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lundi, 11 juin 2007
Des mots pour des prunes
Source : le Consottisier
Ils aiment se prendre le chou chez Aprifel. Normal, c'est la raison d'être de cette agence semi-privée chargée de promouvoir, question santé, les fruits et les légumes. Sa dernière trouvaille ? Elaborer un vocabulaire «sensoriel» pour les prunes, nèfles, courges, etc., à l'égal de celui utilisé en œnologie. Bref de nous apprendre à évoquer un chou-fleur avec subtilité tout comme certains experts en vin décrivent un cabernet.
Cette poire a de la cuisse ! Et ces endives, quelle robe !…
A priori on ne peut que se réjouir d'un enrichissement de la langue.
Mais…
Ça commence un peu duraille. Lisez ce qu'écrit Aprifel : il s'agit de crééer un «référentiel» qui «devra proposer un vocabulaire adapté à la fois à une accessibilité pour les porteurs de ses [sic] mots vers le public et à un univers des fruits et légumes présentant une grande diversité tant au niveau des espèces que des variétés présentes».
Est-ce moi qui ai les neurones en compote ? Ou est-ce ce brouet qui n'est guère limpide ? Voyons la suite: «Ce référentiel donnera ainsi aux professionnels des médias et de la filière de nouveaux outils pour nourrir le dialogue avec les consommateurs ou les informer davantage sur le goût des fruits et des légumes proposés.»
Derrière ce charabia, se nichent de bien bonnes intentions: la santé publique, la lutte contre l'obésité, la recommandation de manger 5 fruits et légumes par jour (et même 10, tant qu'on y est), la «fraîch'attitude», autant de campagnes développées à longueur d'année par Aprifel et son père Interfel (l'interprofession des fruits et légumes).
Comment vont-ils s'y prendre pour créer ce riche «référentiel» qui nous fera boulotter des monceaux de cerises (7 euros le kg de par chez moi en ce moment, pleine saison) et des tas de poivrons (5 euros le kg) ?
Eh bien, c'est vous, c'est nous qui sommes sollicités: «Des professionnels des médias, des consommateurs, des chefs, des artistes, des professionnels de la filière sont invités à rejoindre nos groupes de travail aux côtés de sémiologues.» Attention, les cobayes dégustateurs intéressés devront être : «Gourmands, spontanés, loquaces, positifs, joueurs.» Bref, de la bonne chair à panel.
[...]
Marie-Dominique Arrighi
19:04 Publié dans Bouffe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











