acte est donc en même temps le fruit de la souveraine liberté de Dieu. Il est très mystérieux, cet accord entre la liberté de l'homme et la liberté de Dieu : nous ne sommes pas des marionnettes entre les mains de Dieu, et pourtant, c'est lui qui mène le monde.

Comment Dieu peut-il agir à l'intérieur d'une liberté ?
C'est le grand mystère. Luther s'y est cassé le nez. En préparant ses cours sur l'Épître de Paul aux Romains, il découvre, émerveillé, que l'homme n'est pas sauvé par la générosité de ses œuvres, mais par la miséricorde toute gratuite du Seigneur. Mais alors, se dit-il, comment concilier cette intervention toute-puissante de la grâce de Dieu avec la liberté de l'homme ? Il en conclut que l'homme a l'impression d'être libre mais qu'il ne l'est pas : il est entièrement conditionné par la volonté souveraine de Dieu. Cela a donné la célèbre thèse de la prédestination, reprise par Calvin et les jansénistes.
Saint Augustin, qui s'était déjà coltiné le problème en luttant contre les idées de Pélage, avait, lui, conclu : Dieu fait tout, et pourtant nous sommes libres à cent pour cent.

C'est le même problème sur lequel butent certains théologiens contemporains ?
Oui, si ce n'est qu'il se présente à l'envers : puisque nous sommes libres, Dieu n'y est pour rien, disent-ils. Il s'est retiré dans un petit coin du cosmos et se lamente : "Mes pauvres enfants, je vous aime bien, mais je suis impuissant devant le foutoir que vous mettez dans le monde. Je ne peux faire que pleurer et tenter d'envoyer quelques bonnes inspirations dans le cœur d'une Mère Teresa ou d'un Raoul Follereau..."
Le mystère du mal en est considérablement diminué, ouf ! Maintenant on peut évangéliser tranquille ; on ne va pas faire fuir les gens avec cette doctrine vieillotte de la Providence.

Cette version "soft" vous met en boule ?
Oui. Cela voudrait dire que l'Église se serait trompée dans sa liturgie en célébrant le "Dieu maître des temps et de l'Histoire". Non, l'Église ne s'est pas trompée. Elle a bien lu la Bible. Non seulement Dieu nous aide à réagir avec foi à tous les événements qui surviennent dans nos vies, mais il en dirige mystérieusement le cours.
"On ne peut croire à la fois au hasard et à la Providence, écrivait Madeleine Delbrêl. Nous croyons à la Providence. Nous vivons comme si nous croyions au hasard. De là viennent les incohérences de notre vie, ses mauvaises agitations, ses mauvaises passivités..." Aussi reprenait-elle volontiers à son compte le mot de Léon Bloy : "Tout ce qui arrive est adorable". Il est vrai que c'est plus facile à vivre quand je perds un point sur mon permis que lorsque je perds un enfant ou que j'apprends que j'ai un cancer. Mais cela n'oblitère pas la vérité profonde qui nous est proposée dans ce mystère insondable.

Comme l'affirme saint Augustin, "Dieu tire le bien du mal" ?
Oui. Et le même Augustin d'expliquer : "Le Dieu tout-puissant [...] puisqu'il est souverainement bon, ne laisserait jamais un mal quelconque exister dans ses œuvres s'il n'était assez puissant et bon pour faire sortir le bien du mal lui-même".
Et non seulement Dieu se sert du mal, mais il se sert du Malin ! C'est l'un des plus grands mystères de la foi : Dieu se sert du Diable pour réaliser ses desseins. Que Satan contribue à sa manière à l'avancement spirituel des hommes "est un grand mystère", reconnaît le Catéchisme de l'Église catholique (§ 395). Ce qui faisait dire à Goethe : "Les démons veulent toujours le mal, mais ils font toujours le bien" !

Que de paradoxes !
Il n'y a pas qu'en théologie ! Lyautey disait : "La plupart des erreurs humaines viennent du fait qu'on emploie la conjonction "ou" là où l'on devrait employer la conjonction "et"".
C'est valable en éducation : tolérance et autorité ; en économie : libre entreprise et intervention de l'État. Mais c'est spécialement vrai quand on veut respecter le mystère de Dieu, tel qu'il se révèle à nous : Jésus est à la fois Dieu et homme. Les trois Personnes divines sont distinctes, tout en ne faisant qu'Un.
Les hérésies viennent toujours du fait que, dans un désir de rendre le message moins mystérieux, on supprime l'un des termes du paradoxe. Le mot "hérésie" vient d'ailleurs du grec airesis, qui signifie "choix". Les hérétiques ont toujours du succès car, pour rendre l'Évangile plus accessible, ils simplifient les choses. Or, le message de la Bible est simple - mais non simpliste. Elle affirme simultanément que tout en nous laissant libres, Dieu mène le monde !

Ses desseins ne sont pas toujours faciles à discerner.
Cela dépend. Il est parfois relativement facile d'apercevoir la façon dont Dieu a conduit les événements de mon existence pour mon plus grand bien : les personnes mises sur ma route ; les talents que j'ai reçus ; les événements qui me sont arrivés ; les grâces accueillies...

La plupart du temps, on est quand même plutôt dans l'obscurité...
Oui. Bien souvent, Dieu paraît absent. On ne le dira jamais assez : le chrétien n'est pas doté de lunettes spéciales qui lui feraient voir en rose ce qui est noir ou gris ; il ne possède pas non plus la longue-vue qui lui permettrait d'apercevoir à l'avance les heureuses conséquences qui résulteront plus tard de son malheur actuel. C'est dans la foi, et dans la foi pure, qu'il faut redire avec le Livre de la Sagesse : "Nous sommes dans sa main, nous et nos discours..." (Sg 7,16).
Croire en la Providence lorsqu'il m'arrive un accident ne consiste pas à me persuader que la plaque de verglas était ce que je pouvais rencontrer de meilleur à ce moment-là. Mais il m'est demandé de croire - c'est déjà énorme ! - que si Dieu n'a pas demandé à mon ange gardien d'empêcher cet accident, c'est que du bien peut sortir pour moi de ce malheur. Et ce bien, c'est d'abord une foi encore plus grande, encore plus inconditionnelle en la tendresse infinie de Dieu pour moi !

Ce qui est difficile à accepter !
Non, ce n'est pas difficile... C'est impossible ! Sans la grâce de Dieu, il est impossible de croire à ce mystère de la Providence divine, et surtout d'en vivre au moment de l'épreuve. Se soumettre à la volonté de Dieu suppose une "overdose" d'Esprit Saint.
Tous les saints ont repéré que Dieu ne nous donne que des missions impossibles. Il nous demande d'aimer - on n'y arrive pas. Il nous de-mande de pardonner - on n'y arrive pas. Il nous demande de nous soumettre à sa volonté - on n'y arrive pas ! C'est pour cela que Jésus est venu parmi nous. Pour venir faire en nous ce que nous ne pouvons pas faire par nous-mêmes. Plus on avance dans la vie chrétienne, plus on vérifie la justesse du mot de Jésus : "Sans moi, vous ne pouvez rien faire" (Jn 15, 5). Mais aussi : "Rien n'est impossible à Dieu" (Lc 1, 37).

Il est facile de glisser dans l'hérésie avec un mystère pareil !
Oui ! D'ailleurs, les contrefaçons de la Providence sont nombreuses. Croire en la Providence, ce n'est pas croire qu'un destin aveugle pèse sur nous et nous empêche d'être libres. Ce n'est pas non plus croire que le mal n'est qu'une illusion, comme nous le susurre le Nouvel Age inspiré du panthéisme que professent les religions du Sud-Est asiatique. La sagesse consisterait alors à positiver, à relativiser le mal, à supprimer tout jugement de valeur, à n'accorder aucune importance à ce qui contrarie nos désirs. Cet optimisme paraît chrétien à première vue, mais il est en fait à l'opposé de la pensée biblique, qui vomit le mal.
Croire en la Providence, ce n'est pas non plus ne faire aucun projet pour l'avenir, et attendre passivement que le Seigneur nous indique "providentiellement" la voie à suivre.
Enfin, ce n'est pas non plus me croire obligé de découvrir les raisons pour lesquelles Dieu permet tel ou tel événement douloureux.

C'est le providentialisme ?
Oui, l'erreur de ceux qui pensent qu'on peut toujours trouver la raison "providentielle" de toute épreuve collective ou personnelle. Sans doute l'une des caricatures de la Providence la plus nuisible. Celle qui fait dire : "Madame, si vous aviez la foi, vous verriez ce que Dieu vous dit à travers ce cancer". Non ! Le cancer ne parle pas de Dieu. Le cancer est une saloperie contre laquelle je dois me battre et que je ne dois pas chercher à "interpréter".
Je connais un médecin qui a eu de très gros problèmes de santé au point de devoir arrêter son activité. Quelques mois plus tard, il vient me dire : "Grâce à cette maladie, j'ai découvert plein d'autres choses, je fais du bénévolat ; cette épreuve a été salutaire, c'est providentiel. Voulez-vous que j'en témoigne ?" J'ai dû lui répondre : "Surtout pas ! Louez et rendez grâce, mais soyez extrêmement prudent dans votre façon de parler de votre expérience. Vous risquez de culpabiliser ceux qui écouteront votre témoignage. Vous avez la chance de voir que c'est une grâce, tant mieux pour vous. La plupart ne le voient pas... car il n'y a rien à voir !" La plupart du temps, c'est seulement à leur entrée dans le Ciel que les hommes découvrent la " logique " du Seigneur.
Mado Maurin raconte dans un livre que le suicide de son fils Patrick Dewaere a été pour elle un choc décisif qui a tourné ses yeux vers le Ciel. Mais elle m'a certifié que jamais elle ne tiendrait de tels propos en public. Quatre-vingt-dix pour cent des personnes en effet ne voient pas sur la Terre le sens de leur épreuve.

Pourquoi prier si Dieu a son "plan" ?
Même si Jésus est le Grand Prêtre par excellence sans cesse en train d'intercéder pour nous auprès du Père (He 7, 25), Dieu a voulu que nous puissions nous associer à sa prière et nous aider ainsi les uns les autres. Il y a des grâces qui ne descendront du Ciel sur les hommes que si nous les demandons - aussi poliment que possible, car Dieu ne nous doit rien.
Cela dit, force est de constater que le calendrier de Dieu ne coïncide pas toujours avec le nôtre ; les plus grands saints eux-mêmes n'ont pas toujours été exaucés comme ils l'auraient désiré. C'est l'un de mes grands "dadas" !

Un exemple de saint non exaucé ?
À commencer par Marie et Joseph, qui ont dû beaucoup prier pour les gens de Nazareth ; or c'est le seul village où Jésus ne put faire de miracle, à cause de l'incrédulité des habitants (Mc 6, 6). Dieu a sans doute permis cela pour que, dans la suite des siècles, les chrétiens ne se culpabilisent pas de ne pas être exaucés.
Je suis toujours un peu réticent lorsque j'entends témoigner lors de rassemblements : "J'ai prié et j'ai été exaucé, alléluia !" J'aimerais entendre de temps en temps : "J'ai beaucoup prié, je n'ai pas été exaucé, et je continue à croire, alléluia ! " Ce qui est également admirable.
Heureusement que les saints n'ont pas toujours été exaucés, ils ne seraient plus pour nous des modèles. J'aime bien cette réponse d'un enfant à qui sa mère demande "Le Bon Dieu t'a exaucé ?" - "Oui, Maman, mais il m'a dit : pas tout de suite !"

La doctrine de la Providence n'est-elle pas très démobilisatrice puisque Dieu s'occupe de tout ?
Cette foi n'a jamais empêché les chrétiens de se battre contre tout ce qui abîme l'homme à travers le monde. C'est pourquoi je donne beaucoup la parole, dans mon livre, à des saints qui se sont battus pour faire reculer la misère, de Monsieur Vincent à Mère Teresa. L'attitude chrétienne est excellemment résumée dans cette formule : "Il faut agir comme si tout dépendait de nous et prier car tout dépend de Dieu".

Est-ce que cette foi n'atténue pas l'horreur du mal ? Puisque Dieu en tire du bien, le mal ne serait pas si mal...
Non, le mal est le mal. Dieu est en colère contre le péché du monde et il nous demande de nous battre sans relâche chaque jour contre tout ce qui abîme ses enfants. Nous avons même le droit de crier vers Dieu notre colère quand le mal nous accable. Relisez les Psaumes ! Il y a une saine colère : "Seigneur, trop c'est trop, tu exagères ! Pourquoi ?" Dieu n'aurait pas voulu un monde comme ça. "C'est par l'envie du Diable que la mort est entrée dans le monde" (Sg 1, 13 ; 2, 24).

En fait, il faut attendre l'Au-delà pour avoir la réponse ?
Un grand journaliste, Georges Huber, auteur d'un très beau livre sur la Providence, disait à sa femme avant de mourir : "Je suis certain que l'une de mes grandes joies au Ciel sera de voir le sens de tous ces événements que j'ai relatés durant cinquante ans et dont la signification m'échappait".
Toute comparaison est grossière. J'aime néanmoins celle-ci : Dieu nous donne une partition à jouer ; nous faisons tous des fausses notes - excepté la sainte Vierge ; à la fin, cela fait une symphonie formidable. Autre métaphore : la tapisserie : "C'est bien l'envers du canevas/Que tu tapisses de tes croix/Mais au Ciel Dieu te montrera/La beauté des points à l'endroit", écrit Marie Beaudouin-Croix.

Dieu voit la tapisserie de notre vie ?
D'un seul coup d'œil, si j'ose dire ! Car l'Éternel n'est pas dans notre temps humain. Il ravaude, récupère nos fils perdus, retisse, comble les trous sans que nous en apercevions toujours la main, pour faire de nos existences le plus beau chef-d'œuvre possible.
Prenons l'habitude de regarder toutes les secousses de notre monde, toutes ses tribulations, comme les signes d'un formidable enfantement que Dieu réalise au cœur de sa Création. Tout au long de l'Histoire, il agit avec puissance par son Esprit pour que se produise un jour la totale transfiguration de ses enfants. Une transfiguration qui commence ici-bas mais qui ne s'achèvera que dans le Ciel. Nous contemplerons alors, éblouis, la Sagesse merveilleuse avec laquelle Dieu aura conduit le monde vers sa transfiguration ultime.

(1) Peut-on croire en la Providence ?, par Pierre Descouvemont, éd. de l'Emmanuel, 13 euros.
(2) Une vie bouleversée, par Etty Hillesum, Points/Seuil.
(Lire aussi FC n° 1498, p. 20-28.)

* Prêtre du diocèse de Cambrai, né en 1927, Pierre Descouvemont est philosophe, théologien, prédicateur de retraites et conférencier renommé pour ses qualités de vulgarisateur. Il est l'auteur d'une vingtaine de livres, dont le best-seller Guide des difficultés de la foi catholique (Cerf) et Les apparents paradoxes de Dieu (Presses de la Renaissance).

mardi, 17 juillet 2007

La "Pottermania" a envahi internet

17.07.07
par Mike Collett-White

Les aventures de Harry Potter ont donné naissance à un monde parallèle sur internet, où les sites consacrés à l'apprenti sorcier attirent chaque jour des millions de passionnés et jouent un rôle majeur dans le succès des livres et de leurs adaptations au cinéma.
Les romans de la Britannique J.K. Rowling, et les pages internet qui sont nées avec eux, sont tellement populaires qu'une poignée de fans internautes sont devenus à leur tour de véritables célébrités.
Le plus célèbre d'entre eux est sans conteste Emerson Spartz, qui n'avait que douze ans lorsqu'il créa le site www.mugglenet.com. Aujourd'hui, avec 40 millions de visites par mois, le site de ce jeune Américain est devenu l'un des plus importants parmi ceux consacrés à Harry Potter et une activité économique viable.
"J'ai passé l'été entier sur la route à signer des milliers d'autographes, ce qui est simplement inimaginable pour un gamin qui a créé un site web", a-t-il déclaré dans une interview accordée par téléphone à Reuters.
"Harry Potter est arrivé à un point où même ses fans ont des fans", a déclaré le jeune homme, aujourd'hui âgé de 20 ans et étudiant à l'université.

TRAFIC D'INFLUENCES

La "Pottermania" n'a jamais été aussi intense à mesure qu'on s'approche du 21 juillet, date de sortie en version originale de "Harry Potter and the Deathly Hallows", le septième et dernier tome de la saga. "Harry Potter et les reliques de la mort" sort le 26 octobre en français. Plus de 325 millions d'exemplaires du livre se sont déjà vendus à travers le monde.
Melissa Anelli est administratrice d'un autre site majeur consacré à l'apprenti sorcier, www.the-leaky-cauldron.org. Elle pense qu'internet a un rôle à jouer et particulièrement entre la sortie des tomes successifs.
"Il se passe parfois des années entre la sortie d'un livre et celle d'un film, et pendant cette interruption, l'intérêt ne faiblit pas. Nous maintenons l'enthousiasme", a-t-elle expliqué.
Les deux internautes déclarent que leur succès est aussi lié à leurs relations avec Warner Bros, le studio de cinéma américain qui possède les droits d'adaptation. Dans un premier temps "hostile", selon Spartz, aux sites de fans, Warner a finalement mesuré leur influence et leur portée.
Si l'avenir de ces sites après la sortie du tome 7 reste incertain, Spartz et Anelli s'attendent à ce que leurs sites survivent au moins jusqu'au dernier film, prévu sur les écrans en 2010. Ensuite, leur popularité est vouée à s'estomper, reconnaît Spartz.

POTTERFICTIONS

Rowling a depuis longtemps compris le pouvoir d'internet. Son propre site web, www.jkrowling.com, qui reçoit sept millions de visites par jour, avait accueilli Spartz et Anelli en 2005 pour réaliser une des rares interviews qu'accorde la romancière.
La romancière a également publiquement soutenu la campagne lancée par le site internet The Leaky Cauldron pour empêcher que des fuites ne précèdent la sortie de "Harry Potter et les reliques de la mort" et ne révèlent la fin de la saga. Car tous les fans du sorcier de Poudlard s'interrogent sur l'identité de l'un des principaux personnages dont l'auteur a annoncé la mort.
Un pirate informatique a revendiqué avoir pénétré dans un ordinateur de Bloomsbury, l'éditeur britannique de Rowlings, et découvert les principaux événements du dernier tome.
Reuters a également pu voir sur internet des photos présentées comme étant celles des dernières pages du tome 7, qui, si elles sont authentiques, donnent la réponse au secret le mieux gardé.
D'autres passionnés laissent aller leur imagination et écrivent la suite des aventures de Harry Potter. On compte ainsi des dizaines de milliers de romans alternatifs.
"Harry Potter and the Secret Horcrux", écrit par "Logical Raven" et publié sur le site www.harrypotterfanfiction.com, compte déjà 27 chapitres et le Sunday Telegraph estime qu'il est écrit dans un style plus incisif que celui de J.K Rowling.
"En fait cela est possible parce que son propre style est tellement insipide que ses lecteurs se sentent capables de faire vivre les personnages", explique la critique du Telegraph, Frances Wilson.

dimanche, 15 juillet 2007

Harry Potter et l'Ordre du Phénix

[Une intéressante critique de film, publiée sur poudlard.org]

df72c89454d5314eec7a09f861f6d5b1.jpgComme d’habitude, qui dit nouveau réalisateur dit nouveau style. David Yates, lui, a compris que ce tome était plus psychologique que les autres et se basait sur les interrogations et la colère de Harry. On a donc droit à un film plus intimiste, qui s’attache aux personnages en eux-mêmes, ce qui est agréable puisque si on aime Harry Potter ce n’est pas seulement pour son histoire, mais aussi pour sa magnifique galerie de portraits. Pour cela, il filme les acteurs au plus près, introduisant même quelques passages caméra à l’épaule (quand Harry et Dudley sont poursuivis par les Détraqueurs, quand Harry poursuit Bellatrix…) qui donnent plus de vitalité et de réalisme à ces scènes, on se sent plus proches de nos héros. On a également le sentiment que les décors sont mieux mis en valeur : il ne s’agit plus de juste dire « Ouaaaaaah regardez comment c’est magique chez les sorciers ! » mais plutôt de les utiliser pour transmettre une impression, pour servir l’histoire (procédé qui avait déjà été enclenché par Cuaron et son Poudlard gothique). Ainsi le grand hall et les centaines de bureaux du Ministère illustrent le totalitarisme et la folie bureaucratique qui guettent le monde des sorciers, Square Grimmaurd fleure bon le vieux manoir de famille noble en déclin, et le bureau d’Ombrage donne un sentiment envahissant de faux confort, de malaise et d’oppression, comme si l’horrible rose qui remplit la pièce allait bientôt contaminer toute l’école ^^.

Yates s’appuie ensuite à merveille sur ses acteurs. Le trio s’est considérablement amélioré : Daniel Radcliffe a enfin appris à pleurer et à crier tout en restant crédible, et Rupert Grint et Emma Watson, mis un peu en retrait par les crises de « personne ne m’aime ni ne me comprend » de Harry, savent également se montrer plus nuancés et développent ainsi la complicité entre leurs deux personnages, même si, malheureusement, Hermione est moins nerd que jamais (de toute façon je n’ai jamais trouvé Emma très crédible en première de la classe hystérique et bibliophile…). Les autres anciens sont toujours aussi bons, et même pour une fois on a enfin l’impression que la fine fleur des acteurs anglais n’a pas été mobilisée juste pour faire bien, chaque acteur semblant moins déplacé et mal à l’aise dans son rôle de sorcier, de plus ils ont chacun droit à un petit moment de gloire. Maggie Smith (McGonagall) est à la fois très stricte et très classe, Alan Rickman (Rogue) est toujours aussi sombre et sadique, Emma Thompson (Trelawney) fait trop bien la folle, Gary Oldman est magnifique, entre le noble déchu et le parrain attentionné, son Sirius est certes plus âgé et donc plus mature que son double de papier qui est normalement légèrement barré depuis son séjour à Azkaban, mais il est attachant et a le mérite d’exister. Seul Dumbledore fait un peu pâle figure, mais comme Michael Gambon ne fait rien comme tout le monde (ce qui n’est pas plus mal ^^) on peut y voir un moyen de montrer son inquiétude grandissante.
Du coté des petits nouveaux c’est que du bon : Natalia Tena (Tonks) est parfaite en jeune sorcière maladroite et marrante, Luna est doucement givrée, et en tant que fan moi aussi (et oui la Rédaction de PI est un nid ^^) je dois dire que j’ai trouvé Helena Bonham Carter une fois de plus tout bonnement géniale avec une Bellatrix délicieusement sadique et complètement dingue qu’on aurait aimé voir plus. Mais la palme revient sans doute à Imelda Staunton. Certes son Ombrage n’est peut-être pas non plus complètement fidèle à celle du livre, mais avec sa petite mise en plis, ses horribles tailleurs roses, son bureau à vomir et ses faux airs de bisounours elle est carrément effrayante et interprète à merveille la fanatique de la discipline qui tente de se cacher derrière une image de gentille prof mielleuse.

Avec cette magnifique brochette on pouvait s’attendre au meilleur, le problème étant que le film reste trop simpliste pour être véritablement intimiste, et bien des coupures rendent l’ensemble un peu trop superficiel. La psychologie des personnages est beaucoup moins complexe que dans le livre : Harry est réduit à l’image du héros solitaire (ce qui est mis en avant dès la première scène) sans sembler souffrir plus que cela de ne pas être cru par son entourage, on a plus l’impression qu’il est déjà trop enfermé dans sa bulle pour que cela l’affecte (position que paradoxalement il prendra plutôt au cours du tome 6 une fois qu’il connaît la prophétie et sait qu’il devra tuer ou être tué). Sa crainte d’être possédé par Voldemort, sa frustration de ne rien savoir et de ne rien pouvoir faire qui sont pourtant des éléments centraux du livre sont traités un peu à l’arrache au cours d’un ou deux dialogues copiés/collés du livre. De la même manière, Sirius se contente du statut du parrain inquiet, et sa frustration de rester enfermé à ne rien faire ainsi que sa folie qui le pousse à considérer Harry comme son frère et à vivre à travers lui sont passés sous silence, Cho quant à elle se contente d’être « la fille qui embrasse Harry pour la première fois ».

Pour ce qui est de l’intrigue, on arrive évidemment à un stade où le livre est tellement énorme qu’on tolère plus facilement suppressions et déplacements. Pour une fois, dès qu’ils sont arrivés à Poudlard, la structure du film respecte parfois celle du livre, en alternant scènes précises et séquences montrant ce qu’il se passe sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois (notamment les scènes de l’AD ou celle qui montrent la prise de pouvoir par Ombrage…) ce qui est beaucoup moins lourd que les transitions par saison des précédents films et donne plus de fluidité. Du coup on n’est pas vraiment frustrés ni largués à cause de telle ou telle scène supprimée. Mais certaines révélations et explications ne sont pas faites de manière très subtile, genre Neville qui se dit « tient je vais déprimer tout seul devant un miroir et attendre que Harry arrive pour lui déballer l’histoire de mes parents. ». Ce n’est pas très adroit et un peu dommage parce qu’en dehors de cela le film alterne agréablement simples transpositions du livre en film (des dialogues notamment) et inventions totales, souvent très sympathiques et collant bien à l’ambiance (l’amusante scène « kingkonguesque » entre Hermione et Graup pour n’en citer qu’une…).

Le début est excellent, on prend un grand plaisir à retrouver les Dursley qui permettent de faire un contraste saisissant entre la famille officielle de Harry, triste à mourir (des moldus étroits d’esprit, vivant dans une banlieue asceptisée) et sa famille d’adoption joyeusement foutraque (huit rouquins, un loup-garou, un parrain hors-la-loi, et une métamorphomage réunis dans une vieille maison bordélique, de quoi filer de l’urticaire aux Dursley ^^). Les scènes à Poudlard sont elles plutôt bonnes, on sent bien le totalitarisme qui s’installe de plus en plus dans l’école et l’isolement de Harry, qu’il subit autant qu’il cause. L’humour est également assez présent, mais surtout grâce à ce qui était déjà dans le livre (les scènes avec les jumeaux Weasley par exemple). Si les scènes de rêves sont malheureusement très convenues (succession d’images hyper rapide ou ralentis sans son…) et assez moches on a quand même quelques beaux moments : la scène d’Occlumancie est très puissante, les séances de l’AD sont sympas, on sent qu’il s’y passe des choses, qu’il y a un vrai désir de révolte qui culmine bien sûr dans le magnifique départ des frères Weasley. Moins énorme que dans le livre (les feux d’artifice se cantonnent à la grande salle, et n’écrivent malheureusement pas de gros mots dans le ciel, trop dommage…) la scène n’en est pas moins jouissive et éblouissante visuellement, le final avec le grand W dans le ciel donne vraiment le sentiment que ceci va rester dans l’histoire de Poudlard ! En parlant des effets spéciaux, qui sont excellents dans cette scène, Graup a une bonne tête de géant un peu débile, en revanche il est dommage qu’ils ne se soient toujours pas payé des gens capables de faire des centaures convenables, tant pis, en contrepartie les Sombrals sont plutôt réussis.

Au bout du compte, ce que j’ai le moins apprécié c’est la fin. Dans les livres je trouve que c’est une des plus prenantes de la saga, parce qu’elle est très longue (des B.U.S.Es à la mort de Sirius, il y a toute une nuit !) et très intense puisqu’il s’agit d’une course contre la montre. Elle commence bien, mais le fait d’avoir réduit le Département des Mystères à deux salles fait retomber la tension trop vite, et nous prive d’un suspense puis de courses poursuites à travers les différentes pièces qui auraient pu offrir d’excellents moments de cinéma. Les combats dans la salle de la Mort, bien qu’impressionnants et bien faits, sont, à mon sens, gâchés par le fait que les Mangemorts peuvent voler dans cette espèce de fumée noire qui les rend moins humains et donc moins effrayants, et qui surtout empêche qu’on assiste à de véritables duels de baguette. Ma déception a culminé avec la mort de Sirius, qui manque sérieusement de panache, lui et Bellatrix auraient plus que mérité un beau duel. L’enchaînement avec un plan au ralenti sur Harry hurlant dans les bras de Lupin achève de rendre la scène kitchissime. Le pire pour la fan hystérique de Sirius que je suis (ok j’avoue ^^) est encore à venir puisque Harry assimile la mort de son parrain avec une rapidité quasi-indécente (le miroir a été supprimé et la discussion avec Luna sur la mort de sa mère malheureusement déplacée) pour pouvoir se tourner vers l’avenir et se préparer à se battre comme doit le faire tout bon héros de blockbuster qui se respecte (il faudrait peut-être leur dire qu’ils ont le droit de faire des films avec une fin triste, et que de toute façon ils ne pourront pas y échapper dans les prochains Harry Potter…). La morale sur le pouvoir de l’amouuuur et de l’amitié n’est d’ailleurs pas très subtile, et arrive un peu comme un cheveu sur la soupe au milieu de l’excellente scène de possession (le duel Voldemort vs Dumbledore qui précède est également très bon) et à la fin.

En gros, on a quand même droit à un bon divertissement qui oscille un peu entre le film plus intimiste et le blockbuster classique, entre la transposition pure et l’adaptation, ce qui peut être compréhensible pour un « premier » film. On peut espérer que Yates ose continuer dans sa voie d’un film plus innovant et plus centré sur les personnages dans le prochain. En y repensant, on songe également aux scènes qui auraient mérité plus de développement et auraient ainsi apporté plus de subtilité au film : par exemple le pire souvenir de Rogue, qui reste à l’état de scène hystérique pas très claire qui ne suffit pas à démystifier Sirius et James, ce qui est pourtant important dans le développement psychologique et le mûrissement de Harry… On pense également à ces scènes qu’on adore et qu’on aurait aimé égoïstement voir à l’écran pour le plaisir : le nettoyage de Square Grimmaurd, Ste Mangouste, la dispute entre Sirius et Rogue, la sortie à Pré-au-Lard avec la désastreuse St Valentin et l’interview de Rita Skeeter… Mais sur un tel pavé des choix ont dû être faits, David Yates devait mettre en avant un aspect plutôt qu’un autre, et ses choix restent respectables.

vendredi, 13 juillet 2007

Analyse avant la sortie du Tome VI d'Harry Potter

b7a99e80318217f04294e7902176d434.jpgTraduction de l’article "Hogwarts, a Future ?" de Ann Skiner du dossier d’analyses des livres Harry Potter élaboré par TLC en prévision de la sortie du septième tome.

Article provenant du site de poudlard.org

Bien caché dans les Highlands écossais, il y a un château au bord de la forêt et du lac, qui apparaît aux Moldus curieux comme un château en ruines peu accueillant. Cette forteresse est, en fait, une école créée il y a mille ans par quatre sorciers qui souhaitaient trouver un endroit pour les enfants de leur monde, où ils pourraient acquérir les compétences nécessaires à l’exercice de la magie.

Poudlard est décrit comme un «  grand château composé de nombreuses tourelles et tours ». [1] C’est un lieu où il est facile de se perdre : «  Il y avait cent quarante-deux escaliers, à Poudlard : des larges, des étroites, des courbes, des carrés, des délabrés, certains avec une ou deux marches escamotables qu’il fallait se souvenir d’enjamber pour ne pas tomber. Il y avait aussi les portes qui refusaient de s’ouvrir si on ne leur demandait pas poliment, ou si on ne les chatouillait pas au bon endroit, et d’autres qui n’étaient que des pans de mur déguisés en portes. Il était aussi très difficile de se souvenir où les choses se trouvaient car tout bougeait sans cesse » [2]

On y trouve des portraits qui bougent, des armures chantantes, un plafond magique qui montre la couleur du ciel, des fantômes et un esprit frappeur. J.K. Rowling dit de l’école : « Poudlard est un énorme château, assez effrayant à regarder et pour se promener, avec un mélange de tours et de remparts. Comme la maison des Weasley, ce n’est pas une construction que les Moldus pouvaient construire, parce qu’elle est soutenue par magie.  » [3] La présence d’une plomberie dans un bâtiment créé au Moyen-Âge indique que des changements ont eu lieu au cours des années, probablement pour accueillir un nombre d’élèves et de programmes toujours plus important. Il est probable que Poudlard ait acquis par la magie de nouvelles ailes, histoires, couloirs, pièces, et autres bizarreries.

Cette demeure enchanteresse est celle où Harry apprend ce que faire partie de la communauté des sorciers signifie, et son caractère unique lui donne une personnalité propre. On en vient à la considérer comme si elle était un personnage à part entière. Poudlard a joué un rôle si important dans chacun des six livres jusqu’à présent qu’il est dur d’imaginer qu’elle ne puisse pas avoir de rôle important dans Harry Potter et les Reliques de la Mort.

Plus d’école ?

Pourtant, à la fin de Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, Harry dit à Ron et Hermione qu’il ne retournera pas à l’école, qu’il ira à la recherche des Horcruxes. Cela signifie-t-il que nous ne verrons pas Poudlard dans le dernier livre de la série ? Explorons ensemble les indices que nous avons pour le moment, qui amènent à diverses pistes possibles.
Jusque là, chacun des livres de la série a suivi la même structure fondamentale : ils commencent avec l’anniversaire de Harry à la fin du mois de juillet, continuent sur les événements estivaux, puis Harry retourne faire une année scolaire à Poudlard, où l’attendent de nouvelles aventures, pour finir avec le voyage dans le train qui le ramène dans le monde des Moldus. La fin du Prince de Sang-Mêlé introduit cependant un changement. L’histoire ne termine pas par le récit du retour de Harry chez lui, dans le Poudlard Express. Le destin de l’école est en discussion. Après la mort de Dumbledore, McGonagall appelle à un rassemblement des professeurs pour discuter de l’avenir de l’école, et il est décidé de consulter le gouvernement sur sa réouverture ou non pour l’année à suivre. On attend leur réponse, qui n’est pas donnée dans le sixième livre : estiment-ils qu’il est trop risqué de laisser les élèves retourner à l’école, surtout après la disparition de Dumbledore ? Ou bien décideront-ils que garder l’école ouverte est un acte de bravoure, un refus de se laisser entraîner dans l’intimidation terroriste de Lord Voldemort ?

Quelques indications laissent à penser que le Gouvernement décidera de rouvrir l’école. Dans une interview en 2005, la question suivante avait été posée à J.K. Rowling : « Depuis que Harry va a Poudlard, chaque année, le professeur de Défense contre les Forces du Mal quitte l’école ou meurt. Cela veut-il dire que des événements feront que Rogue arrêtera de donner les cours de DCFM ? ». Elle avait répondu : « Oui. Je ne peux pas en dire plus. Il y aura forcément un nouveau professeur. ». [4]

Remarquez que la question d’origine n’était pas de savoir s’il y aurait un septième professeur de DCFM, mais plutôt si Rogue le deviendrait. Elle aurait pu simplement répondre que Rogue ne serait plus professeur, mais elle est allée plus loin dans sa réponse, en disant qu’il y aura obligatoirement un nouveau professeur de DCFM. Cela suggère donc que les classes de Poudlard seront ouvertes. En 2005, Katie Couric a indiqué que Rowling avait dit qu’elle « savourerait son dernier voyage à bord du Poudlard Express » [5], ce qui peut également faire penser que l’école rouvrira ses portes, les enfants effectuant le trajet habituel en train pour s’y rendre.

Le Foyer de Harry

Harry fera-t-il sa septième année scolaire à Poudlard ? A part quatre chapitres à part dans toute la série, les livres ont tous été écrits du point de vue de Harry. Pour que l’école joue un rôle véritable dans le dernier livre, il paraît indispensable que Harry retourne à l’école, au moins temporairement. Rowling nous a donné un petit indice à ce sujet. En 1999, elle avait dit : « Tel que je l’ai imaginé, il y aura sept années à l’école de sorcellerie. Ensuite Harry sera un sorcier accompli et sera autorisé à utiliser la magie en dehors de l’école. Donc vous le verrez pendant sa dernière année à Poudlard  ». [6]

Si Rowling reste fidèle à ce plan, elle fera retourner Harry à l’école, au moins passagèrement. C’est plutôt contradictoire avec les propos de Harry lorsqu’il indique qu’il ne retourne pas à l’école. Il lui faudrait donc une raison impérieuse pour forcer son retour à Poudlard. Quel pourrait donc être l’événement qui le ramènerait là-bas, alors qu’il veut se concentrer sur les Horcruxes ?

Plusieurs choses pourraient faire changer Harry d’avis. Dumbledore semble avoir préparé l’éventualité selon laquelle il ne sera plus aux côtés de Harry, comme on le voit dans la conversation qu’il a avec les Dursley au début du Prince de Sang-Mêlé. Il semble vouloir s’assurer que Harry pourra retourner à Privet Drive, comme s’il n’était pas sûr de pouvoir y veiller lui-même. Ce n’est peut-être pas la seule chose qu’a préparée Dumbledore. S’il sait qu’il ne sera plus près de Harry pour le protéger et le guider, il est probable qu’il lui ait préparé une lettre, ou un message sous une autre forme. En fait, nous avons vu Dumbledore se servir plusieurs fois de lettres pour guider Harry par le passé. D’abord, il y a celle qu’il avait laissée à côté d’Harry lorsqu’il l’avait déposé sur le pas de la porte des Dursley. Puis la Beuglante, où il rappelait à l’ordre Pétunia : « Souviens-toi de ma dernière, Pétunia  ». [7]

Se pourrait-il que ce soit cette méthode qu’il utilise pour demander à Harry de retourner à Poudlard ? Il est possible que Dumbledore estime que Poudlard est l’endroit le plus approprié pour que Harry fasse sa quête des Horcruxes, ou que l’école lui offrira la protection nécessaire une fois que celle agissant sur Privet Drive s’achèvera à son dix-septième anniversaire.

Dumbledore n’est pas la seule personne à penser que le retour de Harry à Poudlard est primordial. Molly le considère comme son septième fils, elle s’inquiète à la fois pour son bien-être et sa scolarité, et essaiera sûrement de le convaincre de revenir. Molly n’était pas prête à laisser les jumeaux rejoindre l’Ordre du Phénix bien qu’ils soient majeurs, et avait insisté pour qu’ils retournent à l’école. Elle estimera probablement que Harry, Ron et Hermione sont encore des enfants, qui ont besoin de finir leurs études, quoi qu’il se passe dans le vaste monde des Sorciers. Minerva McGonagall est elle très intéressée par les activés d’Harry avec Dumbledore à la fin du Prince de Sang-Mêlé, et lui permet de rester et de participer à la discussion au sujet de l’avenir de l’école et des étudiants. Elle est responsable de sa Maison depuis les six années de Harry à l’école, et était là lorsqu’il fut déposé sur le pas de la porte des Dursley. Choisirait-elle d’essayer de convaincre Harry de retourner à Poudlard ? Actuellement, ni Molly ni Minerva ne sont au courant des Horcruxes. Cependant, même si elles venaient à apprendre leur existence, il est probable qu’elles préfèreraient toutes deux voir Harry et ses amis retourner à Poudlard pour finir leur dernière année scolaire. L’autre possibilité, c’est que ce ne soit pas à la suite de la requête d’un ami ou d’un proche que Harry retourne à Poudlard, mais à cause d’événements extérieurs, notamment ceux qui entourent Lord Voldemort. Il est peu probable qu’il se soit désintéressé de Harry, et il pourrait devenir suspicieux si Harry quittait l’école. Dumbledore prévient Harry à plusieurs reprises que sa quête des Horcruxes doit rester secrète en dehors de Ron et Hermione. Harry sait qu’il pourrait éveiller les doutes qu’il quittait l’école. Faire semblant d’assister aux cours comme d’habitude pourrait être le meilleur moyen de chercher les Horcruxes sans se faire remarquer. Les actions de Voldemort pourraient également mener Harry à retourner à l’école – on y reviendra.

Les changements à l’école

Si l’école rouvre l’année qui vient, des changements dans l’équipe pédagogique seront nécessaires. Maintenant que Dumbledore est mort et que Rogue a fui l’école, il y a deux postes importants laissés vacants. Contrairement à Ombrage, que toute l’école avait empêché d’accéder au bureau du directeur lorsqu’elle avait tenté d’en prendre le pouvoir, Poudlard semble reconnaître le Professeur McGonagall comme étant la meilleure directrice possible, en lui donnant l’accès au vieux bureau de Dumbledore. Le Ministère et les gouverneurs de l’école lui reconnaîtront-ils ce nouveau rôle, ou bien imposeront-ils à nouveau un membre du Ministère ? Si McGonagall devient effectivement Directrice, cela laissera à la fois un vide pour le cours de Métamorphose et pour la gestion de la maison Gryffondor. De même, le départ de Rogue laisse une fois encore le poste de DCFM vacant, et Serpentard n’a plus de directeur. Les personnes auxquelles MacGonagall fait appel à la fin du Prince de Sang Mêlé pour discuter du futur de l’école donnent un aperçu des remplacements qui pourraient avoir lieu pour ces deux derniers postes.

Hagrid a été membre de Gryffondor pendant sa scolarité à Poudlard. [8] Rowling a expliqué que les Responsables des Maisons étaient tous d’anciens membres des Maisons en question. [9] Le fait que McGonagall fasse appel à Hagrid pour discuter du futur de l’école peut suggérer qu’elle a confiance en lui, et envisage de nommer Hagrid à la tête de Gryffondor, à sa place. Le professeur Slughorn a autrefois été Directeur de Serpentard, et acceptera peut-être de l’être à nouveau. Pour ce qui est des postes de professeur, la tâche se révèle plus difficile, et il y a peu d’indices à ce sujet pour nous éclairer.

L’autre inconnue, c’est la problématique de savoir si les professeurs auront des élèves à qui faire leurs cours, quand l’école rouvrira. Hagrid croit que «  Gringotts est le lieu le plus sûr pour quelqu’un qui veut se mettre à l’abri – excepté Poudlard éventuellement ». [10] Pourtant de nouveaux parents se sont dépêchés de retirer leur enfant de l’école après la mort de Dumbledore, et nombreux sont ceux qui doivent penser que Poudlard n’est plus un lieu sûr, après que ce lieu a été envahi par la mort et les ennemis. L’école est-elle encore dotée de nombreuses protections, maintenant que sa plus puissante protection, Dumbledore, est partie ? En fait, probablement plus aucun lieu n’est hors d’atteinte de Lord Voldemort dans le monde des sorciers. Comme le Professeur Chourave l’explique : « Je pense que si un seul élève veut venir, alors l’école a le devoir de rester ouverte pour cet élève ». [11] Il serait intéressant de voir combien d’élèves seront présents à son cours.

« Voyez les dangers, lisez les présages » [12]

Si Poudlard continue à jouer le rôle de toile de fond centrale qu’elle a toujours eu au cours de la série, la question se pose. Que se passera-t-il à l’école pendant la septième année ? Plusieurs voies se profilent, notamment grâce à l’intrigue des précédents tomes. A commencer par les machinations de Voldemort.

Dans Le Prince de Sang-Mêlé, on apprend que Voldemort a essayé par deux fois de devenir professeur à Poudlard. D’abord en demandant au Directeur de l’école précédent, Armando Dippet, puis plus de dix ans plus tard, à Albus Dumbledore. Il va voir Dumbledore et lui demande un rôle de professeur. Celui-ci lui répond : «  Oh, tu veux revenir à Poudlard mais tu n’as pas plus envie d’être professeur que lorsque tu avais 18 ans. Que recherches-tu réellement, Tom ? Pourquoi ne pas être honnête, pour une fois ? ». [13] Bien sûr, Voldemort ne lui révèle pas ses intentions véritables, mais Dumbledore évoque quelques raisons pour lesquelles Voldemort pourrait souhaiter revenir : « Premièrement, et c’est très important, je crois que Voldemort était très attaché à cette école, plus que n’importe qui d’autre. Poudlard est le lieu où il a été le plus heureux, le premier et le seul endroit où il se sentait chez lui. Ensuite, le château est un bastion de magie ancienne. Sans aucun doute, Voldemort a pénétré bien plus de secrets de l’école que la plupart des élèves qui y font leur scolarité, mais il a dû avoir le sentiment qu’il y avait encore des mystères à découvrir, des ressources magiques… Et troisièmement, en tant que professeur, il aurait eu un grand pouvoir et une grande influence sur de jeunes sorciers et sorcières … Je n’imagine pas une seconde que Voldemort envisage de passer le reste de sa vie à Poudlard, je pense qu’il voyait plutôt l’école comme un lieu de recrutement, où il aurait pu se constituer une armée ». [14]

Il y a trois éléments qui peuvent faire penser que Voldemort pourrait chercher à retourner à Poudlard. Même s’il ne prétend plus vouloir revenir enseigner, ses véritables motivations, elles, sont toujours d’actualité. En tant que seul héritier de Salazar Serpentard, il considère peut-être l’école comme sa propriété, son patrimoine. Maintenant que Dumbledore n’est plus là, Voldemort pourrait penser tout naturel de revenir au seul endroit qu’il a toujours considéré comme son foyer.

La deuxième raison, le fait que l’école est un lieu rempli de nombreux secrets magiques, rappelle l’un des éléments magiques de Poudlard que Voldemort a déjà découvert : la Chambre des Secrets.

Il est intéressant de voir que c’est la Chambre des Secrets et non du Secret. Tom Jedusor, lorsqu’il était encore étudiant à Serpentard, avait découvert cette Chambre et l’avais connectée avec le Basilique que son ancêtre, Salazar Serpentard, y avait laissé. A-t-il laissé d’autres secrets, ou sait-il qu’il y en a d’autres qui l’attendent ?

La connexion de Tom à la Chambre a donné la création de ce qui était probablement son premier Horcruxe, le journal que Harry détruit dans la Chambre. Tom a peut-être créé un autre Horcruxe lorsqu’il était à Poudlard, alors qu’il réunissait des trésors pour ses intérêts personnels, comme on avait pu le voir lors du vol de la bague de Marvolo, alors qu’il était élève. L’anneau n’a pas été retrouvé, mais il est possible qu’il ait laissé quelque chose. Dans le souvenir où l’on voit la bague, on apprend que Tom souhaite créer six Horcruxes, pour diviser son âme au nombre de sept parties, un nombre magique puissant. Est-il possible qu’il ait créé un autre Horcruxe, lorsqu’il était encore étudiant, qui résiderait encore dans les murs du château ? Plusieurs endroits pourraient contenir cette création. De la Chambre des Secrets, au bureau de Dumbledore, en passant par la Salle des Trophés, la Salle sur Demande, que nous voyons dernièrement quand Harry marque la cachette du livre de potion du Prince de Sang-Mélé avec le buste ébréché d’un vieux magicien laid, d’une chevelure poussiéreuse, et d’un diadème terni - un objet qui a soulevé l’intérêt comme si c’était un Horcruxe potentiel. La forme que cette pièce, qui n’a jamais changé, a pris, sur la dernière visite de Harry, heurte dans sa description : « Il se trouvait dans une salle aussi vaste qu’une cathédrale. Filtrant à travers de hautes fenêtres, des rayons de lumiè_re illuminaient ce qui ressemblait à une ville aux immenses murailles constituées, Harry le savait, d’objets cachés par des générations d’occupants de Poudlard. [...] Harry s’enfonça dans l’une des nombreuses allées qui sillonnaient ces amas de trésors cachés. » [15]

La troisième raison pour laquelle Voldemort pourrait souhaiter retourner à Poudlard, que Dumbledore explique à Harry, c’est sa volonté d’utiliser l’école comme lieu de recrutement, pour y fonder une armée. On sait qu’il a déjà commencé à construire cette armée, comme l’indique la conversation entre Fudge et le Premier Ministre Moldu.

Les élèves, s’ils reviennent à Poudlard, peuvent facilement être influençables et influents. Dans La Coupe de Feu, on a déjà vu une école influencée par des forces obscures. L’école de Durmstrang était dirigée par un Mangemort, et la Magie Noire faisait partie de leur apprentissage. Il est possible que Voldemort ait l’intention de provoquer la même chose à Poudlard, pour renforcer son influence.

« Ils ont partagé un souhait, un espoir, un rêve. » [16]

Les quatre fondateurs de Poudlard - Godric Gryffondor, Salazar Serpentard, Helga Poufsouffle et Rowena Serdaigle – ont eu un désir commun d’instruire les enfants ayant des pouvoirs magiques, pour éviter la crainte et la persécution qui étaient présentes dans la communauté non-magique. [17] Bien qu’ils aient partagé une vision, chacun avait des priorités différentes en mettant en application ce plan. Le Choixpeau magique indique ces priorités dans deux des chansons que nous entendons chanter pendant la scolarité d’Harry : courage et chevalerie pour Gryffondor, habileté et esprit pour Serdaigle, travail dur et fidélité pour Poufsouffle, et adresse et ambition pour Serpentard. Tous les ans, de nouveaux étudiants de Poudlard sont répartis dans les quatre différentes Maisons, et cette division a été encouragée par la séparation de leur salle commune et dortoirs dans le château, matchs de Quidditch aussi bien que la Coupe des Quatre Maisons annuelle. Cette séparation est surtout observée dans la rivalité entre les Gryffondor et les Serpentard, qui s’apprécient peu. Cependant, lors de leur retour à l’école suivant le retour sinistre de Lord Voldemort dans le cimetière, l’emphase de la chanson du Choixpeau magique a changé :
Voyez les dangers, lisez les présages
Que nous montrent l’histoire et ses ravages
Car notre Poudlard est en grand péril
Devant des forces puissantes et hostiles
Et nous devons tous nous unir en elle
Pour échapper à la chute mortelle.
 [18]

Souvenez-vous, quand Poudlard a été ouvert pour la première fois, la menace provenait d’une communauté non-magique, qui pouvait être évitée grâce à son emplacement géographique éloigné et un peu de magie. La situation qui se pose aux habitants du château maintenant est plus problématique, car les ennemis sont désormais des sorciers également, et ont une capacité beaucoup plus grande de menacer l’école. Dumbledore fait écho de ces sentiments dans son discours mémorable à la fin de la Coupe de feu : « Une fois de plus, je vous le répète à tous, maintenant que Lord Voldemort est de retour, l’union fera notre force, la division notre faiblesse. L’aptitude de Lord Voldemort à semer la discorde et la haine est considérable. Nous ne pourrons le combattre qu’en montrant une détermination tout aussi puissante, fondée sur l’amitié et la confiance. » [19]

Les étudiants des quatre Maisons pourront-ils voir, après leurs rivalités, quand le futur de l’école est menacé ? Il semble essentiel pour la survie de Poudlard que les Maisons mettent de côté leurs différences et fonctionnent à la place ensemble pour se défendre ensemble contre cet ennemi mortel.

Pou du Lard du Poudlard

Comme Harry et Tom, beaucoup de lecteurs estiment que Poudlard est un foyer attrayant, un endroit magique et s’engageant à rester pérenne. Son destin, et celui des personnages qui ont habité ses murs pendant ces six dernières années partagées là-bas ont renforcé son rôme majeur. Seul le dernier tome de J.K. nous indiquera si l’école continuera, et si nous entendrons à nouveau dans ses murs :
Poudlard, Poudlard, Pou du Lard du Poudlard,
Apprends-nous ce qu’il faut savoir,
Que l’on soit jeune ou vieux ou chauve
Ou qu’on ait les jambes en guimauve,
On veut avoir la tête bien pleine
Jusqu’à en avoir la migraine
Car pour l’instant c’est du jus d’âne,
Qui mijote dans nos crânes,
Oblige-nous à tout étudier,
Répète-nous c’qu’on a oublié,
Fais de ton mieux, qu’on se surpasse
Jusqu’à c’que nos cerveaux crient grâce.
 [20]

Etant donné les menaces sur l’école de Lord Voldemort, la possibilité de ne pas rouvrir ses portes vers la fin de la septième année est très présente. McGonagall nous rappelle que «  ... il n’est pas vrai de dire que Dumbledore n’a jamais envisagé une situation dans laquelle Poudlard pourrait fermer . [21] » Pourtant, Poudlard a su rester ouvert pendant plus d’un siècle, supportant des menaces et des défis à travers le temps. Les fondateurs, d’après J.K. Rowling, ont créé un personnage aussi bizarre que l’humain dans le conte et il semble probable que ce personnage bien-aimé restera une partie essentielle du monde magique pendant les années à venir.

[1] Rowling, Harry Potter à l’Ecole des Sorciers, 111.
[2] Ibid., 131.
[3] Ibid., « chat de transcription en ligne. »
[4] Ibid., « journaliste conférence de presse. »
[5] Couric, « auteur avec le contact magique. »
[6] o’Malley, « Parlant Avec. . . J.K. Rowling, »
[7] Rowling, L’Ordre de Phénix, 40.
[8] Ibid., « Chat : Barnes and noble & Yahoo ! »
[9] Ibid., site officiel, « Pouvons-nous assumer qu’ils aient été répartis dans ces maisons ? »
[10] Ibid., Harry Potter à l’Ecole des Sorciers, 63.
[11] Ibid., Le Prince de Sang-Mêlé, 627.
[12] Ibid., L’Ordre du Phénix.
[13] Ibid., Le Prince de Sang-Mêlé, 445.
[14] Ibid., 431-32.
[15] Ibid., 526.
[16] Ibid., La Coupe de Feu, 177.
[17] Ibid., La Chambre des Secrets, 150.
[18] Ibid, L’Ordre du Phénix
[19] Ibid., La Coupe de Feu
[20] Ibid., Harry Potter à l’Ecole des Sorciers, 128.
[21] Ibid., Le Prince de Sang-Mêlé, 628.

Traduit et adapté par Brocéliande et Marla pour Poudlard.org
Mise en page de JN

Des points du permis de conduire en vente sur Internet

[Le Monde - 11/07/07]

Le phénomène avait défrayé la chronique il y a un an en Espagne, moins de deux mois après l'instauration du permis à 12 points. Il avait été révélé par un article du quotidien El Pais intitulé "Je vends les points du permis de ma grand-mère", en référence au titre d'une annonce parue sur le forum forocoches.com, fréquenté par les amateurs de voitures. L'internaute expliquait : "Si cela intéresse quelqu'un, on pourrait trouver un accord. Le point est en vente à 250 euros." L'information avait créé la polémique, même si la direction générale de la circulation affirmait que la vente de points en ligne restait "anecdotique". Depuis, certains sites, comme segundamano.es, qui affirmait en recevoir une vingtaine par semaine, ont bloqué ce type d'annonce.

Mais le stratagème ne s'est pas arrêtée aux Pyrénées. Pratiquée depuis plusieurs années en France au sein de la seule enceinte familiale, elle gagne désormais le Web hexagonal. Le prix du point varie la plupart du temps entre 250 et 650 euros mais parfois plus, comme dans cette annonce postée le 1er juillet par un internaute orléanais : "Je vends mes points du permis voiture, je prends l'infraction à votre place, ainsi vous conservez vos points (le PV restant à votre charge). (...) 2 600 euros le point. Dans toute la France. Offre sérieuse." L'internaute intéressé n'a alors plus qu'à déclarer qu'un autre conducteur était au volant de la voiture verbalisée, et mettre le nom du vendeur. Bien sûr, le système ne fonctionne que pour les infractions relevées par radar, sans que le conducteur ait été arrêté par la police. 
 
"IMPOSSIBLE DE LANCER DES ENQUÊTES SUR TOUS LES CAS SUSPECTS"

Interrogé par le journal Le Parisien, qui publie, mercredi 11 juillet, une enquête sur le sujet, un haut fonctionnaire du ministère de l'intérieur français confirme le phénomène. "Il semble y avoir une faille dans la législation. Il y a un vrai problème de qualification pénale pour ce type de comportement. Nous réfléchissons, en liaison avec la chancellerie, à des modifications des textes", explique-t-il. "Le problème, c'est que le contrôle de vitesse est un contentieux de masse et qu'il est impossible de lancer des enquêtes sur tous les cas suspects." Comme celui d'une grand-mère qui se retrouverait flashée à 200 km/h à 5 heures du matin, près d'une boîte de nuit... "On ne peut pas ouvrir de procédure judiciaire pour vérifier les alibis de tous les conducteurs qui se dénoncent", déplore-t-il.

Les personnes qui utilisent les points d'un autre, qu'ils aient été achetés ou donnés, encourent une contravention de 1 500 euros, et des poursuites pour dénonciation calomnieuse et faux, sanctionnées par de lourdes amendes et des peines de prison. Sans doute ceux qui sont prêts à payer jusqu'à 2 600 euros le point sont-ils pressés : car pour environ 260 euros, ils peuvent aujourd'hui récupérer 4 points de façon tout à fait légale, en suivant deux jours de stage dans un centre agréé. Certes, il ne faut pas être verbalisé trop souvent : on ne peut le faire qu'une fois tous les deux ans.

Aline Leclerc

jeudi, 12 juillet 2007

Chaque Eglise l'est au sens où elle l'entend

8c3978dd205e69ad8fa3541f2cbc5d67.jpg[La Croix - 12/07/07]